
Alerte sur les antibiotiques
Alors que de nouvelles bactéries résistantes font leur apparition, la direction de la Santé lance un plan d’alerte pour préserver l’efficacité des antibiotiques. Dans la foulée, l’Assurance maladie renforce sa campagne d’information à destination du public.
Douze ans. C’est l’espérance de vie que nous ont fait gagner les antibiotiques depuis le début de leur large diffusion, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Une ressource thérapeutique précieuse, mais qui s’épuise inexorablement. Au point que le ministère de la Santé vient de lancer un « plan national d’alerte » sur la surconsommation d’antibiotiques pour 2011/2016. Son but : réduire de 25 % leur utilisation.
La question de la résistance
« Nous consommons trois fois plus d’antibiotiques que d’autres pays européens, notamment les Pays-Bas », souligne Jean-Yves Grall, le directeur général de la Santé. Le risque, c’est de voir les bactéries devenir multi-résistantes. Le cas extrême : celui de la super bactérie indienne dite NDM-1 pour laquelle il n’existe plus de riposte, et que les chercheurs ont commencé à surveiller à l’été 2010 à la suite de la découverte du premier cas français. Pour éviter d’en arriver là, l’urgence consiste à limiter autant que possible les prescriptions.
Premiers visés : les généralistes, encouragés à prescrire moins, notamment pour les bronchites aiguës ou les rhino-pharyngites. En médecine de ville, la consommation a déjà diminué, depuis 2000, de 15 à 20 % selon les classes d’âges. Pour continuer sur cette lancée, l’Assurance maladie devrait mettre prochainement à disposition des généralistes des tests de diagnostic rapide avec des bandelettes urinaires pour déterminer l’origine des cystites comme il existe déjà des tests pour les angines.
Effort partagé
A l’hôpital, les choses sont parfois plus compliquées et la diminution est moins sensible. « On a obtenu des résultats, mais on peut mieux faire », indique le Pr Benoît Schlemmer, président du Comité de suivi du plan. Certains antibiotiques seront désormais utilisés seulement en dernier recours. Autre axe mis en avant : la limitation du recours aux antibiotiques chez les animaux, car de nouvelles bactéries résistantes se développent aussi dans les élevages.
Responsabiliser tout un chacun, cela passe enfin par les patients. Ce que rappellent les campagnes de sensibilisation successives de l’Assurance maladie, à l’origine du fameux slogan « Les antibiotiques, c’est pas automatique », et qui a récemment récidivé avec une nouvelle campagne baptisée « Utilisés à tort, ils deviendront moins forts ». Et nous aussi.
Pour en savoir plus : www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_antibiotiques_2011-2016_DEFINITIF.pdf
