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Génétique : peut-on faire parler l'ADN pour connaître nos maladies futures ?

Génétique : peut-on faire parler l'ADN pour connaître nos maladies futures ?

Les tests ADN promettent, telles des boules de cristal, de tout vous révéler de votre santé future. Mais s'ils ne se sont pas encore en mesure de vous dire si vous souffrirez un jour de la démence d'Alzheimer ou de maladies cardiaques, ils sont déjà opérationnels pour détecter des anomalies génétiques chez le foetus ou explorer les tumeurs en vue d'un traitement "à la carte" des cancers du sein. Voici quelques exemples concrets de que l'on appelle la "médecine prédictive et personnalisée". La médecine de demain, c'est déjà aujourd'hui.

 

Test ADN, de quoi parle-t-on ?

Les tests ADN donnent accès à des informations sur son propre état de santé ou celui de sa famille grâce à l'étude de l'ADN présent dans les cellules ou du nombre et de la forme des chromosomes. 

Trois types de tests génétiques existent :

  1. Ceux qui renseignent sur le patrimoine génétique d'un individu et qui se transmet à l'enfant (génétique "constitutionnelle"). Ces tests sont utilisés pour le diagnostic de maladies où un seul gène subit des mutations (mucoviscidose, polypose colique familiale, hémochromatose héréditaire).
  2. Des tests génétiques dits prédictifs sont effectués chez des personnes qui n'ont pourtant aucun symptôme, afin de savoir si elles vont développer une maladie. La personne qui a la mutation de la maladie de Huntington la développera à plus ou moins long terme, par exemple.
  3. En cancérologie, des tests prédictifs peuvent être utilisés lorsqu'une mutation a déjà été identifiée dans la famille (cancer du sein, du rein etc.). Ils donnent un niveau de risque mais pas une certitude de développer la maladie.


Cependant, de nombreuses maladies sont sous le contrôle d'un ensemble de gènes et de l'environnement (asthme, diabète etc.). Aucun test génétique prédictif n'est disponible à ce jour pour ces pathologies multifactorielles.

En 2016, plus de 3500 maladies liées à des anomalies de gènes sont répertoriées. Toutefois, seulement une partie présentent des procédures de dépistage de prévention ou de traitement avérées :

  • Ceux qui informent sur l'état du génome de cellules cancéreuses (génétique "somatique"). Ces tests détectent les mutations survenues dans la tumeur et prédisent ainsi son comportement face à un traitement ciblé. Ce sont les tests compagnons ou signatures génomiques, réalisés à partir d'une biopsie de la tumeur (ou d'une prise de sang pour les cancers du sang).
  • D'autres tests sont capables d'obtenir des informations sur la réponse à un traitement donné ou sur le risque d'effets indésirables. C'est la pharmacogénomique.


Pr Pascal Pujol, généticien, président de la Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée (SFMPP) : « Sous l'impulsion de l'Institut National du cancer, la France dispose de plateforme de génétique réalisant plusieurs dizaines de milliers d'analyses génétiques par an, pour détecter des pistes thérapeutiques spécifiques ou identifier des prédispositions familiales. J'entrevois dans les mois et quelques années à venir une explosion des tests d'utilité médicale et un affinement des protocoles de prise en charge (dépistage et prévention), mais aussi d'innovations thérapeutiques ». 

Génétique : repérer la trisomie 21 par une simple prise de sang

Aujourd'hui, pour savoir si l'enfant à naître risque d'avoir une trisomie 21, première cause de retard mental congénital, on réalise chez les femmes enceintes à risque une amniocentèse (une ponction du liquide amniotique au travers du ventre de la mère). Or ce test peut provoquer des fausses couches, c'est à dire la perte du foetus. Il existe depuis plusieurs années un test génomique prénatal (avant la naissance) de la trisomie 21, à partir de fragments d'ADN foetal présents dans la circulation maternelle. Une simple prise de sang chez la mère permet d'étudier le patrimoine génétique du foetus et affirmer avec 99% de certitude si le futur enfant sera ou non atteint de trisomie 21.

Pr Pujol : « 18 000 femmes qui sont potentiellement à risque d'avoir un enfant trisomique 21 (en fonction de l'âge, de paramètre biologique et à l'échographie) subissent une amniocentèse chaque année. Comme celle-ci comporte un risque vital pour le foetus, près d'une centaine de foetus perdent la vie. Alors que seuls 0,3 à 0,5% d'entre eux seulement avaient la trisomie 21 ! ». 

Aujourd'hui, ce test génétique n'est pas disponible partout en France et reste à la charge financière des femmes (entre 350 et 600 euros). C'est pourquoi les médecins, soutenus par le Comité Consultatif National d'Ethique, se battent pour que très rapidement ce test sanguin remplace l'amniocentèse. Celle-ci ne devrait plus qu'être exceptionnellement utilisée chez les rares femmes dont le test génétique est revenu positif (5% des femmes à risque). 

Le feu vert des autorités sanitaires françaises pour le test génomique prénatal de la trisomie 21 est attendu dès l'automne 2016. D'autres tests sont ou vont être utilisés chez le foetus, comme ceux portant sur la trisomie 18 et 13 mais aussi d'autres anomalies plus fines du génome.

Cancer du sein : prédire l'avenir grâce à la génétique

Aujourd'hui, grâce aux chimiothérapies, plus des trois quarts des cancers du sein sont guéris à 10 ans. Néanmoins, il faut parfois savoir lever le pied. Dans le cancer du sein, l'emploi de "signatures génomiques" ou tests compagnons font parler le génome de la tumeur. Dès 2016, ils vont permettre d'épargner aux femmes des chimiothérapies et des hormonothérapies inutiles.  

Pr Marc Spielmann, gynécologue, Hôpital américain (Neuilly-sur-Seine) et Institut français du sein (Paris) : « Lors de la découverte d'un cancer du sein sous dépendance hormonale (hormono-dépendants, 75% des cas), on hésite très souvent entre un traitement antihormonal seul ou précédé d'une chimiothérapie. Parce qu'il est capable d'estimer précisément le risque individuel, ce test permet de se passer d'une chimiothérapie dans 40 à 45% des cas !

Les signatures génomiques permettent aussi d'évaluer le risque de récidive. Par exemple, si celui-ci est inférieur à 11, 99,2% des patientes seront en vie sans chimiothérapie préventive à 5 ans. Avec certitude, on peut alors éviter la chimiothérapie dans cette population. Enfin, ces tests sont en mesure de prédire les rechutes tardives, c'est à dire au-delà de 10 ans. Chez les femmes identifiées à faible risque de rechutes tardives par la signature génomique, on peut alors se contenter de cinq ans de traitement antihormonal au lieu de 10 ans chez celles à haut risque ». 

Dans l'immédiat, ces tests compagnons seront réservés aux hôpitaux. C'est dommage car 75% des cancers du sein en France sont traités dans le secteur privé. D'autres tests sont encore du domaine de la recherche fondamentale, notamment les signatures génomiques propres aux métastases, ces tumeurs qui disséminent hors du foyer tumoral d'origine.

 

Source :

Hélène Joubert journaliste scientifique

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