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Enfants, attention cou fragile !

Enfants, attention cou fragile !

14 Décembre 2017

Le cou est une des parties du corps les plus fragiles.Les enfants ne sont pas toujours conscients de cette vulnérabilité.Les parents non plus, du reste...

Mal au cou : un torticolis banal... ou pas

Commençons par une scène banale de la vie quotidienne. Un enfant rentre chez lui après une journée d'école et raconte à ses parents qu'il s'est fait mal au cou en tombant. De plus il tient sa tête de façon bizarre : légèrement tournée et inclinée sur le côté.

On pense à une sorte de torticolis. On ne s'inquiète pas plus que cela. Une bonne nuit de sommeil et demain, il n'y paraîtra plus rien, pense-t-on.
Mais ce n'est pas toujours le cas...

Au cours de la croissance, l'enfant passe par une phase d'assez grande laxité ligamentaire. Cela peut entraîner une luxation du cou lors de contraintes mécaniques relativement banales.

La première vertèbre cervicale (appelée Atlas) sort alors de l'emboîtement prévu sur la deuxième (appelée Axis). Cette pathologie est rarissime chez l'adulte. Mais pas du tout exceptionnelle chez l'enfant.

Certaines luxations du cou ont même été décrites dans le simple fait de tousser brusquement. Il faut donc être extrêmement vigilant face à ce qui peut apparaître comme la survenue de torticolis spontanés et, le cas échéant, ne pas hésiter à consulter un spécialiste qui procèdera alors à des radios. Puis probablement à des examens plus pointus qui, il faut le dire, ne vont pas sans poser une série de problèmes pratiques. Imaginez-vous la difficulté de persuader un enfant de se tenir immobile pendant une demi-heure dans le sarcophage de l'IRM...

Problèmes de cou : des examens au traitement

Lorsque le diagnostic sera posé, on ne sera pas beaucoup plus avancé. Compte tenu du danger de léser la moelle épinière, on n'opère en effet que très rarement.

Le traitement passe plus souvent par la mise en extension du cou durant 3 à 4 semaines afin que l'Atlas retrouve sa place originale à l'aplomb de l'Axis. Sur le plan pratique, cela implique une très longue immobilisation.
Rien de bien réjouissant. Mais, répétons-le, ce traitement vaut mieux que de laisser faire.

Dans les cas les plus tragiques (heureusement très rares), le pronostic de paralysie est engagé. Tout cela pour une culbute banale ou une quinte de toux. Comme quoi, les lésions les plus dangereuses ne résultent pas toujours des accidents les plus spectaculaires.

Gilles Goetghebuer

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