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Patrick Sagon

La nécessaire remise à plat du système d’Assurance santé


La France occupe désormais, derrière les États-Unis, le deuxième rang mondial en termes de dépenses de santé. Ainsi chaque année, chaque Français consulte en moyenne 9 fois un praticien libéral, passe 2 nuits à l’hôpital, consomme 52 boites de médicaments et perçoit, quand il est actif, 7 jours d’indemnités journalières.

Les dépenses de santé croissent plus vite que la richesse nationale entraînant un déficit structurel de l’Assurance maladie qui, se creusant d’année en année, pourrait atteindre d’ici 2015 en cumulé, 150 milliards d’euros.
Cette augmentation structurelle des dépenses de santé n’est rien d’autre que la contrepartie de l’allongement de la durée de la vie et de l’évolution du progrès médical.
Le constat est là et personne ne s’en plaindra !
Faut-il pour autant ignorer l’impérative nécessité d’optimiser le fonctionnement de notre système de soins ?

Or, ce sont de simples ajustements techniques que nous avons surtout connus jusqu’alors : tickets modérateurs qui ne modèrent rien, franchises médicales, forfait hospitalier, participations forfaitaires…
L’inaction conduit ainsi l’Assurance maladie à une situation de quasi-faillite financière, que le report sur les générations futures du paiement des dépenses actuelles ne pourra indéfiniment masquer.

Ainsi, par exemple, l’incapacité de longue date des gouvernants à établir une contractualisation vertueuse avec les syndicats de médecins conduit inéluctablement à installer à bas bruit une médecine à deux vitesses, à l’apparition de déserts médicaux, et à l’essor des dépassements d’honoraires…
Il est temps de mettre fin à certaines absurdités du système actuel, en commençant par la remise à plat du paiement à l’acte qui incite à la multiplication des actes, pénalise les médecins qui prennent encore le temps de parler à leurs patients et récompense en revanche ceux qui substituent à ce dialogue l’inflation de prescriptions techniques.

Il est désormais temps de promouvoir des modes de rémunération favorisant le juste soin, le dialogue médical et le repeuplement des déserts médicaux.

Il faut surtout rétablir une médecine attentive à tous les ressorts de la souffrance humaine, au lieu de poursuivre sa métamorphose particulièrement ruineuse en "usines à gaz".
A cet égard, il n’est pas certain que l’installation d’un secteur optionnel soit la meilleure réponse possible à cette problématique.
De désengagements de l’Assurance maladie successifs en hausses répétées du prix des soins, c’est la solidarité, principe fondateur du système d’Assurance maladie qui est mise à mal ; et c’est le renoncement aux soins qui, en raison de restes à charge croissants, gagne du terrain !

Un renoncement aux soins qui touche aujourd’hui 23 % des français (contre seulement 3 % en 1980), selon une étude TNS Sofres réalisée avec La Tribune, par La Banque Postale et La Mutuelle Générale.
Les années à venir nous appellent donc à un véritable choix de société ; un choix qui exige une complète remise à plat du système d’Assurance santé, afin de lui donner une architecture solide tout en le dotant de financements pérennes. La période de débats qui s’ouvre, à la faveur de la prochaine élection présidentielle, puisse t’elle enfin permettre de
poser les bases de cette refondation !


Patrick Sagon, Président

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