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Maladie de Parkinson - Les 5 signes qui doivent alerter

4 min / 15 mars 2022

Familière et finalement peu connue, la maladie de Parkinson est difficile à diagnostiquer, surtout quand on sait que les signes cliniques peuvent se manifester tardivement. En attendant les avancées de la recherche sur un test sanguin, revue des principaux signaux d’alerte.

1.    Un tremblement au repos 

Dans l’esprit du grand public, c’est LE symptôme caractéristique de la maladie de Parkinson. En réalité, le tremblement concerne moins de deux tiers des 150 000 à 200 000 malades en France. Surtout, il ne suffit pas à poser le diagnostic de la maladie s’il n’est pas accompagné, au minimum, d’un des deux symptômes suivants : une lenteur des mouvements et une raideur musculaire. Tous ces symptômes ont la même cause : la destruction progressive, pour des raisons encore mal élucidées, de certains neurones du cerveau chargés de produire la dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans le contrôle moteur, mais aussi dans l’humeur, l’attention, la motivation ou encore le sommeil. Dans la maladie de Parkinson, le tremblement intervient uniquement lorsque les muscles sont relâchés : il cesse avec le mouvement. Et ne concerne généralement qu’un membre, comme la main, le poignet ou même un doigt.

2.    Une lenteur des mouvements 

C’est le symptôme le plus fréquent de la maladie. En raison du manque de dopamine, les mouvements jusqu’ici automatiques ne le sont plus : il faut se concentrer pour les réaliser, ce qui explique leur lenteur. Les médecins appellent cela « l’akinésie ». Les mouvements les plus concernés par cette lenteur sont ceux qui requièrent de la précision ou qui sont semi-automatiques, comme la marche ou l’écriture. Deux symptômes sont particulièrement typiques et peuvent constituer des signes avant-coureurs de la maladie : une écriture qui devient de plus en plus petite au fur et à mesure que l’on écrit (micrographie), ainsi qu’un bras qui, au lieu de se balancer naturellement à la marche d’avant en arrière, reste immobile.

 

3.    Une raideur musculaire 

Elle peut entraîner des douleurs et des crampes, et contribue à la difficulté des mouvements. Si tous les muscles peuvent être concernés, cette raideur s’observe essentiellement au niveau des articulations de la nuque et des membres, en particulier des mains et des pieds, ainsi que le long de la colonne vertébrale, entraînant à terme une position voûtée chez certains patients.

 

4.    Des cauchemars agités autour de thématiques d’agression ou de dispute 

Ils se traduisent par des coups de pied ou des coups de poing dans le lit, des cris, des insultes, comme si la personne vivait réellement ses rêves. Ce trouble, baptisé « trouble du comportement en sommeil paradoxal » (TSCP), est lié à l’altération du mécanisme cérébral qui, tel un verrou, inhibe normalement les mouvements durant cette phase du sommeil.
Si le TCSP affecte couramment les patients parkinsoniens, il semble aussi être un marqueur pré-symptomatique de la maladie de Parkinson. Jusqu’à 80 % des personnes qui en souffrent pourraient développer la maladie dans les années qui suivent. 

 

5.    Des troubles de l’humeur 

Tristesse, perte d’intérêt, d’initiative, indifférence… sont des troubles qui touchent un grand nombre de personnes et qui, de ce fait, n’ont aucune valeur prédictive pris isolément. En revanche, s’ils s’additionnent à d’autres signes, tels qu’une perte d’odorat, de la constipation, de la fatigue et une lenteur du pas, ils peuvent représenter des signes très précoces de la maladie de Parkinson.

 

AVEC LE CONCOURS DU PR CHRISTINE BREFEL-COURBON
Neurologue et pharmacologue au CHU de Toulouse, et vice-présidente du Comité scientifique de l’association France Parkinson

POUR EN SAVOIR PLUS
Association France Parkinson :
franceparkinson.fr

Écrit par Doctopress.