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Syndrome de l’intestin irritable, et pourquoi pas le régime FODMAPs ?

11 décembre 2019

 

Les FODMAPs sont des sucres présents partout dans notre alimentation et qui fermentent dans l’intestin. Le régime pauvre en ces sucres « fermentescibles » FODMAPs est désormais très connu du grand public au point que sa popularité dépasse celle du régime sans gluten (1). Il peut soulager les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

 

Le régime pauvre en FODMAPs, prescrit par les gastro-entérologues

Le régime pauvre en FODMAPs, acronyme anglais de "Fermentable Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides And Polyols", n’est pas un nième régime « minceur », « bien-être » ou « détoxifiant ». Il s’agit d’une adaptation de l’alimentation quotidienne destinée aux personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable. Il est prescrit par un médecin, en particulier l’hépato-gastroentérologue, et supervisé par un diététicien.

Sa notoriété a progressivement monté depuis une dizaine d’années et le grand public s’en empare.

 

Un intérêt dans le syndrome de l’intestin irritable

Le syndrome de l’intestin irritable est une pathologie dite « fonctionnelle ». Cela signifie que l’on ne retrouve pas d’anomalie biologique ou organique avec les examens de routine (imagerie, biologie) pour expliquer les symptômes. En revanche, des tests plus spécifiques mais uniquement réalisés à l’occasion des expérimentions scientifiques ont mis en évidence une perturbation de la composition du microbiote intestinal, une micro-inflammation, une altération de la perméabilité de l’intestin, et même des troubles de la sensibilité au niveau de l’intestin chez 60 % des malades. Les chercheurs ont également repéré des anomalies des mécanismes de contrôle de la douleur viscérale au niveau du système nerveux central.

A noter, un syndrome de l’intestin irritable fait suite à une infection intestinale dans 15 à 20 % des cas.

Ce syndrome est caractérisé par la douleur (spasmes, torsions, parfois brûlures) associée à des ballonnements et des troubles du transit. Si l’ensemble de ces symptômes n’engagent en rien le pronostic du patient, ils peuvent impacter de manière forte la qualité de vie, que ce soit l’alimentation, le sommeil, l’image de soi, la vie en société, professionnelle et sexuelle.

C’est pourquoi, en plus des médicaments (antispasmodiques et régulateurs du transit) et d’un recadrage des mesures d’hygiène de vie dont l’activité physique, limiter les FODMAPs est un régime qui peut être tenté.


Précision importante : il existe souvent une confusion entre intolérance au gluten et syndrome de l’intestin irritable. Celle-ci vient du fait que lorsque les patients ayant ce syndrome suivent un régime sans gluten, leurs symptômes s’en trouvent améliorés. En réalité, ils excluent par la même occasion les sucres fermentescibles FODMAPs, susceptibles d’entraîner une production de gaz responsable de douleurs intestinales, de flatulences ou de ballonnements. Ces glucides (ou hydrates de carbone) sont peu absorbés au niveau de l’intestin où ils vont donc fermenter sous l’action des bactéries.

 

En quoi consiste le régime pauvre en FODMAPs ?

« Le régime pauvre en FODMAPs consiste à réduire la quantité globale d’aliments riches en FODMAPs sans les exclure totalement, en se fondant sur les habitudes alimentaires de la personne et sur sa tolérance (réduction de la fréquence et/ou de la quantité) », précise Anne-Sophie Dimier, diététicienne (CHU de Bordeaux). Ce régime est encadré par un nutritionniste pour limiter le risque de carences nutritionnelles.


Quelques exemples :


-Produits céréaliers :

Les types de sucres à éviter sont les oligosaccharides (fructo et galacto-oligosaccharides).
Aliments à limiter : le blé et ses dérivés, l’orge, le seigle ainsi que tous les pains avec du sucre ajouté (fructose ou sorbitol).

-Légumes verts

Les types de sucres à éviter sont les oligosaccharides.
Aliments à limiter : oignon, échalote, ail, champignon, chou-fleur, chou de Bruxelles, brocoli, topinambour, artichaut, poireau, asperge, betterave, avocat, aubergine et les légumes secs.

-Lait et produits laitiers

Le type de sucre mis en cause et à limiter est le lactose qui est un disaccharide.
Aliments à limiter : le lait, ses dérivés et les laitages. On peut les remplacer par du lait sans lactose ou pauvre en lactose.

-Fruits

Les types de sucres à éviter sont les monosaccharides (fructose) et les polyols.
Aliments à limiter : pomme, poire, abricot, cerise, nectarine, pêche, prune, mûre, pastèque, litchi, mangue, datte, figue, goyave, kaki, pruneau et les fruits oléagineux (pistaches et noix de cajou).

-Diverses préparations industrielles et produits contenant des polyols

Les types de sucre à éviter sont les polyols (sorbitol, mannitol, maltitol et xylitol), comme dans les chewing-gums sans sucre.

Ces sucres sont de plus en plus utilisés par l’industrie agro-alimentaire.

Le régime pauvre en FODMAPs : une efficacité possible mais imprévisible

Globalement, le régime pauvre en FODMAPs semble pouvoir améliorer les symptômes du syndrome de l’intestin irritable chez au moins la moitié des patients, quel que soit le type de trouble du transit, avec un effet surtout sur les douleurs abdominales, les ballonnements et les flatulences.

Il peut être testé pour les personnes dont les symptômes sont sévères et qui sont en échec des traitements classiques. « Mais l’engouement d’il y a quelques années est un peu retombé et l’on ne peut plus affirmer qu’il soulage 70 % des malades, comme dans une étude pionnière australienne parue en 2014 (2), reconnaît le Dr Pauline Jouët, gastro-entérologue, service d’hépato-gastro-entérologie à l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt). Globalement, bien que réunissant des études contradictoires, les méta-analyses publiées en 2017 et 2018 sont en faveur d’une certaine efficacité, difficile à chiffrer (3-4-5). » Par ailleurs, il n’existe toujours pas de définition consensuelle d’un régime pauvre en FODMAPs et celle-ci varie entre les pays.

 


Hélène Joubert, journaliste, avec le Dr Pauline Jouët, gastro-entérologue, service d’hépato-gastro-entérologie à l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt) et Anne-Sophie Dimier, nutritionniste (Bordeaux).


Références :

(1) The Hartman Group. Health + Wellness 2017 Report. https ://www.hartm an-group .com/acume nPdfs /glute n-free-9_13_18.pdf. Updated September 13, 2018. Accessed March 2, 2019.
(2) Gastroenterology 2014 ; 146 : 67-75.e5
(3) Gastroenterology 2015;149:1399–1407
(4) Nutrition (2017), doi: 10.1016/j.nut.2017.07.004
(5) Nutrients 2017, 9, 940; doi:10.3390/nu9090940


Pour en savoir plus :

Association des patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable (APSSII) http://www.apssii.org/

 

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