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Scoliose et cartable, mythe ou réalité ?

Scoliose et cartable, mythe ou réalité ?

Les cartables trop chargés de nos écoliers ont une mauvaise réputation, totalement injustifiée, vis-à-vis de la scoliose. Néanmoins, un tel poids est aberrant sur une colonne vertébrale en pleine croissance mais aussi parce que de nombreux enfants souffrent sans le savoir de la maladie de Scheuermann, qui comporte parfois une scoliose. Légère ou sévère, dans tous les cas elle peut être aggravée par le port de lourdes charges.

Cartable et scoliose, un mythe qui a la vie dure

Scoliose, la faute au cartable ? Absolument pas. Cette déviation définitive et structurée de la colonne vertébrale se fait dans les trois plans de l'espace en particulier avec la rotation des vertèbres. La (ou les) gibbosité (déformation du thorax) est visible très facilement en faisant pencher l'enfant en avant. Elle ne doit pas être confondue avec l'« attitude scoliotique » des enfants qui se tiennent mal ; cette mauvaise posture n'est due en réalité à aucune déformation structurée de leur colonne vertébrale et disparaît en position couchée.

 Dr Catherine Marty, rhumatologue (Hôpital Raymond Poincaré, Garches) : « Les études sont formelles : le port du cartable ou d'une charge lourde en général ou même la mauvaise posture des enfants à leur pupitre ou dans la vie quotidienne n'est pas responsable de scoliose, ni n'aggrave une scoliose déjà existante ! En revanche, ils peuvent ressentir des douleurs musculaires entre les omoplates et/ou à la jonction entre le dos et les cervicales en raison des contraintes exercées par les sangles du cartable qui sont souvent non adaptées à un poids lourd. S'ils n'ont pas le choix, il vaut mieux qu'ils prennent un sac à dos de randonnée avec une sangle au niveau de la taille. Un cartable à roulettes n'est pas l'idéal car il impose au dos une traction asymétrique. »

80% des scolioses - idiopathiques (dont on ne connait pas la cause) - sont d'origine génétique. Environ 3% des enfants et adolescents (dont environ 80% de filles) en souffrent. La scoliose est présente dès le tout jeune âge et peut s'aggraver à la puberté. Le port du cartable n'est pas la cause de la scoliose mais comme pour tout enfant, l'augmentation persistante de charges sur des vertèbres et disques en croissance peut entraîner des lésions. De multiples travaux de recherche sur des mécanismes neuro-hormonaux avec une susceptibilité génétique sous-jacente n'ont rien donné. Une étude récente a individualisé un gène impliqué (POC 5) (1). D'autres types de scolioses sont secondaires (malformations congénitales, tumeurs du rachis, cause infectieuse ou neurologique comme un spina bifida etc.). La scoliose idiopathique de l'enfant ou adolescent est en général non douloureuse. En cas de douleurs persistantes, il faut rechercher une scoliose secondaire.

Le cartable, proscrit en cas de maladie de Scheuermann

En revanche, le port de cartable et de toute charge lourde est absolument interdit dans la maladie de Scheuermann, responsable de cyphoses (la bosse du dos) avec souvent une petite scoliose "secondaire" associée. Méconnu, ce trouble de croissance des vertèbres pendant l'enfance est pourtant assez fréquent, retrouvé chez 60 % des enfants dans sa forme minime, chez 7% dans sa forme thoracique classique (chiffres inconnus pour les formes lombaires et thoraco-lombaire, les plus problématiques). C'est une maladie du complexe disque-vertèbre dont la cause n'est pas connue. La maladie de Scheuermann a une composante génétique mais aussi mécanique. C'est pourquoi la déformation vertébrale peut être favorisée et même aggravée par le port de charges lourdes dans l'enfance, à l'adolescence et jusqu'à l'âge adulte. Le surpoids/obésité et les efforts trop fréquents comme le sport de haut niveau peuvent favoriser la maladie.

Dr Marty : « A l'école, tous les enfants atteints de la maladie de Scheuermann même légère doivent obtenir de leur médecin traitant ou du rhumatologue un certificat médical systématique pour avoir le double des livres à l'école et à la maison, des casiers sur place et être dispensés de sports comme l'acrosport (gymnastique acrobatique) ».

La maladie de Scheuermann, comment la repérer ?

5 éléments de gravité variable font suspecter une maladie de Scheuermann :

  • Une cyphose (dos rond) avec parfois une véritable bosse (gibbosité) qui peut être soit l'exagération de la courbure thoracique (la partie haute de la colonne vertébrale), soit l'effacement ou la diminution de la cambrure lombaire.
  • Une scoliose plus ou moins prononcée.
  • Parfois une raideur dorsale.
  • Une douleur après une séance de gymnastique, une longue position assise, un sport trop intensif ou mal adapté ou après le port d'une charge lourde.
  • Des douleurs lombaires du fait de lésions entre disques-vertèbres. Scheuermann est la principale cause de douleurs lombaires de l'enfant et l'adolescent.


Devant de tels symptômes, il faut consulter le médecin qui prescrira une radiographie du rachis. Ces enfants peuvent évoluer vers des rachis dégénératifs dès l'âge adulte jeune ; ce sont les lésions d'arthrose avec le pincement des disques lié à la dégénérescence des disques. Ils peuvent avoir parfois des hernies discales, une perte progressive de la cambrure (lordose) lombaire et des troubles de la statique (posture).

Dr Marty : « Le traitement de la maladie de Scheuermann chez l'enfant consiste en des corsets et de la kinésithérapie, avec à la fois un travail de correction de la posture assise et debout, un travail des muscles extenseurs du dos et l'assouplissement de la cyphose et des membres inférieurs (ischio-jambiers), la suppression des sports à risque (sports violents, avec port de charges, sauts) et du port de charge pour limiter le poids sur le rachis. Si le diagnostic et le traitement sont faits tôt sur une courbure encore souple, la cyphose peut être corrigée. La chirurgie est indiquée en cas de cyphose haute thoracique sévère (angle d'environ 80°), très peu esthétique et douloureuse, en fin d'adolescence ou chez l'adulte jeune. La chirurgie dans les formes lombaires se fait souvent à l'âge adulte devant des lésions arthrosiques, des douleurs et des troubles de la statique avec aggravation de la cyphose. »
Source :

Hélène Joubert journaliste scientifique

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