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Diabète de type 2 : le tabagisme mis en cause

La Journée mondiale du diabète et le "Moi (s) sans Tabac" tombent tous les deux en novembre. Quel rapport ? On le sait trop peu mais le tabagisme est un facteur de risque de diabète de type 2 : le risque d’un fumeur de développer un diabète de type 2 est augmenté de 30 à 40%. Mais la bonne nouvelle, c’est que tout peut revenir à la normale en écrasant sa dernière cigarette !

Diabète et tabagisme, même combat

60% des fumeurs souhaiteraient arrêter. D’où la campagne de « Santé publique France » (la nouvelle Agence nationale de santé publique) sur sa première opération « Moi(s) sans tabac » en ce mois de novembre.

Avec 78 000 décès chaque année le tabagisme est la première cause de mortalité évitable en France. Un lourd bilan qui exclut pourtant les très nombreuses pathologies lourdes qu’il favorise. Cancer, maladies cardiovasculaires, ostéoporose… mais il en est un qui passe inaperçu : le risque de diabète de type 2. Or le risque de développer un diabète pour un fumeur est augmenté de 37% par rapport à un non-fumeur*, en fonction du nombre de cigarettes quotidiennes. En résumé, plus on fume, plus le risque de diabète s’élève.

Dr Ivan Berlin, pharmacologue (CHU Pitié-Salpêtrière, Université Paris 6 INSERM U1178) et ancien président de la Société française de tabacologie : « Le tabagisme augmente le risque de survenue de syndrome métabolique et de diabète de type 2 et va de pair avec une accumulation de graisse abdominale et une résistance à l’insuline. La survenue de cas de diabète est plus que doublée chez les fumeurs, comparé aux non-fumeurs ».

Diabète et tabagisme, la double peine

Laisser tomber la cigarette ? Le jeu en vaut la chandelle. La liste des risques encourus par le diabétique fumeur est particulièrement longue avec, et tout d’abord, une surmortalité considérable : + 58% de mortalité toutes causes, + 48% de risque de maladie des artères du cœurs (coronaires) et + 44% de risque d’accident vasculaire cérébral.

La proportion de personnes avec un diabète mal équilibré (taux sanguin HbA1c reflétant le taux de glucose dans le sang des trois derniers mois : > 6,5%) est aussi plus importante. Idem pour la "microalbuminurie" (témoignant d’une anomalie de la fonction rénale), qui est plus élevée parmi les diabétiques fumeurs (de type 1 ou de type 2) que parmi les diabétiques non-fumeurs. De plus, le tabagisme peut augmenter le risque d’hypoglycémies sévères et d’humeur dépressive.

Dr Berlin : « Il y a autant de fumeurs parmi les diabétiques que chez les non diabétiques. Les uns comme les autres redoutent de prendre du poids lors du sevrage, même si cette crainte chez les diabétiques est probablement plus forte ».

Eviter le diabète de type 2, première des motivations au sevrage tabagique ?

Tout peut revenir à la normale après l’arrêt de la consommation tabagique. Cela devrait motiver pour le sevrage tabagique ! En effet, les ex-fumeurs ont un risque de diabète qui ne diffère pas de celui des non-fumeurs.

Le tabagisme est un risque cardiovasculaire qui se surajoute au risque cardiovasculaire déjà plus élevé des diabétiques. A l’arrêt du tabac, ce sur-risque se normalise, mais le diabétique qui s’arrête de fumer conserve toutefois son risque cardiovasculaire dû au diabète.

Dr Ivan Berlin : « Les diabétiques fumeurs sont probablement conscients du risque cardiovasculaire surajouté mais considèrent que le bénéfice individuel de fumer l’emporte sur le risque ».

Le sevrage tabagique, c’est tout bénéfice en dépit d’une prise de poids

En pratique, comment aborder l’arrêt du tabac chez une personne diabétique ?

Déjà, chez tous les fumeurs, le professionnel de santé devrait avoir le réflexe de dépister une intolérance au glucose (taux de glycémie, taux d’HbA1c), un syndrome métabolique et un diabète de type 2. Les médecins n’y pensent pas car même chez les diabétiques, le fait de fumer limite la prise pondérale.

Calcul de l’indice de masse corporelle, mesure du périmètre abdominal, de la pression artérielle, du HDL-cholestérol (ce "bon cholestérol" est d’ailleurs particulièrement bas chez les fumeurs), … L’évaluation de tous ces paramètres devraient être systématique. Avant et lors du suivi du sevrage.

Dr Ivan Berlin : « La prise de poids est en moyenne de 4-5 kg pendant l’année suivant le sevrage tabagique. Elle ne compromet absolument pas l’énorme bénéfice de l’arrêt du tabac. Et ce risque de prise de poids s’atténue voire disparait après plusieurs années d’abstinence. Attention, au sevrage environ 16 % des ex-fumeurs perdent du poids ; cela peut être sans signification clinique mais il faut tout de même penser à rechercher une maladie associée pouvant expliquer cette perte de poids ».

Un sevrage tabagique adapté aux diabétiques ?

Concernant le sevrage tabagique, la littérature scientifique est étonnement pauvre chez les diabétiques, alors qu’au contraire, il a été étudié dans les maladies mentales, certaines maladies respiratoires etc. Il n’existe donc pas de recommandation spécifique d’arrêt ni de méthode validée dans cette population de diabétiques de type 2. Une publication scientifique de 2014 regroupant des études majeures (éducation et moyens pharmacologiques) n’a pu en tirer aucune conclusion quant à la démarche optimale à suivre chez une personne à la fois fumeuse et diabétique.

De ce fait, les agonistes nicotiniques (c’est-à-dire ceux qui miment le mécanisme d’action de la nicotine comme les traitements de substitution nicotiniques et la varénicline) mais aussi le bupropion ont les mêmes règles de prescription, que le fumeur soit diabétique ou non.

Les traitements actuels pharmacologiques réduisent la prise de poids à l’arrêt tabagique, et, sur ce point précis, l’effet du bupropion est plus important. Les spécialistes se gardent toutefois de privilégier l’un ou l’autre chez le diabétique car aucune étude comparative au sein de cette population spécifique n’a été menée, sur les paramètres pondéraux et métaboliques.

Source : D’après un entretien avec le Dr Ivan Berlin, Service de Pharmacologie, CHU Pitié-Salpêtrière, Université Paris 6 - INSERM U1178 et ancien président de la Société française de tabacologie
*Surgeon General Report 2014 Nagrebetsky A et al. BMJ open 2014 ; 4 :e004107
http://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Lancement-de-l-operation-Moi-s-sans-tabac-une-nouvelle-strategie-pour-Sante-publique-France

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