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Infarctus : l'importance de la réadaptation cardiovasculaire

Infarctus : l'importance de la réadaptation cardiovasculaire

La réadaptation cardiovasculaire est un processus en pleine progression. Il est loin le temps où le patient cardiaque restait cloué au lit après une crise cardiaque pendant des semaines. Aujourd'hui, après quelques jours à peine d'hospitalisation, il est sur pied et pourra rapidement faire du jogging, de la marche nordique ou de la natation. Enfin presque, car seulement un quart des personnes qui auraient tout intérêt à suivre une réadaptation cardiovasculaire pour améliorer leur condition cardiaque mais aussi leur qualité de vie, le fait réellement !

 

Infarctus : la réadaptation, la clé d'un meilleur avenir cardiovasculaire

Historiquement, la réadaptation cardiovasculaire a été conçue après un infarctus du myocarde, où l'on s'est aperçu que le repos forcé faisait plus de mal que de bien (embolies pulmonaires, phlébites). Le concept de réentraînement à l'effort s'est ensuite développé dans les années 80-90.

Aujourd'hui, il s'agit d'une période de réadaptation active sous surveillance médicale, en centre de réadaptation cardiovasculaire. Débutée dans les 7 à 10 jours après le séjour hospitalier, il faut y consacrer trois demies journées par semaine ou trois semaines d'hospitalisation, selon les cas. 

Dr Bruno Pavy, cardiologue, chef de service de réadaptation cardiovasculaire (Centre Hospitalier Loire Vendée Océan, Machecoul) et président du Groupe Exercice Réadaptation Sport (GERS) de la Société française de cardiologie : « Désormais, la réadaptation cardiovasculaire englobe une éducation comportementale vis-à-vis du tabac, de l'alimentation, du stress, de la sédentarité. C'est aussi l'occasion d'ajuster le traitement médicamenteux prescrit juste après l'accident cardiovasculaire ou l'opération cardiaque. Nous avons montré que dans 40% des cas, la réadaptation cardiovasculaire permettait d'optimiser les thérapeutiques, ce qui peut difficilement être fait lorsque le patient voit son médecin tous les mois. Or optimiser le traitement médical permet aussi d'obtenir de meilleurs résultats au réentraînement à l'effort (1) ».

Réadaptation cardiovasculaire, qui est concerné ?

Ce sont majoritairement les personnes avec une maladie des artères du coeur (coronaires) :

  • Dans les suites d'angioplastie (dilatation des artères coronaires).
  • Après un infarctus du myocarde. A noter, seuls 22,7% des patients ayant fait une crise cardiaque la suivent, avec une grande disparité non expliquée selon les régions, allant de 10,8% à 38,8% (2).
  • En cas d'angine de poitrine (angor stable), d'autant plus qu'il existe des facteurs de risque associés comme une hypertension artérielle, un surpoids, du diabète.
  • En cas de maladie des artères (artériopathie) des membres inférieurs. On parle alors de réadaptation purement "vasculaire".
  • Toute maladie cardiaque opérée a intérêt à être réadaptée, suite à un pontage coronarien, une opération des valves cardiaques, une transplantation cardiaque ou une maladie congénitale.
  • Le troisième groupe de personnes qui devrait suivre une réadaptation sont les insuffisants cardiaques chroniques, dans le but d'améliorer leur capacité d'effort. La réadaptation leur est ouverte depuis les années 2000 seulement. Or trop peu de cardiologues la prescrivent dans ce cas précis. Chez eux, elle réduit pourtant le risque de mortalité de 18% (3).


Dr Pavy : « En général, trop peu de personnes suivent réellement une réadaptation alors qu'elle est indiquée. La faute aux habitudes des médecins et cardiologues chez qui la prescription d'une réadaptation est loin d'être systématique. Mais cela change avec l'arrivée des nouvelles générations de médecins, convaincues de son utilité. De plus, tous les patients ne sont pas désireux de la suivre, par réticence vis-à-vis des exercices physiques, par manque de motivation ou de disponibilité professionnelle ou familiale. »

Réadaptation cardiovasculaire : tout à y gagner

La rééducation cardiovasculaire ne permet pas de guérir mais protège la vie des patients. Après un infarctus du myocarde, la suivre permet de gagner entre 20 et 30% de la capacité cardiaque, après environ une vingtaine de séances. La mortalité cardiovasculaire est alors réduite de 25% à 5 ans et continue à diminuer avec le temps. La mortalité totale est améliorée de 24% à 5 ans (3).

Dans l'insuffisance cardiaque, la réadaptation améliore la qualité de vie pendant plusieurs années et permet de retarder la progression de la maladie et la survenue d'une insuffisance cardiaque terminale qui impose une transplantation.


Femmes, prenez le temps de la réadaptation cardiovasculaire

Des données françaises (5) révèlent que les femmes sont moins nombreuses à suivre une réadaptation cardiovasculaire. Non seulement les médecins ont moins tendance à leur proposer mais celles-ci l'acceptent moins souvent. La principale raison est qu'elles doivent gérer une famille et leur travail. Pour elles, la réadaptation "ambulatoire" peut être une solution, à raison de trois demi-journées par semaine.

Ghislaine V (68 ans) : « Très prise par des soucis familiaux, hospitalisée pour insuffisance cardiaque et pose d'un stent, mon cardiologue me l'a vivement recommandée. A l'hôpital de Lariboisière (Paris) j'ai suivi vingt séances de réentrainement à l'effort, un cycle de conférences avec la possibilité d'un suivi psychologique. Un soutien formidable, je me suis sentie maternée, dans une ambiance conviviale et une prise en charge globale ».

La réadaptation cardiovasculaire après un infarctus, étape par étape

1. Bilan d'expertise initiale

Il se compose principalement de l'évaluation de la capacité cardiaque au moyen du test d'effort sur vélo d'appartement ou tapis roulant. Celle-ci est complétée si possible par une mesure de la consommation d'oxygène (VO2max). Le niveau atteint est un élément pronostic important.

Ce bilan initial comprend aussi un examen clinique, un électrocardiogramme qui sera renouvelé si besoin, un écho-doppler cardiaque, un enregistrement Holter (dispositif portable permettant l'enregistrement en continu) de l'électrocardiogramme pendant au moins 24 heures, éventuellement un Holter tensionnel, un dépistage d'apnées du sommeil. Ce bilan permet de rechercher les séquelles de l'atteinte cardiaque (angine de poitrine, trouble du rythme cardiaque, insuffisance cardiaque) et d'évaluer les autres handicaps (complication post-opératoire ou problème médical associé).



2. Réentrainement à l'effort

Le principe est de renforcer l'endurance du coeur, au moyen d'efforts modérés ou prolongés, sur tapis ou bicyclette (mais aussi la marche, marche nordique, la natation etc.) pendant des séances d'une trentaine de minutes en général. La personne doit atteindre une capacité permettant la plupart des efforts de la vie courante sans gêne. Si l'activité est faite en groupe, chacun suit cependant un programme individualisé. Dans l'insuffisance cardiaque, la progression est très révélatrice de l'avenir cardiaque de la personne.



3. Renforcement musculaire, en groupe ou individuellement

Il associe de la musculation sous forme de gymnastique ou sur machine spécifique et de la kinésithérapie respiratoire.



4. Prendre soin de soi

Les techniques de relaxation sont très utiles et font appel à des techniques d'autohypnose ("training autogène de Schultz") ou des méthodes analytiques ("relaxation progressive de Jacobson"). D'autres pratiques de type oriental conjuguent relaxation, bien être et renforcement musculaire comme le Tai chi chuan ou le Qi Gong qui ont des effets intéressants sur le plan cardiovasculaire.



5. Education thérapeutique

En parallèle, la personne peut suivre un programme d'éducation thérapeutique traitant de la maladie coronaire, des facteurs de risque cardiovasculaires, du traitement médical, de la lutte contre le tabac, de l'alimentation, de la reprise d'activité physique, de l'insuffisance cardiaque, des gestes d'urgence. La réadaptation est une période nécessaire pour repenser son mode de vie.



6. Prise en charge psychologique

Celle-ci est systématiquement proposée, pour apprendre à gérer le stress, reprendre confiance en soi, faire le deuil de la vie d'avant et accepter la nouvelle condition physique. Un infarctus du myocarde ou un pontage sont souvent vécus comme de véritables traumatismes.



7. Penser l'après

L'objectif est que le patient adopte des règles d'hygiène de vie et qu'il soit observant de son traitement.

Trois séances d'une heure d'exercice physique par semaine sont recommandées ; le type de sport est défini avec le cardiologue lors de la réadaptation cardiovasculaire (marche athlétique, bicyclette et natation), en fonction des contraintes et des envies du patient. Enfin, la réinsertion professionnelle est le dernier volet essentiel, une reprise précoce étant le gage d'une évolution psychosociale réussie.

Les Clubs Coeur et Santé de la Fédération de cardiologie prennent le relais, avec des activités adaptées, conviviales et variées pour séduire sur la durée.

 

Source :

Hélène Joubert, journaliste scientifique

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