Prévention
Pandémie de grippe et grippe saisonnière : ce qu’il faut savoir

Pandémie de grippe et grippe saisonnière : ce qu’il faut savoir
Chaque année, de nouveaux virus humains de la grippe apparaissent par mutation et provoquent des épidémies saisonnières. De temps en temps, un virus grippal d’origine animale (oiseaux ou porcs), s’adapte à l’homme et devient ainsi un virus complètement nouveau pour l’humanité. Personne n’étant immunisé contre ce nouveau virus, celui-ci est responsable d’une épidémie mondiale ou pandémie. Au XXème siècle il y eut ainsi trois pandémies de grippe en 1918, en 1957 et en 1968.
En 2009, une pandémie de grippe est apparue avec un nouveau virus de type A H1N1*.
*Il existe trois grands types de virus de la grippe : A, B ou C. Seul le type A donne des pandémies. Les virus sont ensuite classés selon les protéines qui constituent leur enveloppe, l'hémagglutinine (H1 à H16) et la neuraminidase (N1 à N9). En 1918, la pandémie de grippe espagnole était due à un virus A H1N1. En 1957, la pandémie asiatique était due à un virus A H2N2. En 1968, c’était le tour d’un virus A H3N2.
La contagion
Le virus de la grippe se transmet par la toux et par le contact avec les mains. Il est donc très facilement contagieux.
Les symptômes
La grippe typique est caractérisée par 3 symptômes qui apparaissent de façon brutale : la fièvre, la fatigue et la toux. C’est le côté brusque qui différencie le plus la grippe des autres affections. D’autres symptômes sont classiques comme les courbatures, le mal de gorge, le mal de tête, les nausées et la diarrhée. En pratique, en période d’épidémie, toute maladie infectieuse de survenue brusque doit faire suspecter une grippe.
Les personnes à risque
Pour les grippes saisonnières, les personnes à risque de décès sont celles dont l’immunité est faible : les personnes âgées, celles qui sont atteintes d’un cancer, ou d’autres maladies entraînant une immunodépression comme le Sida. La grippe est aussi dangereuse pour les personnes fragiles du cœur car l’inflammation provoquée par l’infection favorise les infarctus.
Les bébés de moins d’un an sont tout aussi exposés, car leur immunité ne connaît aucun virus de la grippe. Les femmes enceintes enfin risquent une fausse couche, ce qui doit les pousser à la plus grande vigilance.
En plus de ces populations à risque, la pandémie touche particulièrement les adultes jeunes dont l’immunité peut réagir de manière très violente par rapport au nouveau virus.
Les femmes enceintes (dont l’immunité est « transformée » pour ne pas rejeter le fœtus), sont également très exposées à des formes plus graves. Le risque de fausse couche est lui aussi élevé.
Les femmes enceintes (dont l’immunité est « transformée » pour ne pas rejeter le fœtus), sont également très exposées à des formes plus graves. Le risque de fausse couche est lui aussi élevé.
L’immunité
Une fois guéri de la grippe, on est immunisé contre le virus responsable. Les personnes qui ont été frappées par le nouveau virus A H1N1 et qui sont guéries ne peuvent donc plus attraper la maladie.
Plus il y aura de gens immunisés dans le monde contre ce nouveau virus, moins celui-ci pourra progresser, la chaîne de transmission étant rompue. La pandémie s’arrêtera ainsi quand un tiers de l’humanité sera immunisée.
Les mesures de protection
Le virus de la grippe se transmettant par la toux et par les mains, les mesures de protection, encore appelées « mesures barrières », sont très efficaces. Ces mesures sont essentielles, en cas de pandémie, pour ralentir la progression de la maladie et éviter ainsi un débordement du système de soins, ou la paralysie des entreprises par un absentéisme trop massif.
Les masques
Tous les masques disponibles, dont les masques chirurgicaux, permettent d’éviter de contaminer les autres. Quand deux personnes portent chacune un masque, elles ne peuvent pas se contaminer mutuellement. Il faut donc tous porter des masques pour obtenir un effet barrière.
Certains masques, dit FFP2, sont susceptibles d’empêcher d’être contaminé. Cette protection est relative, et rien n’est plus efficace que le port collectif du masque. Ceci dit, les professions les plus exposées, les personnels soignants, les hôtesses d’accueil, etc., doivent préférentiellement en être équipées.
Le masque doit être bien posé pour être bien supporté. Une pièce métallique permet de l’ajuster sur le nez. Il faut ensuite attacher les bandelettes supérieures en les plaçant au dessus des oreilles, et en serrant bien pour que l’air ne remonte pas par le haut. Les bandelettes inférieures peuvent ensuite être attachées, de manière plus lâche, de façon à permettre les mouvements du cou et à laisser une possibilité d’écoulement de l’air vers le bas. Ce qui compte, c’est que l’air expiré ne puisse pas être projeté vers l’avant.
Il faut prévoir deux masques par jour.
Le lavage des mains au savon
Le lavage des mains, avec du savon, permet d’éliminer le virus par un effet mécanique. En effet, en se frottant suffisamment les mains, il se forme beaucoup de mousse qui emprisonne les virus et permet leur évacuation lors du rinçage.
Ce qui est important, c’est donc de bien se frotter les mains partout et longuement, puis de les rincer abondamment.
Il faut se laver les mains systématiquement en arrivant chez soi ou au bureau, après chaque passage aux toilettes et avant chaque prise alimentaire. On peut aussi se laver les mains si elles sont contaminées par un contact douteux ou de la toux. Il faut aussi se laver les mains après avoir essuyé ses lunettes (qu’il convient de laver également une fois par jour).
La désinfection des mains avec une solution hydro-alcoolique
Faute de savon (toujours plus efficace en cas de lavage soigneux), on peut aussi se désinfecter les mains avec une solution hydro-alcoolique. C’est une bonne alternative quand l’accès aux toilettes est malaisé, ou en cas de déplacement.
La limitation des contacts directs
Se serrer la main, se faire la bise, sont des signes d’affection très contagieux en période d’épidémie. Dans tous les cas, il faut éviter de toucher quiconque quand on est grippé.
Il faut aussi éviter d’entrer en contact direct avec les personnes à risque, notamment avec les bébés.
On ne répètera jamais assez que la grippe est une grande pourvoyeuse de fausses couches. Si vous espérez attendre un enfant ou si vous en attendez un, évitez au maximum les contacts, ainsi que les têtes à têtes avec des personnes qui toussent ou se mouchent.
Les mouchoirs en papiers
Les mouchoirs en papiers, jetables après chaque utilisation, sont importants pour limiter la progression de l’épidémie, à condition de se laver régulièrement les mains quand on se mouche.
Les chaussures dans l’entrée
En période de pandémie, laisser ses chaussures à l’entrée de sa maison est une bonne habitude à prendre, en se lavant les mains juste après les avoir enlevées.
L’organisation des soins
Pour la grippe saisonnière, la France met en place chaque année un programme de vaccination à destination des personnes à risques. La prescription d’antiviraux est recommandée dans les maisons de retraite et chez les personnes à risque.
Dans le cas d’une pandémie, la France a élaboré un plan disponible sur le site : http://www.pandemie-grippale.gouv.fr/
Ce plan centralise, au niveau de l’Etat, l’organisation des soins et des services clés, comme le ravitaillement alimentaire, la production d’eau, d’électricité, des services bancaires, etc. La pierre angulaire de ce plan est le stockage de millions de traitements antiviraux. Le plan prévoit également, si nécessaire, la fermeture des écoles, la limitation des déplacements, l’annulation des manifestations publiques (spectacles, compétitions sportives, congrès, etc.).
Les soins sont organisés autour des médecins traitants et du centre 15. Le principe est d’éviter au maximum que les patients se déplacent aux urgences dans les hôpitaux.
Dr Philippe Presles
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