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Cannabis, ecstasy ou nouvelles drogues de synthèse... un retour en force ?

Cannabis, ecstasy ou nouvelles drogues de synthèse... un retour en force ?

Le cannabis et les substances stimulantes, comme l'ecstasy et la cocaïne, séduisent de plus en plus. La consommation encore confidentielle des nouvelles drogues de synthèse -près de 400 déjà identifiées dans l'Union européenne- semble se développer. Un éclairage sur ces nouvelles tendances, et autant de réels dangers pour la santé, à l'occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l'overdose, le 31 août 2015.

Le cannabis, la drogue en tête des substances illicites en France

Le cannabis est, de loin, la drogue illicite la plus disponible et consommée, expérimentée par 42 % des 18-64 ans (1). Son usage est en nette augmentation entre 2010 et 2014 chez les adolescents mais aussi les adultes ! 11% des 18-64 ans en ont consommé au moins une fois dans l'année contre 4 % en 1992.

 François Beck, directeur de l'Observatoire Français des drogues et des toxicomanies (OFDT): « C'est en partie lié à une évolution du marché, avec un net accroissement de l'offre, et notamment de la pratique d'auto-culture d'herbe. D'une manière générale, les jeunes considèrent que le cannabis est très accessible ».

Dans toute l'Europe c'est un véritable plébiscite pour le cannabis : les Européens en consomment jusqu'à cinq fois plus que les autres drogues et ce sont les Français les plus curieux, révélait le dernier rapport de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies sorti en juin 2015 (2): ils sont 23,1 % en Allemagne a avoir testé la marijuana, 19,9 % en Grande-Bretagne et 8,9 % en Grèce. 

Ecstasy, la consommation de cette drogue repart à la hausse

La drogue MDMA/ecstasy (le principe actif de l'ecstasy est la MDMA, pour méthylènedioxyméthamphétamine) n'est pas en reste. Entre 2010 et 2014 (1), la proportion de consommateurs récents (au cours de l'année) d'ecstasy et de MDMA est passée de 0,3% à 0,9% des 18-64 ans.

En 2014, 3,8% des jeunes de 17 ans disaient avoir déjà expérimenté la MDMA ou l'ecstasy. C'est deux fois plus qu'en 2011, en à peine trois ans.

François Beck: « Ce chiffre est équivalent à celui de 2002 quand les comprimés d'ecstasy étaient très recherchés, en particulier dans les espaces festifs. La reprise de la consommation à laquelle on assiste aujourd'hui fait suite à une pénurie observée au plan européen à la fin des années 2000, due à des saisies massives de précurseurs. Les arnaques s'étaient multipliées, entraînant une méfiance et un désintérêt de la part des usagers ».

Puis, au début des années 2010, les fabricants ont exploré d'autres voies de synthèse, relançant ainsi la production de MDMA. « Les comprimés en circulation sont aujourd'hui plus gros et de ce fait plus dosés car le pourcentage de pureté varie assez peu, ajoute-t-il. Leur design est aussi beaucoup plus travaillé, avec des visuels attractifs, souvent en 3D ». C'est pourquoi les usagers les plus jeunes considèrent souvent cette substance comme une nouvelle drogue.

176 nouvelles drogues de synthèse en France depuis 2008 !

L'autre tendance récente importante est l'apparition des nouveaux produits de synthèse (NPS). Ces drogues de synthèse désignent des substances psychoactives qui imitent les structures chimiques et/ou les effets de produits stupéfiants illicites (ecstasy, amphétamine, cocaïne ou cannabis)*. La plupart est vendue sur Internet. Elles ne sont généralement pas interdites à la consommation au moment où elles apparaissent, puisqu'il faut d'abord qu'elles soient identifiées afin d'être classées comme stupéfiants.

Entre 2008 et 2015, 176 nouvelles drogues ayant circulé au moins une fois en France ont été recensées**, et 382 l'ont été dans l'Union européenne**. Les substances les plus souvent identifiées pour la première fois en France en 2014 et début 2015 sont des cannabinoïdes de synthèse et des cathinones (principe psychoactif du khat, une plante cultivée au Yémen et en Afrique de l'Est).

François Beck: « La consommation de ces nouvelles drogues reste rare mais semble se développer ces dernières années;  en 2014, 1,7 % des Français déclaraient avoir déjà pris un cannabinoïde de synthèse au cours de leur vie, soit un niveau équivalent à celui des expérimentateurs de LSD ou d'héroïne ».

Nouvelles drogues, nouvelles "modes" de consommation

Quels sont les consommateurs de ces nouveaux produits de synthèse (NPS) ? Certains sont des "psychonautes", des usagers souvent expérimentés, en quête de sensations, rédigeant volontiers des "trip reports" dans lesquels ils décrivent quantités consommées et effets.

François Beck: « Il existe en parallèle dans le milieu festif et alternatif des "free parties", un groupe plus large d'amateurs de produits de synthèse qui recherchent les mêmes effets que ceux des drogues classiques sans maîtriser toutes les subtilités dans le dosage des molécules. Par ailleurs, une frange de la communauté gay, en quête de sensations fortes et d'augmentation de l'endurance sexuelle, se livre à la pratique du "slam" qui consiste à s'injecter des cathinones ».

Enfin, outre les anciens consommateurs d'opiacés des années 1980 qui cherchent avec les NPS à varier les effets de façon récréative, il existe un autre groupe d'usagers ayant pris des stimulants dans leur jeunesse.

François Beck: « Les NPS, perçues comme des substances plus "pures" et contenant moins de produits de coupe leur offrent alors une "occasion" de retenter la consommation de produits sans avoir à sortir de chez eux et affronter les risques inhérents au contact avec le marché illicite traditionnel. Néanmoins, les effets de ces drogues peuvent être inattendus et parfois plus puissants que ce qu'imaginait le consommateur au départ ».

Drogues : les décès par overdose d'héroïne en baisse

Les données issues des certificats de décès renseignent mal les substances en cause dans les surdoses (overdoses) ***.

Anne-Claire Brisacier, chargée d'études à l'OFDT et co-auteur du « Tendances n°94 » paru en octobre 2014 (3) sur les traitements de substitution aux opiacés (TSO): "Néanmoins, en 2011 et 2012, la proportion de décès par surdose imputée à l'héroïne est respectivement de 18 % et 15 %, en nette baisse par rapport aux 32 % et 40 % de la période 2006-2010 ».

Une explication est fournie par le dispositif TREND**** : l'héroïne, très disponible en France, a vu son taux de pureté diminuer en 2011, après une période où la circulation d'échantillons très dosés avait été incriminée dans l'augmentation du nombre de surdoses mortelles.

Anne-Claire Brisacier: « La baisse des surdoses observée en 2011 serait en lien avec une baisse des décès impliquant l'héroïne ».

Par ailleurs, pour le cannabis, la cocaïne et l'ecstasy, les produits qui circulent en Europe ont (entre 2006 et 2013) des teneures de plus en plus élevées et sont de plus en plus pures, lit-on dans le rapport de l'Observatoire européen (2). Les usagers non avertis, s'exposent alors à un risque accru d'overdose. Quoi qu'il en soit, il ne faut jamais perdre de vue que l'usage de drogues, quelles qu'elles soient, fait courir de graves dangers de santé, pouvant aller du simple trouble (angoisses, délires, troubles du ryhtme cardiaque etc.) au décès.

* Des termes anglo-saxons tels que "designer drugs", "research chemicals" et "legal highs" font allusion au caractère d'imitation de ces produits, à leur nature synthétique ou à leur statut légal; ** via le Système d'identification des toxiques et des substances de l'OFDT en France et signalées pour l'Union-Européenne à l'Early Warning System de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA); *** issues de l'enquête DRAMES (Décès en Relation avec l'Abus de Médicaments Et de Substances) de l'ANSM et basée sur des résultats d'analyses toxicologiques; **** Le dispositif TREND identifie dans les délais les plus brefs les phénomènes émergents liés aux drogues illicites en France.
Source :

Hélène Joubert

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