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Tout savoir sur l’infarctus digestif

7 novembre 2019

 

Comme l’accident vasculaire cérébral ou la crise cardiaque, l’infarctus digestif est une urgence vitale. Méconnu, il toucherait pourtant 10 000 personnes chaque année en France.

« Ischémie mésentérique aigüe », le nom médical de l’infarctus digestif


Cet accident vasculaire de l’intestin est dû à une obstruction partielle ou totale par un caillot sanguin des vaisseaux (des artères mais aussi des veines dans 20% des cas) qui irriguent l’intestin. L’artère mésentérique est principalement concernée, d’où le nom médical d’ « ischémie mésentérique aigüe ». C’est une urgence vitale car l’intestin peut se nécroser lorsqu’il est privé de sang et donc d’oxygène. C’est pourquoi près de huit malades sur dix en décèdent et les séquelles sont majeures chez les survivants, principalement du fait de l'ablation (résection) d'une large portion de l'intestin.

Un tiers des malades à risque s’ignore


Comme pour les autres types d’infarctus, il faut penser à l’infarctus intestinal chez les personnes présentant les facteurs de risques cardiovasculaires habituels (obésité, tabac, diabète, excès de cholestérol, hypertension), des antécédents ou des facteurs de risques cardiaques (maladies des valves cardiaques, arythmie, infarctus du myocarde). Néanmoins, chez un tiers des malades, l’infarctus intestinal est le premier événement vasculaire révélateur de la maladie vasculaire sous-jacente.

Repérer les formes précoces, piégeuses


Si le risque de décès est si important, c’est principalement dû à une méconnaissance des signes annonciateurs de la maladie. En effet, ceux-ci sont soit très discrets, soit peu caractéristiques, d’où des diagnostics trop tardifs dans la plupart des cas. Or, repérer les signes précoces d’une ischémie réversible peut éviter l’évolution vers la nécrose intestinale.

La douleur abdominale peut survenir de façon brutale et très intense. Mais elle peut succéder à des semaines voire des mois de douleurs abdominales provoquées par les repas. Car si l’effort physique révèle l’infarctus du myocarde, la digestion représente un effort pour l’abdomen ; elle aussi requiert beaucoup d’oxygène et elle peut révéler un infarctus digestif.
Mais les radiologues et les médecins n’ont pas encore assez l’habitude de regarder les vaisseaux digestifs sur un scanner et ne voient donc rien venir. Peu à peu, le malade, rassuré à tort, perd du poids car il est limité dans ses prises alimentaires. Jusqu’au jour où l’artère se bouche complètement. Toutes les couches de l’intestin peuvent être nécrosées mais au tout début, seule la plus superficielle - la muqueuse - est touchée. Le malade ressent des douleurs, et saigne éventuellement. A ce moment-là, il est encore temps d’agir et de demander un scanner abdominal (angioscanner abdominal) sans se contenter de regarder les organes mais aussi l’état des vaisseaux. Car lorsque l’ischémie gagne la musculeuse (couche la plus profonde), l’intestin se paralyse, ce qui annonce l’évolution vers la nécrose. Les signes ressemblent à ceux d’une occlusion intestinale.

De nombreuses vies sauvées


Pour le Pr Olivier Corcos, « cette urgence absolue a fait trop de morts ». Grâce à lui, la situation est en train de changer : sous son impulsion, l’hôpital Beaujon (AP-HP, Paris) s’est doté en 2016 d’un Stroke Center. Ses excellents résultats commencent à donner des idées à d’autres hôpitaux universitaires français. Des années de travail lui ont permis de définir un protocole permettant de décrire les signes annonciateurs de l’infarctus intestinal ainsi qu’un plan d’action d’urgence. Le protocole SURVI pour « Structure d'URgences Vasculaires Intestinales » codifie une organisation entre médecins urgentistes, gastro-entérologues, radiologues, chirurgiens vasculaires et digestifs et anesthésistes/réanimateurs pour agir vite et non seulement sauver la vie mais aussi l’intestin des patients. Trois ans après, les résultats escomptés sont bien au rendez-vous. « En vie réelle, de nombreuses vies ont été sauvées, se réjouit Olivier Corcos. Sur 500 malades en moins de trois ans, de 35% de survie à peine, on est passés à près de 80% ! Et pour les survivants, leur intestin est plus souvent préservé, pour maintenir leur qualité de vie : la résection intestinale n’intervient désormais que dans 40% des cas et, le plus souvent, c’est une longueur minime qui est prélevée. Cela permet d’éviter la nutrition par perfusion (parentérale) ou les poches de recueil des selles (stomies digestives). »
Ce revirement de pronostic est en partie dû à une meilleure reconnaissance des signes précoces de l’infarctus digestif par des spécialistes entraînés et vigilants, à la mise en place de ce dispositif SURVI joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (uniquement par les professionnels de santé), mais aussi à un traitement plus rapide et qui cible non plus uniquement la conséquence (en réséquant l’intestin) mais la cause, c’est-à-dire l’artère bouchée. Celle-ci est débouchée le plus rapidement possible, soit par chirurgie vasculaire ou en radiologie interventionnelle, soit par traitement médical, au cas par cas.


Hélène Joubert, journaliste, avec le Pr Olivier Corcos, hôpital Beaujon (AP-HP, Paris)

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