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Tablettes, smartphone…protégeons notre rétine de la lumière bleue

18 Juillet 2019

Un raz-de-marée technologique s’est emparé de toute la population. Tablettes, écrans d’ordinateurs, Smartphones… ont tous un point commun : ils utilisent la lumière bleue. Or, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) voit rouge. Elle vient de confirmer la nocivité de la lumière bleue des LED pour la rétine avec une baisse de la vue et une dégénérescence maculaire pour des expositions fortes et sur le long terme ainsi qu’une perturbation des rythmes biologiques et du sommeil. Qu’en déduire en pratique ?

Une lumière bleue…

La lumière bleue a envahi notre vie. La première LED (diode électroluminescente) bleue a été inventée en 1992. Auparavant, il n’existait que des LED de couleur rouge, jaune ou verte. Les éclairages LED qu’ils contiennent sont riches en ondes courtes, la lumière bleue. Ils ont désormais remplacé les ampoules à incandescence, trop gourmandes en énergie.
Les effets sanitaires liés à l’exposition aux systèmes d’éclairage utilisant des LED apparaissent peu à peu, ce qui a obligé l’ANSES a revoir en avril 2019* son expertise datant de 2010 à la lumière de 600 nouvelles publications scientifiques sur le sujet. Ce précédent rapport avait déjà conduit à réserver au grand public les lampes à LED de risque de niveau 0 ou 1 (conformément à la norme de sécurité photobiologique NF-EN-62471).

Toxicité rétinienne…

Les études récentes vont dans le sens de risques potentiels des LED bleues pour la vue : l'exposition chronique à cette lumière favoriserait la baisse de la vue (l'acuité visuelle) et semblerait augmenter le risque de survenue de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) à long terme. Selon l’Anses, « les nouvelles données scientifiques […] permettent d’identifier des effets phototoxiques à court terme liés à une exposition aiguë à une lumière riche en bleu, et des effets à long terme liés à une exposition chronique pendant plusieurs années, qui peuvent augmenter les risques de survenue d’une DMLA ». Les études suggérant que l’exposition à la lumière bleue fait partie des nombreux facteurs de risque de la DMLA ont été réalisées sur des populations exposées à une lumière solaire de très forte intensité (guides de haute montagne, marins, etc. ). Cependant, à ce jour, aucune étude n’a encore établi formellement de lien entre exposition chronique aux LED bleues et DMLA. Les indices incitent néanmoins à la prudence. Le danger viendrait plutôt de certains objets utilisés au quotidien comme les lampes, phares de voiture, jouets ou objets de décoration dont l’intensité lumineuse, parfois très importante, peut provoquer un éblouissement. Ce qui n’est pas le cas des écrans de téléphone et d’ordinateur. En comparaison, leur intensité lumineuse est faible. Dans l’attente de plus amples études sur l’exposition chronique, Francine Behar-Cohen, directrice de l'équipe INSERM "Physiopathologie des maladies oculaires : innovations thérapeutiques" (Hôtel-Dieu, Paris) et présidente du groupe de travail de l’Anses, lors de l’exposition du rapport Anses 2019 à la presse, se veut rassurante : selon les données encore très parcellaire, « la toxicité pour la rétine est, dans ce cas, exclue : les écrans ne rendent pas aveugle et ne peuvent pas provoquer la DMLA. La question des réactions tissulaires à de faibles doses cumulées sur le long terme n’est pas tranchée. »

Des chercheurs de l'université de Toledo (États-Unis) viennent en parallèle de mettre au jour les mécanismes qui, sous l'action de la lumière bleue, transforment des cellules indispensables à la vue en authentiques cellules tueuses. La lumière bleue semble agir comme le déclencheur d’une réaction chimique toxique qui transforme le rétinal (molécule clé pour les cellules photoréceptrices) en un tueur de photorécepteurs. Or, avec l'âge notamment, une molécule présente dans l’œil humain, l’alpha-tocophérol (un dérivé de la vitamine E), perd sa capacité à lutter contre les attaques de la lumière bleue.

…et perturbation des rythmes biologiques

Mais le danger existe aussi à très faible exposition dans la mesure où le rayonnement bleu perturbe les rythmes biologiques et le sommeil, notamment via les écrans d'ordinateur et de Smartphones. Enfants et adolescents y sont particulièrement sensibles. Le soir, l’exposition à la lumière bleue des écrans nuit à leur sommeil. En effet, la lumière joue un rôle dans le contrôle de nos rythmes biologiques : la production de la mélatonine, souvent appelée « l'hormone du sommeil », dépend du rythme jour/nuit. Les LED bleue repousseraient la période de production de la mélatonine et perturberait notre rythme circadien, avec des conséquences sur le sommeil. « Leur longueur d’onde se trouve dans le bleu, c’est-à-dire vers 460-480 nanomètres, précise le Pr Yvan Touitou, membre de l’Académie nationale de médecine Unité de Chronobiologie (Fondation A. de Rothschild, Paris). Or, cette raie bleue est celle qui interfère de façon prédominante avec notre horloge interne. En avançant ou en retardant la phase du système circadien selon l’heure d’exposition, l’horloge interne de la personne est désynchronisée ».

De plus, les variations d'intensité lumineuse de nombreuses sources LED sont susceptibles d'induire des phénomènes visuels comme le clignotement (« flicker ») qui peut favoriser des maux de tête et de la fatigue visuelle, voire des accidents. Les enfants, les adolescents et certains professionnels pourraient être particulièrement sensibles à ces problèmes visuels. Enfin, selon Gérard Lasfargues, directeur général adjoint scientifique de l’Anses, parmi les effets potentiels à long terme, figurerait l’augmentation de risques de certaines maladies chroniques, de maladies métaboliques comme le diabète ou l’obésité, ou encore des maladies cardiovasculaires comme l’infarctus. Les recherches n’en sont qu’à leur balbutiement.

Que faire en pratique ?

Face à ces problématiques, l'Anses recommande de privilégier des éclairages domestiques de type « blanc chaud » (température de couleur inférieure à 3 000 K) et de baisser l’intensité lumineuse de son écran. Les éclairages à LED de type « blanc chaud » ne se distinguent pas des éclairages traditionnels et présentent pour leur part un faible risque de phototoxicité. En revanche, d’autres types d’éclairage à LED tels que des lampes torches, des phares automobiles, des décorations ou des jouets, peuvent émettre des lumières particulièrement riches en bleu et appartenir au groupe de risque 2, mais ils ne sont pas couverts par la réglementation actuelle. L’ANSES recommande également de limiter l'usage des ordinateurs et téléphones le soir même à petites doses, a fortiori chez les jeunes, enfants et adolescents. En effet, leur cristallin de l'œil est plus clair et ne joue pas encore pleinement son rôle de filtre.

D’autre part, concernant les moyens de protection disponibles pour le grand public tels que les verres traités (seuls 7 à 12 % de lumière filtrée), les lunettes de protection ou les écrans spécifiques (« les modèles d’écran revendiquant une limitation de la lumière bleue ne sont pas différents de ceux sans revendication particulière »), l’Agence souligne que leur efficacité contre les effets sur la rétine de la lumière bleue est très variable. Par ailleurs, leur effet sur la préservation des rythmes circadiens n’est pas prouvé à ce jour.

 


* Avis de l’Anses Rapports d’expertise collective 2019.
https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2014SA0253Ra.pdf
Et https://www.anses.fr/fr/system/files/PRES2019DPA01.pdf

Pour en savoir plus :
-Le temps d’écran et les jeunes enfants : promouvoir la santé et le développement dans un monde numérique : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5804966/
-Enfants et écrans : quelques conseils pratiques pour les parents https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A12105

Hélène Joubert, journaliste, d’après la conférence de présentation du rapport Anses « Effets sur la santé humaine et sur l’environnement (faune et flore) des diodes électroluminescentes » (LED) (2019, Paris) et un entretien avec le Pr Yvan Touitou, membre de l’Académie nationale de médecine Unité de Chronobiologie (Fondation A. de Rothschild, Paris).

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