Actualités
Patrick Sagon

Risque d’impasse pour les mutuelles historiques ?

L’augmentation des cotisations des complémentaires santé a été de plus de 65 % entre 2002 et 2010*. A cela,
plusieurs facteurs d’explication.
Si le vieillissement de la population participe de l’augmentation de la consommation de soins, c’est surtout le progrès médical et technologique qui contribue à la hausse des dépenses de santé.
A cela s’ajoute le désengagement continu de la Sécurité sociale qui opère des transferts incessants de dépenses sur les complémentaires santé, sans compter l’inflation des dépassements d’honoraires jamais régulés par les pouvoirs publics.

Non content de cela, l’État a également multiplié par sept la fiscalité pesant sur les contrats santé solidaires et responsables qui est passé de 1,78 % en 2005 à 13,27 % en 2012. Ainsi, pour une cotisation de 100 €, les mutuelles doivent désormais prélever 113,27 € et reverser 13,27 € à l’État.

Une spirale qu’il faut stopper !

Pas étonnant dès lors que l’on atteigne un niveau de cotisations qui devient aujourd’hui, pour une couverture santé acceptable, insupportable pour nombre de Français ! Au point que 32 % d’entre eux affirment dans un récent sondage** être prêts à renoncer à leur complémentaire santé si celle-ci devenait trop chère.
Un questionnement qui porte en germe le risque d’auto-assurance et bât en brèche le principe de la mutualisation, alors même que les complémentaires financent aujourd’hui 50 % des dépenses courantes de santé.
Cette démutualisation conduirait immanquablement ceux qui restent à de nouvelles augmentations de cotisations… une spirale infernale difficile à stopper … !

Un enjeu pour l’économie sociale

Or, qui aujourd’hui pâtit le plus de cet état de fait, sinon la famille mutualiste ? Car dans un contexte de dégradation du pouvoir d’achat, n’est-ce pas de l’économie sociale que l’on attend le plus ?
Hélas pour la famille mutualiste ! Le recours au déficit ne peut, à l’instar de l’Assurance maladie, lui tenir lieu de recette miracle. D’autant qu’on ne peut empêcher certains de nos concitoyens de céder aux chants des sirènes... celui de ceux qui jouent de la prime aux nouveaux entrants pour faire la chasse aux « bons risques » ! Avec un réveil douloureux, à terme, pour leurs assurés...

Faire preuve d’innovation

Cette réalité conduit-elle les mutuelles historiques à une impasse ? Non, si elles sont capables demain d’intégrer cette problématique économique en faisant preuve d’innovation dans la conception de leurs garanties santé. Comment ? en renouant avec le principe même de l’assurance : la prise en charge de ce qui est réellement un risque aléatoire et corrélativement l’abandon des garanties qui, en la quasi-absence d’aléa, s’apparentent davantage à des « avances de trésorerie » !


Aux mutualistes de rendre l’avenir possible !


Patrick Sagon, Président

 


* Source : données Fonds CMU.
** 6ème baromètre Les Français, la santé et l’argent. LH2 / AG2R La Mondiale.

Partagez
Envoyer cet article à un(e) ami(e)

caractères restants
* Champs obligatoires
L'article a bien été envoyé à : .
Fermer
Fermer