
Contraception : une campagne pour mieux choisir
Une nouvelle campagne sur la contraception a été lancée à l’automne. Objectif des pouvoirs publics : inviter les Françaises à utiliser un moyen contraceptif mieux adapté à leur mode de vie. Problème, ont-elles vraiment le choix ?
En 2000, près de 21 % des grossesses non désirées concernaient des femmes sous pilule. Partant de ce constat (d’échec), Nora Berra a voulu placer la nouvelle campagne « contraception » sous le double signe de « l’information et de l’éducation ». Le but ? « Amener les femmes à s’interroger sur l’adéquation de leur contraception avec leur situation personnelle », a expliqué la secrétaire d’Etat chargée de la Santé.
De fait, le problème tiendrait moins aux moyens disponibles qu’à la façon de gérer sa contraception. En la matière, la France se distingue par la prédominance de la contraception orale, à laquelle près de 71 % des femmes entre 15 et 35 ans ont eu recours en 2010.
Or, pour efficace qu’elle soit, la pilule nécessite une prise régulière. Comme, par ailleurs, la prise de la contraception d’urgence chez les 20-24 ans n’est un réflexe que dans 42,3 % des cas, « il est important de réinterroger ses choix », souligne Thanh Le Luong. La directrice générale de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) plaide en faveur d’une « contraception à la carte ».
Des alternatives à la pilule ?
Encore faudrait-il que les alternatives à la pilule soient pareillement accessibles. « Le patch et l’anneau vaginal ne sont pas remboursés et leurs prix sont libres, observe Elisabeth Paganelli, vice-présidente du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof). Dès lors, quel choix reste-t-il aux femmes ? » D’autant que le constat vaut aussi pour toutes les contraceptions locales (préservatif, spermicide, diaphragme…).
« Outre son hypocrisie, cette campagne donne l’impression que la pilule, c’est nul. Et que les spécialistes et les médecins généralistes prescrivent les yeux fermés selon un schéma stéréotypé : aux jeunes, la pilule ; aux vieilles, le stérilet », déplore le Dr Paganelli, alors même que la filière gynécologique est menacée, faute d’une relève suffisante. Pour informer, encore faudrait-il former, selon ce représentant des gynécologues.
Pour en savoir plus : www.inpes.sante.fr/ et www.syngof.fr/
