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Anorexie mentale : peur de grossir ... ou plaisir de maigrir ?

Anorexie mentale : peur de grossir ... ou plaisir de maigrir ?

Et si on s'était trompé ? Selon une récente étude de l'Inserm, les jeunes filles souffrant d'anorexie mentale n'ont pas peur de prendre du poids mais éprouvent une grande satisfaction à en perdre. Pareil, pensez-vous ? Pas vraiment. Cette découverte fait glisser l'anorexie du côté des addictions, ce qui ouvre de nouvelles voies thérapeutiques.

 

Vers une nouvelle définition de l'anorexie mentale ?

Le nouveau maire de Londres vient d'interdire les publicités incitant à la maigreur dans les transports publics. Une initiative qui tombe à pic pour ne pas inciter les adolescentes à faire des régimes. En effet, la définition internationale de l'anorexie mentale pourrait bien changer.

Jusqu'à présent, le diagnostic repose sur trois critères :

  • une restriction alimentaire menant à la perte de poids,
  • une perception déformée du poids
  • et une peur intense de grossir.


Or, une étude de l'Inserm, rendue publique en juin dernier, vient de remettre en cause ce troisième symptôme en montrant que les patientes atteintes par ce trouble alimentaire grave  étaient plus sensibles au plaisir de maigrir qu'à la peur de grossir.

Anorexie mentale et tests : des patientes qui réagissent positivement à la maigreur

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont comparé les réactions de 71 patientes  à celles de 20 femmes en bonne santé face à des images de femmes en surpoids et en sous-poids. Grâce à des tests de mesure de leur taux de sudation (conductance cutanée), ils se sont aperçus qu'il n'y avait aucune différence émotionnelle entre les patientes anorexiques et le groupe contrôle lorsqu'elles visionnaient des femmes fortes. En revanche, la vision de corps extrêmement maigres a provoqué immédiatement une réaction évaluée comme « positive » chez les patientes atteintes d'anorexie mentale qui se sont mises à transpirer exagérément contrairement au groupe contrôle qui n'a rien manifesté de particulier.

 

Un trouble alimentaire plus addictif que phobique

Pour le Pr Philip Gorwood, chef de service de la clinique des maladies mentales et de l'encéphale à l'hôpital Sainte-Anne (Paris), qui a conduit l'étude, ces résultats confirment  l'idée que l'anorexie n'est pas une phobie -celle de prendre des kilos- mais relève d'une addiction au plaisir de maigrir. « On pourrait penser que c'est pareil car la finalité est la même : quand on a très envie de maigrir, on a peur de grossir. De la même manière que lorsqu'on est dépendant à l'alcool, on a très envie de boire parce qu'on a peur du manque. Sauf que ce ne sont pas les mêmes circuits cérébraux qui sont activés. Dans la phobie, c'est la zone de l'amygdale qui réagit très rapidement face à un stimulus qu'elle considère potentiellement dangereux ou angoissant. Dans l'addiction, c'est une autre région du cerveau, le striatum ventral, qui répond en mobilisant le circuit de la récompense ».

Perdre 300 gr de plus pour se sentir mieux

Une étude, basée sur l'IRM fonctionnelle du cerveau, avait déjà mis en évidence l'action du striatum ventral chez une vingtaine de patientes atteinte de cette maladie mentale. Non seulement le travail  de l'Inserm renforce cette hypothèse d' «une addiction sans drogue qui survalorise la maigreur » mais elle indique également que, parmi les quelques 70 gènes de susceptibilité impliqués dans l'anorexie mentale, un, le BDNF (qui intervient dans la survie des neurones et la neuroplasticité), pourrait avoir une influence majeure.

Pr Gorwood : « Il est délicat de parler de plaisir de maigrir dans une pathologie où les patientes sont en grande souffrance. Parlons plutôt d'un trouble de l'effet récompense. Ce qui motive leur comportement est la sensation que perdre 200 ou 300 gr de plus va leur permettre de se sentir mieux. D'où cette recherche désespérée de perdre toujours plus de poids ». Une chose est sûre, selon le spécialiste : « l'anorexie mentale commence toujours par un régime ».

L'espoir de nouvelles thérapeutiques contre l'anorexie

Cette découverte est fondamentale pour orienter les recherches et trouver de nouveaux traitements.

Aujourd'hui, aucun médicament ne permet de soigner ce trouble du comportement alimentaire qui touche 2 à 3% des adolescentes (avec un pic entre 13 et 25 ans) et qui mène à la mort dans 1% des cas.

A terme, des molécules ciblant plus spécifiquement le circuit de la récompense, notamment la dopamine, pourraient voir le jour. Mais dans l'immédiat, c'est surtout vers des thérapeutiques, utilisées dans d'autres maladies, que se tournent les chercheurs. A commencer par la remédiation cognitive. Cette gymnastique du cerveau vise à développer les capacités d'adaptation à de nouvelles situations. L'objectif dans l'anorexie est de briser le cercle vicieux « mal-être = rejet de la nourriture ».

La remédiation cognitive pour lutter contre les réflexes automatiques

« Les patientes anorexiques sont très efficaces et performantes, ce sont en général de bonnes élèves, mais elles manquent de flexibilité à court terme, explique Philip Gorwood. La remédiation cognitive consiste à les faire jouer sur ordinateur à des jeux dont les règles changent en cours de route de manière à ce qu'elles s'habituent à trouver d'autres solutions. Ce style d'approche pourrait les aider à modifier le processus de base que l'on retrouve dans cette addiction. Au lieu de penser “je ne me sens pas bien donc je vais me priver de manger pour me sentir mieux”, elles pourront se dire “je ne me sens pas bien, peut-être que je peux en parler à quelqu'un” ou simplement se demander ce qui ne va pas ».

Autre voie d'avenir, la méditation pleine conscience. Cette technique permet de travailler sur le ressenti ici et maintenant afin de court-circuiter les pensées parasites et automatiques. Philip Gorwood : « Face à un plat, la patiente pourra peut-être se dire “je mange parce que j'ai faim” plutôt que “si je mange, je vais prendre un kilo”. Cela prend du temps mais bien utilisée, la méditation pleine conscience peut-être très efficace ».

 

Source :

Brigitte Bègue, journaliste santé

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