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Pipi au lit, la rentrée se prépare

Le pipi au lit, ou énurésie, touche 10% des enfants entre 5 et 7 ans. A l’approche de la rentrée scolaire, des classes découverte ou des nuits chez les copains, quelle attitude adopter en tant que parent ? Il est essentiel de consulter, mais jamais dans la précipitation.

Par Hélène Joubert, journaliste scientifique

Rassurer, dédramatiser et déculpabiliser l’enfant énurétique

Ne pas être propre durant le sommeil n’est pas normal au-delà de 5 ans. L’énurésie, c’est-à-dire une incontinence intermittente survenant exclusivement pendant le sommeil chez un enfant de plus de 5 ans, n’est pas une maladie, mais un symptôme aux multiples facettes. En effet, plusieurs paramètres interviennent, souvent très intriqués. Ce peut être dû à l’excès de volume d’urine produite dans le sommeil lié à une hormone, l’ADH (vasopressine) qui, elle, n’est pas synthétisée en quantité suffisante. La réduction de la capacité vésicale peut aussi entrer en jeu, associée dans un tiers des cas à une vessie hyperactive. L’immaturité affective de l’enfant peut jouer, tout comme une insuffisance de maturation neurologique qui fait que ces enfants n’atteignent pas un seuil d’éveil leur permettant de percevoir que leur vessie est pleine. D’autres facteurs ont été identifiés plus récemment comme l’obstruction des voies aériennes supérieures, le sexe et l’hérédité.
Il ne faut pas attendre pour consulter un médecin, ni nier l’importance de l’énurésie, en minimisant ses conséquences chez l’enfant (scolaires, estime de soi etc.) familiales et sociales. Il ne faut pas non plus miser sur le temps pour se débarrasser du problème.
Soigner une énurésie demande du temps, en confiant le problème de son enfant à un médecin, au cours d’une consultation à part entière, qui doit durer dans l’idéal 45 minutes. Là, le médecin s’intéresse à l’enfant et non plus à sa seule énurésie, dans un climat de confiance, seul moyen d’obtenir l’adhésion de l’enfant et sa responsabilisation dans sa prise en charge. Déjà, ces conditions suffisent à résoudre de nombreux cas d’énurésie.

Dr Christophe Philippe, pédiatre à Saint Malo et spécialiste de l’énurésie : « L’enfant doit entendre de la bouche des parents et du médecin qu’il n’est pas un cas isolé, surtout parmi les garçons de son âge (3 garçons pour 1 fille sont énurétiques). Enfin, déculpabiliser l’enfant est primordial, car il pense souvent que la faute lui incombe. Du fait de l’attitude de son entourage, aux réflexions parfois maladroites et culpabilisantes (« Il pourrait faire un effort »), l’enfant se sent responsable de faire pipi au lit. Il est crucial que les parents soient convaincus que leur enfant n’y est pour rien puisque l’énurésie survient pendant le sommeil. Il leur faut, de plus, évider une attitude coercitive mais aussi surprotectrice ».

L’énurésie est fréquente, mais trop souvent ignorée

Parce que ses répercussions psychologiques et socio-familiales sont incontestables, l’énurésie justifie une prise en charge adaptée mais aussi précoce. Pourtant, au-delà de l’âge de 5 ans, l’énurésie est sous-diagnostiquée. De la part des parents, l’énurésie est rarement un motif de consultation médicale à part entière (1). 76,7% des mères d’enfants énurétiques déclarent que leur médecin traitant n’a pas abordé le sujet (2). Seuls 17% des médecins généralistes posent la question systématiquement (3).

L’énurésie, ça n’est pas « dans la tête »
Il est désormais clairement démontré que les troubles psychiques ne sont pas plus fréquents chez les enfants souffrant d’énurésie primaire isolée que dans la population générale d’enfants du même âge (environ 10%), à la différence des énurésies secondaires – l’enfant se remet à faire pipi au lit après une période sèche de 6 mois- qui peuvent se manifester lorsque l’enfant fait une régression à la suite d’un traumatisme psychologique (divorce des parents, décès dans la famille etc.). Le trouble psychique le plus fréquemment retrouvé, chez 20% des enfants qui font pipi au lit, est le syndrome « déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité » (TDAH).

L’énurésie, un handicap social

Privé de colonie de vacances, de séjour scolaire ou de soirée-pyjama… l’enfant énurétique s’exclut ou est exclu de tout un pan de la vie sociale au moment où celle-ci est essentielle à son épanouissement et à sa construction psychique. C’est un triste constat : une majorité des enfants énurétiques n’a jamais dormi chez un copain et n’est jamais parti en séjour scolaire ou en colonie de vacances (1). Toutes les données vont dans le même sens. 42% des enfants refusent de dormir chez un copain, 37% en séjour scolaire et même 12% dans la famille. Ce « secret de famille », ce tabou est encore aujourd’hui source d’exclusion et d’isolement social (2).
Attention aussi à l’« énurésie prétexte », c’est-à-dire la persistance d’une énurésie qui, en évitant la séparation du milieu familial, arrange à la fois l’enfant et les parents.

L’énurésie se soigne

Visite après visite, le médecin va encourager l’enfant, mais aussi lui confier des missions comme mettre ses draps mouillés à laver, enfiler une couche tout seul avant de dormir etc. mais aussi respecter les mesures hygiéno-diététiques. Elles se résument à respecter une hygiène mictionnelle et un apport liquidien régulier. L’enfant doit être sensibilisé aux messages émis par sa vessie et ainsi améliorer la perception de son seuil de réplétion vésicale.
Parmi les conseils à délivrer, dire à un enfant d’aller aux toilettes dès qu’il en perçoit l’envie, ou mieux, à intervalles réguliers avant que sa vessie ne le lui demande, d’être aussi détendu que possible en urinant.
Quant aux apports hydriques et leur répartition, ils doivent respecter cinq règles : les apports liquidiens recommandés restent normaux (45-60 ml/kg), idéalement entre 7h et 18h. Un tiers des boissons quotidiennes devrait être absorbé au petit déjeuner. Une fois ces règles respectées, on peut envisager secondairement de diminuer le plus possible les apports hydriques après 18h, sans pour autant les interdire. Enfin, l’enfant doit éviter les boissons gazeuses sucrées en seconde partie de journée ainsi que les aliments très salés (lait, jus de fruit et sodas augmentent la charge osmotique) et limiter l’apport calcique en modérant les laitages le soir.
20% des énurésies guérissent avec le seul respect de ces mesures. Si l’énurésie persiste, envahissante et mal vécue, alors le médecin passera à l’étape supérieure, en prescrivant un traitement par médicament (desmopressine) et/ou des alarmes sonores (stop-pipi).


(1) C. Philippe et al. Médecine et Enfance, janvier 2011 ; (2) Lottman H. Med Enf. , 2009 ; 29 : 298-302 ; (3) C. Philippe. Etude ENUMERE. Med Enf. Janv-fev 2016 ; 37-42

Merci au Dr Christophe Philippe, pédiatre à Saint Malo, pour l’ensemble de sa communication.

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