Quelle médecine douce choisir : Les alternatives reconnues

Quelles sont les médecines douces reconnues par la science ?

5 min / 9 février 2022

Les médecines douces séduisent de plus en plus : acupuncture, ostéopathie, chiropraxie, hypnose… Mais quelles thérapies choisir pour quels maux et comment être certain que les médecines douces proposées soient réellement efficaces ? Dans certaines indications, des essais cliniques ont été menés pour prouver l’efficacité de certaines médecines alternatives. Petit panorama des médecines douces vers lesquelles s’orienter en toute confiance pour améliorer votre santé et votre bien-être de manière générale.

Médecine douce et médecine conventionnelle, quelles différences ? 

La médecine conventionnelle, fondée par les preuves 

Tous les traitements utilisés en médecine conventionnelle ou médecine traditionnelle font l’objet d’une évaluation scientifique avant de pouvoir être prescrits. La médecine officielle est aussi nommée allopathie, par opposition à l’homéopathie. L’évaluation des thérapies conventionnelles repose sur les résultats d’essais scientifiques et cliniques étudiant leur mode d’action, leur efficacité et leur non-dangerosité et/ou sur un consensus fort de la communauté professionnelle. Dans ce qu’on appelle les médecines dites douces, « non-conventionnelle », « alternatives », ou « naturelles », les traitements non-conventionnels ne font pas systématiquement l’objet d’une évaluation scientifique rigoureuse. Par ailleurs, les personnes autorisées à exercer la médecine ont obtenu un diplôme de niveau national, dans une faculté de médecine. Il existe aussi un diplôme national pour la pratique de l’acupuncture. 

Des essais cliniques à l’appui 

En médecine conventionnelle, les essais cliniques sont une étape obligatoire pour valider une thérapie, ce qui n’est pas toujours le cas pour les médecines alternatives. Les essais cliniques servent à prouver l’efficacité d’un traitement sur un petit nombre de patients avant d’élargir son utilisation au plus grand nombre. Un essai clinique ne peut démarrer que si sa méthodologie a été validée. L’essai clinique a pour objectif d’évaluer la sécurité et l’efficacité d’un traitement. Un essai clinique comprend 3 phases : 

  • phase I : le traitement est administré chez un petit groupe de personnes (sain ou malades) pour évaluer la toxicité du traitement. 
  • phase II : le traitement est administré chez un plus grand nombre de personnes (tous malades) pour évaluer la dose minimale efficace et la survenue de potentiels effets indésirables. 
  • phase III : pour évaluer l’intérêt thérapeutique du traitement, un grand nombre de malades est recruté et réparti en deux groupes. Un groupe recevra le traitement expérimental tandis que le second groupe recevra le traitement de référence ou un placebo. La meilleure méthodologie est l’essai clinique randomisé en double-aveugle : les patients sont répartis au hasard entre les deux groupes et ni le praticien, ni le patient ne sait quel traitement le patient va recevoir.  

Si les essais cliniques représentent la meilleure méthode d’évaluation des traitements en médecine conventionnelle, il est parfois compliqué de les utiliser pour évaluer les médecines alternatives ou médecines naturelles. En effet, comment un ostéopathe pourrait-il ignorer qu’il est en train de faire une manipulation placebo à son patient ?  

Bon à savoir : médecines douces ou conventionnelles, que choisir ?

Les médecines douces, contrairement à la médecine conventionnelle, ne sont pas toutes validées scientifiquement par des essais cliniques. Elles prennent en compte la santé du patient dans sa globalité, avec une approche bien souvent holistique et souvent préventive. En conclusion, elles peuvent être des approches alternatives ou complémentaires à la médecine conventionnelle, mais ne peuvent se substituer à un diagnostic ou à un traitement médical. 

Dans quels cas avoir recours à la médecine douce ? Liste des médecines douces reconnues par la science 

Même si toutes les médecines douces n’ont pas l’objet d’une évaluation scientifique, c’est le cas de certaines d’entre elles, dans certaines indications. 

L’acupuncture 

L’acupuncture est une pratique plurimillénaire, issue de la médecine traditionnelle chinoise. Son objectif est de rééquilibrer le Qi, l’énergie de vie. A l’aide de fines aiguilles, le thérapeute stimule certains points clés des « méridiens », chemins de circulation du Qi. Il existe 24 méridiens. De nombreux essais cliniques sont disponibles pour évaluer l’acupuncture. Des essais sont notamment disponibles dans le traitement des douleurs chroniques : mal aux lombaires (bas du dos), mal au cou (cervicalgie), migraine, mal aux articulations (arthrose)… Elle serait aussi bénéfique pour diminuer les nausées et vomissements après une chimiothérapie. L’acupuncture peut être efficace dans d’autres indications mais cela n’est pas prouvé. 

L’ostéopathie 

L’ostéopathie est une pratique beaucoup plus récente que l’acupuncture. Elle est née aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle. Un ostéopathe a pour objectif de rééquilibrer les rapports entre les différentes articulations du corps humain. Des essais cliniques sont disponibles suggérant une efficacité de l’ostéopathie dans le traitement des douleurs vertébrales, sans pour autant montrer de supériorité par rapport aux traitements conventionnels. Il est à noter que cette pratique est particulièrement difficile à évaluer. En effet, la qualité du soin dépend grandement de l’expérience du thérapeute.  

La chiropraxie

La chiropraxie est née à la même période que l’ostéopathie, aux Etats-Unis. Proche d’un ostéopathe, un chiropracteur recherche des dysfonctionnements de mobilité et des mauvais positionnements sur une ou plusieurs vertèbres. Après avoir détecté le défaut, il le répare grâce à des manipulations douces, précises et rapides. Des essais cliniques sont disponibles suggérant une efficacité de la chiropraxie dans le soulagement des douleurs aux lombaires (bas du dos) et des douleurs du cou (cervicalgies). Comme l’ostéopathie, le traitement reposant sur des manipulations, il demeure difficile à évaluer et à comparer à un médicament. 

L’hypnose 

Par la parole, le praticien induit le patient dans un état de conscience particulier, un état de déconnexion mental et physique. Des essais cliniques ont été menés et suggèrent une efficacité de l’hypnose dans la prise en charge de l’anesthésie lors d’une intervention chirurgicale et dans le traitement du stress post-traumatique. 

La méditation 

La méditation, méthode ancestrale depuis des millénaires en Asie, s’est développée dans les pays occidentaux au XXe siècle ! Elle vise la régulation des émotions. La méditation de pleine conscience en particulier vient de la tradition bouddhiste. De très nombreux essais sont disponibles dans l’évaluation de la méditation. Son efficacité semble quasi-certaine dans la prévention de la rechute dépressive, la gestion du stress et de la douleur. Dans les années 1970, le professeur Jon Kabat-Zinn créé aux Etats-Unis un programme de réduction du stress qui connaîtra d’ailleurs un immense succès, le MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction). Conçu initialement dans les hôpitaux pour réduire le stress notamment lié aux douleurs chroniques, aux traitements difficiles, le MBSR s’est répandu à travers le monde.