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Incontinence urinaire de la femme : se libérer de la génétique !

Incontinence urinaire de la femme : se libérer de la génétique !

L’âge, la grossesse, l’obésité, certains sports et métiers favorisent l’incontinence urinaire chez la femme. La génétique aussi, qui compte pour près de 40% dans ce risque. Quelques gènes ont été identifiés mais le dépistage génétique des femmes à risque de troubles de la statique pelvienne -incontinence urinaire et prolapsus uro-génital- n’est pas à l’ordre du jour. En attendant, comment limiter le risque de fuites urinaires ?

 



Incontinence urinaire, le poids des gènes

Dans le risque d’incontinence urinaire, la génétique joue un rôle important, estimé à plus d’un tiers du risque total. Toutes les études convergent vers une prédisposition génétique dans l’incontinence urinaire d’effort (sport, éternuement etc..) estimée entre 30 et 40% (1). Dr Brigitte Fatton, gynécologue obstétricien, spécialisée en uro-gynécologie au CHU de Nîmes : « La génétique compterait pour environ 34% dans l’incontinence d’effort et pour 37% dans l’incontinence "par urgenturie" (envies pressantes d’uriner). Les facteurs génétiques en cause dans ces fuites urinaires se rapportent essentiellement à la qualité du collagène présent dans le tissu conjonctif (peau, tendons, ligaments, parois des organes et des vaisseaux sanguins) mais aussi à celle des cellules des fibres musculaires ». Le rôle délétère d’un collagène insuffisant ou de mauvaise qualité a été mis en évidence récemment. Par exemple, chez les femmes souffrant de prolapsus ("descente d'organe") génital, une diminution du nombre de certaines fibres de collagène (de type III) a été constatée et pourrait expliquer une moindre résistance des tissus aux forces d’hyperpression (pression intra-abdominale importante). D’autres travaux ont été menés chez des femmes atteintes de syndromes où existent ces anomalies du collagène et qui ont un risque d’incontinence urinaire ou de prolapsus élevé comparé à la population générale. Dans le syndrome d'Ehlers-Danlos notamment, un ensemble de maladies génétiques caractérisées par une anomalie des tissus de soutien avec une hyperlaxité (élasticité excessive) des articulations et une peau très élastique, les chercheurs ont retrouvé une anomalie de la synthèse de collagène. Dans le syndrome de Marfan - maladie du tissu conjonctif- des mutations d’un gène (nommé FBN1 qui code pour la fibrilline-1, une autre protéine comme le collagène essentielle du tissu conjonctif) ont été identifiées. De même, les femmes ayant une hyperlaxité articulaire sont plus exposées au prolapsus génital, ce qui plaide pour l’implication d’anomalies du tissu conjonctif dans les troubles de la statique pelvienne (configuration normale de l'anatomie du petit bassin et du périnée).

A quand un dépistage génétique de l’incontinence urinaire ?

Ces facteurs génétiques sont désormais connus mais il est encore impossible de désigner précisément les gènes impliqués (2). L’intérêt de ces recherches génétiques en cours serait de pouvoir dépister les femmes ayant un risque plus important de fuites urinaires et/ou de prolapsus en vue d’affiner une stratégie de prévention primaire (avant que ne surviennent l’incontinence urinaire ou le prolapsus génito-urinaire) ou secondaire, vis-à-vis des facteurs acquis (environnementaux comme l’obésité, l’accouchement etc.). Dr Fatton : « Peut-on imaginer dans le futur privilégier certaines orientations professionnelles ou sportives ou influencer le suivi d’une grossesse, le déroulé d’un accouchement ou les techniques chirurgicales de réparation de l’incontinence urinaire sur des arguments de dépistage génétique ? Pourquoi pas, mais nous n’en sommes qu’aux balbutiements ».

Incontinence urinaire, comment limiter les risques ?

Les femmes ne sont pas toutes égales vis-à-vis du risque de fuites urinaires. En attendant que la piste génétique se concrétise, autant se concentrer sur les facteurs environnementaux. C’est essentiel, car ils interviennent pour plus de 50% dans le risque d’incontinence urinaire !

  • La grossesse et le traumatisme obstétrical sont deux facteurs de risque d’incontinence urinaire. Lors de la grossesse, le risque est dû aux nombreux étirements ligamentaires et musculaires, au poids important du bébé qui repose sur les structures génitales, anales et urinaires et aux modifications hormonales. Les dégâts neurologiques proviennent pour leur part de l’étirement des nerfs, ce qui crée des lésions au niveau des sphincters (urètre, anal).

Un accouchement traumatique (extraction du bébé à l’aide d’instruments, gros poids ou morphologie inhabituelle du bébé) ajoute au risque pour le périnée. Mais même sans risque particulier, un accouchement normal reste une période délicate pour la statique pelvienne. Une césarienne préventive peut être réalisée en cas de risque périnéal particulièrement important mais les indications doivent être bien posées car il persistera toujours « l’effet grossesse ».  De plus, les gynécologues obstétriciens ont pour consigne de limiter l’utilisation des forceps au profit de la ventouse, moins délétère. Après quelques mois, une incontinence apparue pendant la grossesse ou en post-partum immédiat peut s’améliorer. Les fibres nerveuses se régénèrent en partie, les muscles retrouvent une certaine tonicité, favorisée aussi par la rééducation périnéale. A la ménopause cependant, avec la chute des hormones et le relâchement des tissus, l’incontinence peut réapparaître.

  • La constipation. Tout ce qui augmente la pression à l’intérieur de l’abdomen (hyperpression abdominale) est potentiellement néfaste vis-à-vis du risque de fuites urinaires (mais aussi du prolapsus). Une raison supplémentaire, s’il en fallait, pour consulter.

 

  • La toux chronique. Même principe que pour la constipation. Tousser, éternuer à répétition pendant des semaines en cas d’allergie aux pollens peut être problématique en cas d’incontinence urinaire même débutante du fait de l’hyperpression abdominale. D’où l’intérêt d’être traitée pour des allergies ou un asthme.

 

  • Le tabagisme. Non seulement le tabac accélère le vieillissement cutané et la dégradation du collagène (perte de l’élasticité tissulaire et formation de rides) mais il existe aussi une relation établie entre tabac (et notamment la nicotine) et les symptômes d’hyperactivité vésicale notamment la pollakiurie (besoin fréquent d’uriner) et les urgences mictionnelles (besoins impérieux). De plus, la toux chronique, accentuée chez les tabagiques (due à la bronchite chronique) accroit la pression intra-abdominale et constitue un facteur de risque d’incontinence urinaire à l’effort.

 

  • Les activités sportives à risque sont celles à fort impact (lorsque le pied tape fort le sol), comme la course à pied ou le tennis (avec dans ce dernier sport une forte pression abdominale à chaque renvoi de balle). La palme revient au trampoline. Pour celles qui souffrent déjà d’une légère incontinence d’effort, privilégiez la bicyclette, la natation et l’aquagym. Et surtout (pour toutes les femmes) évitez les séances d’abdominaux intensifs, a fortiori sans avoir auparavant remusclé votre périnée.

 

  • Certains métiers à risque. Tous les métiers où l’on porte des poids. Ce peut être des quantités de cartons pour les vendeuses, des malades pour les aides-soignantes travaillant par exemple en gériatrie, des sacs de sable pour celles qui travaillent dans le bâtiment, les aspirateurs pour les femmes de ménages? Les femmes qui ont été opérées pour incontinence urinaire ou prolapsus urinaire, celles qui ont récidivé, peuvent obtenir des certificats médicaux afin de réorienter leur activité professionnelle.

 

  • L’obésité. L’obésité est aussi très bien corrélée à l’incontinence et notamment celle par urgenturies. Avant toute démarche chirurgicale, une réduction pondérale de 5% à 10% doit être encouragée chez les femmes en surpoids avec une efficacité démontrée sur le nombre d’épisodes de fuites urinaires.

 

  • La carence hormonale. A la ménopause, la chute du taux d’estrogènes favorise l’atrophie vaginale et l’altération des tissus notamment ceux impliqués dans les mécanismes de soutien de l’urètre et dans la continence ; la compétence du sphincter urétral et sa capacité à assurer un bon verrouillage à l’effort sont amoindries. La ménopause est une période critique au cours de laquelle certaines femmes porteuses d’un risque latent mais jusque-là à peu près équilibrées au plan urinaire, vont "décompenser" c’est-à-dire que la situation va se dégrader. Ce même schéma se retrouve aussi parfois au niveau de la continence anale qui peut aussi s’altérer. L’ajout d’estrogènes en local (ovules, anneau) peut être une solution pour corriger la carence hormonale et améliorer les troubles du bas appareil urinaire notamment l’incontinence.

 

  • Le vieillissement normal des tissus entre aussi en ligne de compte. Avec la carence hormonale, la sentence de l’avancée en âge est double.


 

Marion Garteiser, journaliste santé

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