Arthrose. Le bon traitement, c’est le mouvement !

10 juin 2020

L’arthrose est une maladie articulaire conduisant à la destruction progressive du cartilage par usure pouvant toucher toutes les articulations. 10 millions de Français en souffrent, dont 65 % des personnes âgées de plus de 65 ans. L’activité physique est une thérapeutique reconnue en cas d’arthrose. C’est aussi probablement un outil préventif, qui permet de limiter la prise de poids, d’entretenir la force musculaire et, éventuellement de freiner l’inflammation locale. Ainsi, une pratique d’exercices physiques devrait être conseillée, avec un programme précis et une intensité appropriée à chacun.

Comprendre l'arthrose

L'arthrose, la maladie articulaire la plus répandue, se caractérise par une destruction du cartilage qui s’étend ensuite à toutes les structures de l'articulation, notamment à l’os et au tissu synovial. L’arthrose n’est pas une maladie inflammatoire articulaire, ce n’est pas une arthrite. Le cartilage tapisse les extrémités osseuses d’une articulation, leur permettant de glisser l’une sur l’autre. Devenant plus mince, fissuré, il finit par disparaître, générant des douleurs et une restriction de mobilité.

Toutes les articulations sont concernées. 70 à 75 % des personnes ont une arthrose de la colonne vertébrale, mais celle-ci reste le plus souvent silencieuse. L’arthrose des doigts se traduit par des déformations irréversibles. Les arthroses du genou et de la hanche concernent respectivement 30 % et 10 % des personnes de 65 à 75 ans. Ce sont là les plus invalidantes.

A ce jour, les traitements sont encore exclusivement symptomatiques (antalgiques, infiltrations de corticoïdes…). L’injection d'acide hyaluronique, encore appelée viscosupplémentation, est utilisée mais n’est pas recommandée... Cela peut aller jusqu’au remplacement de l’articulation malade par une prothèse.

Des cibles thérapeutiques ont été identifiées, et des thérapeutiques très diverses sont à l’étude : des molécules anti-inflammatoires, des facteurs de croissance pour stimuler la production de cartilage, des essais de thérapie cellulaire (cellules souches adipocytaires, etc.) et même la fabrication d’un cartilage semi-artificiel à partir de chondrocytes (cellules du cartilage) autologues (du patient lui-même) associés à un biomatériau…

Arthrose du genou, bougez !

Responsable d’au moins la moitié des douleurs chroniques du genou après 40 ans (gonarthrose), l’arthrose fait progressivement cesser toute activité physique. A tort ! En effet, la sédentarité aggrave l’arthrose. Il est indispensable de maintenir l’articulation en mouvement pour limiter l’évolution de l’arthrose. Pour être en bonne santé, le cartilage a besoin d’une certaine dose de sollicitation. Grâce au mouvement, la mobilité est entretenue, les muscles entourant l’articulation sont renforcés, le cartilage est mieux nourri. Il est conseillé au patient ayant une arthrose avérée de poursuivre une activité physique à faibles impacts et risques traumatiques mesurés, tant qu’elle n’est pas source de douleurs.

Mais attention, en fonction du type d’arthrose - arthrose fémoro-tibiale ou fémoro-patellaire - les mouvements à réaliser ou à éviter diffèrent. L’arthrose fémoro-tibiale se caractérise par une opposition entre le fémur et le tibia, d’où une majoration des douleurs par les exercices où le poids du corps vient peser sur les genoux. Les activités qui se pratiquent en position debout sont alors à éviter. La marche régulière et prolongée permet d’entretenir l’appareil musculo-ligamenteux. En revanche, l’arthrose fémoro-patellaire concerne l’articulation entre la rotule et le fémur, ce qui signifie que les douleurs augmentent lorsque la rotule est mise en contrainte. Exit les mouvement de rotation répétés (cyclisme, sports de balle), et bienvenue à la natation et à la marche.

Bien souvent, des conseils adaptés, délivrés par un médecin traitant, un kinésithérapeute, un rhumatologue ou un médecin du sport, permettent de pratiquer une activité physique qui entretiendra l’articulation sans générer de douleurs. Le professionnel guidera le patient dans son choix d’activités sportives, en fonction d’éventuelles lésions préexistantes, de son âge, et de ses préférences. De plus, si une activité plaît particulièrement, des adaptations techniques par un kinésithérapeute permettront probablement de l’exercer tout en limitant la douleur. Une rééducation par ce professionnel permettra de travailler sur une perte de force musculaire, des raideurs et des troubles de l’équilibre.

En résumé, la pratique d’une activité physique à impacts faibles ou modérés, avec en particulier peu de contraintes en torsion, devrait être recommandée pour tout un chacun, y compris les patients présentant une arthrose avérée*. La course à pied, souvent source de multiples questionnements, peut être conseillée à dose très modérée, mais en règle générale il faut préférer la marche rapide (marche nordique).

Hélène Joubert, journaliste

Pour en savoir plus :

Le site de l’Inserm : https://www.inserm.fr
*Activités physiques – sport et arthrose Rev Med Suisse 2012; volume 8. 564-570