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Un étudiant sur cinq renonce à se faire soigner en raison du coût

 Comme le révèlent plusieurs enquêtes, de nombreux étudiants délaissent leur santé pour des raisons budgétaires. Une situation dénoncée par les mutuelles étudiantes.

Faute de moyens suffisants, de plus en plus d’étudiants ne peuvent pas se faire soigner. C’est le constat alarmant dressé par les mutuelles étudiantes, qui gèrent à la fois le régime obligatoire de sécurité sociale étudiant et des offres de complémentaire santé.

Des soins jugés trop chers

Ainsi, selon la troisième enquête nationale sur la santé des étudiants dressée en 2011 par l’observatoire EPSE* pour la Mutuelle des Etudiants (LMDE), en partenariat avec l’IFOP, 34 % des étudiants interrogés déclaraient ne pas avoir consulté un médecin au cours des douze derniers mois par manque de moyens financiers, de temps ou par choix d’une automédication. Un étudiant sur cinq expliquait alors avoir renoncé à des soins ou à des traitements médicaux en raison du coût engendré. Enfin, l’enquête révèle que 19 % d’entre eux ne bénéficient pas de complémentaire santé.

De son côté, l’union nationale des mutuelles étudiantes régionales (USEM) met en évidence, dans une enquête réalisée avec l’institut CSA, l’impact du lieu d’habitation sur les comportements des 18-25 ans en matière de santé. Selon elle, le fait de quitter le domicile familial engendre une baisse significative de l’accès aux soins (les étudiants vivant chez leurs parents ne sont que 10 % à y renoncer).

Des étudiants en situation précaire

L’explication de ce phénomène tient en un mot : précarité. En effet, d’après l’enquête de l’EPSE, près de la moitié des étudiants vit avec moins de 400 euros par mois, toutes sources d’argent confondues (travail salarié, aides sociales, famille). Dans ce contexte de fragilité sociale, le Secours populaire a accueilli dans ses antennes, en 2010, pas moins de 100 000 jeunes âgés de 18 à 25 ans. Un chiffre qui a augmenté de 10 % en 2011.

Pour la LMDE, cette précarité est aggravée par les vagues successives de déremboursement des médicaments, les franchises médicales et la hausse du reste à charge, qui font de la santé « un luxe que les étudiants ne peuvent plus se payer ». Face à cela, la mutuelle réclame un chèque santé national qui leur permettrait d’adhérer à une complémentaire santé.

* Observatoire expertise et prévention pour la santé des étudiants

Troisième enquête nationale sur la santé des étudiants :
www.lmde.com/index.php?id=1028#c5822

Septième enquête de l’USEM « La santé des étudiants en 2011 » :
www.usem.fr/7e-Enquete-Sante-de-l-USEM-La.html
 

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