
Soins palliatifs : un accompagnement toujours insuffisant
Les soins palliatifs permettent d’accompagner les personnes atteintes d’une maladie grave ou en fin de vie. Leur développement est devenu un enjeu de société important dès 1999 et la mise en place d’un premier plan de développement. Aujourd’hui, le bilan à mi-parcours du programme national de développement des soins palliatifs 2008-2012 est plutôt mitigé.
Davantage d’unités de soins spécialisés, mais une répartition géographique inégale ; des moyens financiers mais des équipes en sous effectif : c’est ce qui ressort du rapport remis le 6 juin dernier par le professeur Régis Aubry, président du Comité national de suivi, au Président de la République. Au chapitre des avancées, dans ce bilan en demi-teinte du programme national de développement des soins palliatifs 2008-2012, l’ensemble des régions dispose désormais d’au moins une unité de soins palliatifs. Il y en a aujourd’hui 107 avec, au total, plus d’un millier de lits. En revanche, leur répartition territoriale est très inégale : deux tiers des unités sont concentrés dans 5 régions françaises – Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Rhône-Alpes, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais et Ile-de-France - alors que celles-ci ne représentent que 48 % de la population et 42 % des décès annuels.
Un financement aléatoire, des équipes en sous-effectif
Le professeur Aubry note que les sommes allouées ne sont pas toutes utilisées pour les soins palliatifs. Dans certaines régions, 15 à 23 % des ressources seraient utilisés à d’autres fins. Autre point noir, le niveau des effectifs est insuffisant. Dans la plupart des régions, le financement ne se traduit pas par un renforcement des équipes. En Picardie, par exemple, deux équipes mobiles de soins palliatifs disposent de moins d’un temps plein médical.
Qu’appelle-t-on soins palliatifs ?
Les soins palliatifs sont des soins associés aux traitements de la maladie. Ils ont pour objectif de préserver la qualité de vie, de soulager les douleurs physiques et tous les autres symptômes gênants. L’objectif n’est pas de guérir, mais de préserver la qualité de vie des patients et de leur famille face aux symptômes et aux conséquences d’une maladie grave et potentiellement mortelle.
Ils prennent également en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle de la personne malade et de sa famille.
Quels sont les enjeux ?
La question de la fin de vie concerne la société dans son ensemble. Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), rédigé en 2009, souligne que les conditions de décès en milieu hospitalier français ne sont pas bonnes. Les services dans lesquels on meurt le plus souvent ne sont pas les mieux adaptés à une prise en charge sereine de la fin de vie : plus d’un décès hospitalier sur cinq a lieu dans un service de réanimation ou de soins intensifs et 10% des personnes décèdent aux urgences dans des conditions insatisfaisantes, parfois dans un couloir, sans la moindre intimité, ni lieu pour accueillir les familles. Il apparaît que les soins palliatifs ne bénéficient qu’à une minorité de malades (100 000 personnes en 2010, pour 560 000 décès par an) et restent essentiellement réservés aux personnes atteintes de cancer.
Pour consulter le rapport sur l’état des lieux du développement des soins palliatifs en France : Cliquez ici
