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Les anti-inflammatoires : comment les utiliser en toute sécurité ?

13 Novembre 2019

Incontournables de la trousse à pharmacie, les anti-inflammatoires non stéroïdiens bénéficient d’une image faussement rassurante. Or, il faut être prudent vis-à-vis du risque infectieux, cardio-vasculaire, hémorragique et surtout rénal avec les AINS. Mode d’emploi.

Les anti-inflammatoires, de quoi parle-t-on ?


L’ibuprofène et le kétoprofène, les deux médicaments anti-inflammatoires les plus vendus et que l’on prend sans y prêter beaucoup d’attention en cas de fièvre, de douleurs articulaires ou de mal de gorge, favoriseraient les complications infectieuses graves. L’alerte lancée en juillet 2019 par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) peut effrayer. En réalité, elle ne fait que confirmer ce que l’on savait depuis longtemps, renforçant la nécessité d’utiliser cette grande famille des anti-inflammatoires dits « non stéroïdiens » (AINS) avec parcimonie et de manière appropriée. Car ces médicaments, très efficaces, nous rendent de grands services : en bloquant la formation des substances responsables de l’inflammation (prostaglandines) via les cyclo-oxygénases 1 et 2, ils ont des propriétés antalgiques (contre la douleur), antipyrétiques (contre la fièvre) et, à doses plus élevées, anti-inflammatoires. Pour rappel, l’inflammation est la conséquence d’une activation du système immunitaire face à une agression.

Douleurs articulaires, migraine, fièvre… Les AINS, à utiliser dans un contexte inflammatoire


Un anti-inflammatoire non stéroïdien a une composante thérapeutique antalgique, c’est-à-dire en cas notamment de courbatures, de fièvre, de règles douloureuses, de douleurs légères à modérées telles que maux de tête (migraines, céphalées de tension), de douleurs dentaires, de douleur après un traumatisme (entorse, tendinite, foulure), de lombalgies, de douleurs rhumatismales (rhumatismes inflammatoires, arthrose) et articulaires, voire de douleurs aiguës telles que celles causées par les coliques néphrétiques ou la goutte, etc. En effet, toutes ces douleurs sont liées à un contexte d’activation du système immunitaire, ayant ou non une cause infectieuse.
Pris par voie générale (orale, rectale ou injectable), les indications des AINS varient en fonction des molécules. A l'exception de quelques spécialités contenant de l’ibuprofène et du kétoprofène disponibles sans ordonnance, les AINS ne peuvent être obtenus que sur prescription médicale. En règle générale, lorsque la douleur devient plus sévère, le médecin orientera du paracétamol vers un AINS délivré sur prescription médicale, soit plus puissant (acide tiaprofénique, diclofénac, etc.) soit plus fortement dosé que l’ibuprofène en vente libre pour venir à bout de l’inflammation.

Les AINS en pratique


En cas de fièvre, le médicament de première intention est le paracétamol. Mais lorsque les AINS sont indiqués, ils ont toute leur place. La condition est de les utiliser à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte possible. En résumé : pas plus de 3 jours en cas de fièvre et 5 jours en cas de douleur, avec un délai minimum de quatre à six heures entre chaque prise de 400 mg d’ibuprofène (1 200 mg/jour au maximum).
Attention, il ne faut jamais associer deux AINS, en raison de l’augmentation du risque hémorragique (y compris l’aspirine à dose anti-inflammatoire). De plus, les AINS, c’est soit par voie orale ou en pommade, mais pas les deux !
Efficaces, mais à utiliser avec prudence
Même à moindres doses, les AINS peuvent provoquer des effets indésirables lorsqu’ils sont pris au long cours (problèmes gastriques, cardiovasculaires, rénaux).
Ils ne doivent pas être utilisés notamment en cas d’antécédent de saignement ou de perforation digestifs lié à la prise d’AINS (ulcère de l’estomac ou du duodénum), de maladies chroniques de l’intestin (maladie de Crohn…), de maladie grave du foie et chez la femme enceinte à partir du 6e mois de la grossesse (de façon exceptionnelle avant), et avec de grandes précautions après 65 ans (dose la plus faible possible et ponctuellement).
Et surtout, ce que l’on a tendance à oublier, c’est qu’ils sont absolument à éviter en cas d’infection (angine, otite, varicelle, toux, rhinopharyngite) ! En effet, les AINS sont à risque de complications infectieuses graves.

Pas d’AINS au long cours en cas de risque cardiovasculaire et notamment d’insuffisance cardiaque.
Par ailleurs, les AINS sont absolument contre-indiqués en cas d’insuffisance rénale. Les AINS peuvent être toxiques pour les reins. A fortes doses et sur une longue période, ils augmentent le risque d’insuffisance rénale aiguë (y compris pour des posologies faibles).

Hélène Joubert, journaliste.

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