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Prévenir le tabagisme, avant la toute première cigarette

La première cigarette est fumée très tôt, dès le collège. C’est l’un des enseignements de la première enquête nationale sur les jeunes et le tabac qui identifie les facteurs favorisant la consommation de tabac, dresse un portrait-robot du jeune fumeur et sa réceptivité aux campagnes de prévention.

Qui est le jeune fumeur français ?

Organisées par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) depuis 2000, les enquêtes ESCAPAD permettent d’appréhender le tabagisme chez les adolescents (1). La dernière parue, en 2014, révélait que près de sept adolescents sur 10 avaient déjà fumé une cigarette. Le tabagisme quotidien, qui avait fortement diminué entre 2000 et 2008 (de 41,1% à 28,9 %) est reparti à la hausse entre 2011 et 2014 (de 31,5 % à 32, 4 %) porté principalement par le tabagisme croissant chez les filles (de 30,2 % à 31,9 %), alors qu'il est resté stable chez les garçons (33 %). Ces chiffres ne compromettent pas pour l’instant la baisse globale observée depuis le début des années 2000.

Néanmoins, ces données ne pointent pas les facteurs favorisant la consommation de tabac chez les jeunes. Afin d’y voir plus clair, l'Association BPCO, unique association française contre la Bronchopneumopathie chronique obstructive, a commandité une enquête auprès d'un échantillon représentatif des 15-25 ans (avril à mai 2017). Son objectif était d’évaluer le tabagisme des jeunes et leurs connaissances, mais aussi de comprendre les motifs émotionnels, comportementaux qui les poussent à commencer à fumer et… à ne pas arrêter. (2). Elle était présentée lors des 10èmes rencontres de l’Association BPCO au Palais du Luxembourg (9 novembre 2017, Paris).

15 ans, l’âge de la première cigarette

Premier constat, le tabac est la première drogue consommée par les jeunes Français : 40% des jeunes de 15 à 25 ans sont fumeurs. 27% fument régulièrement. 15 ans est l’âge moyen de la première cigarette. Les premiers pas d’un jeune fumeur se font dès le collège. 31% de collégiens ayant fumé leur première cigarette au collège (moins de 15 ans) l’ont fait soit par curiosité (31%), soit sous l’influence d’un proche (32%).

Le « collectif » occupe la première place des éléments déclencheurs pour 83% des fumeurs et surtout chez les plus jeunes, devant d’autres facteurs comme les situations de stress, les situations répétitives ou l’inactivité. Sans trop de surprise, un environnement non-fumeur semble favorable à l’éviction du tabac par le jeune.

« Griller une cigarette à l’occasion ne fait pas de moi un fumeur »

Un tiers des jeunes fumeurs est dans le déni. Pour les jeunes fumeurs et en majorité les fumeurs occasionnels, « griller » une cigarette de temps en temps n’est pas « fumer ». Cécile Grosset, directrice de l’institut de sondage NXA : « Dès lors qu’ils ne fument pas quotidiennement mais seulement occasionnellement, de nombreux jeunes refusent de se considérer comme des fumeurs. Au total, 38% fument mais ne se considèrent pas fumeur pour autant ! ».

Bien informés mais peu sensibles aux campagnes de prévention

94 % des 15-25 ans disent très bien connaître les dangers du tabac, mais ça n'empêche pas les fumeurs réguliers de se déclarer insensibles aux campagnes de prévention. Pour la plupart, les jeunes sont assez réalistes : 74% déclarent que l’information reçue sur les risques liés au tabac leur a fait prendre conscience du danger. Ces chiffres illustrent tout le paradoxe entre la conscience du danger et le vécu. Ça n’est pas pour autant qu’ils s’arrêtent de fumer : un peu moins d’un jeune sur deux fume entre 15 et 25 ans. Un gros noyau dur de fumeurs réguliers (62%) déclare être insensible aux campagnes de prévention.

L’enquête montre que si la prévention produit un réel impact, cela ne touche pas ceux qui fument déjà. Tout l’enjeu de la prévention du tabagisme est donc d’atteindre les plus jeunes. La nature des actions de prévention compte pour beaucoup. Seuls 39% des fumeurs réguliers se disent réceptifs aux campagnes anti-tabac fondées sur des images et des slogans chocs. Si les jeunes plébiscitent les outils numériques comme supports de communication (réseaux sociaux, serious games, vidéos, etc.), ils accordent aussi un rôle central à l'école : ils souhaitent des informations dès le collège, diversifiées, avec des débats, des témoignages de malades, des conférences, etc. Cécile Grosset : « Les jeunes interrogés souhaiteraient des campagnes d’information et de sensibilisation qui les touchent émotionnellement, dans lesquelles ils se reconnaissent. Ils aspirent à être confronté au réel ».

Politique de santé : les espoirs du « virage préventif »

Comme l’alcool et l’alimentation, le tabac est l’un des facteurs de risque majeurs de mortalité évitable dans la ligne de mire d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui entend amorcer un « virage préventif ». Présente lors du colloque de l’Association BPCO, elle y réitérait sa volonté d’« intégrer pleinement la prévention et l’éducation thérapeutique dans la stratégie nationale de santé ». Deux décès par insuffisance respiratoire chronique sur trois étant attribuables à la cigarette, elle veut « agir sur le tabac en amont de la maladie ».

Pour ce faire, l’un des quatre axes prioritaires annoncés par la ministre en novembre 2017 sur la base d'un rapport du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) (4) est la prévention et la promotion de la santé au cours de la vie et dans tous les milieux. En effet, l’espérance de vie élevée en France (85,4 ans pour les femmes, 79,3 ans pour les hommes en 2016) cohabite avec une mortalité prématurée et une mortalité évitable encore trop importantes, ainsi qu’une augmentation constante des maladies chroniques dont la BPCO, due à 80% au tabagisme. Pour cela, la prévention doit englober l’éducation à la santé et notamment vis-à-vis des méfaits du tabagisme. Et ceci dès l’école, avant même la première cigarette.

Sources : (1) Stanislas Spilka et al. Les drogues à 17 ans : analyse de l'enquête ESCAPAD 2014. OFDT. Tendances 100, mai 2015 ; (2) NXA. Cabinet d'études et conseil. Association BPCO. « Les jeunes de 15 à 25 ans face au tabac ». nov 2017 ; (3) Baromètre Santé 2010. INPES, 2013. p59 ; (4) https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=627

D’après un entretien avec Cécile Grosset, directrice de l’institut de sondage NXA et le suivi du colloque BPCO (Palais du Luxembourg, 9 novembre 2017).

Hélène Joubert, journaliste

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