Lutter contre les perturbateurs endocriniens

4 novembre 2019

 

Les perturbateurs endocriniens sont présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne. Ceux-ci sont pourtant très mauvais pour la santé. Quelques conseils pour s’en protéger.

En juin dernier, l’UFC-Que Choisir a publié un guide pour aider les consommateurs à choisir leurs produits cosmétiques en évitant ceux qui contiennent des composants toxiques, allergisants ou irritants. En ligne de mire, les perturbateurs endocriniens qui sont présents dans près d’un produit cosmétique sur trois selon l’association de consommateurs. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) les définit comme des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme. Elles peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien – glandes qui produisent des hormones et les libèrent ensuite dans le sang - et induire des effets néfastes sur l’organisme d’un individu ou sur ses descendants. Des travaux scientifiques les accusent en effet de diminuer la qualité du sperme, d’accroitre la fréquence de certaines anomalies du développement de l’appareil génital, d’augmenter l’incidence de certaines pathologies hormono-dépendantes, etc. Pourtant, ces substances dangereuses restent présentes dans beaucoup de produits de la vie quotidienne : eau, alimentation, produits phytosanitaires, etc.

Choisir des fruits et des légumes issus de l’agriculture biologique

Pour éviter de consommer de mauvais produits, des applications référencent les cosmétiques bons pour la santé et ceux comprenant, entre autres, des perturbateurs endocriniens. En ce qui concerne l’alimentation, le consommateur devrait privilégier au maximum les produits issus de l’agriculture biologique, qui n’utilisent pas d’engrais ni de pesticides. Laver et éplucher les fruits et les légumes permet d’enlever les éventuelles traces de produits chimiques. Autre astuce pour réduire au maximum le contact avec ces substances nocives : choisir des contenants et des instruments de cuisine en verre, en bois, en acier inoxydable plutôt que ceux en plastique. Enfin, beaucoup de produits ménagers contiennent des perturbateurs endocriniens. Il est donc préférable d’utiliser les articles labellisés ou de les faire soi-même. A titre d’exemple, le vinaigre blanc se transforme en produit nettoyant multi-surfaces très efficace.  

L’action des pouvoirs publics

Ces petits gestes quotidiens évitent le contact avec les perturbateurs endocriniens, mais à l’échelle globale, les pouvoirs publics doivent œuvrer pour interdire la vente de produits contenant ces substances. Ce fut le cas en 2012. Le Parlement a adopté une loi pour suspendre la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A. Le gouvernement a aussi mis en place une Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens visant à protéger la population et l’environnement de ces substances. D’ici 2022, ce projet devrait permettre de créer un site d’information pour les citoyens, de sensibiliser et de former les professionnels de santé afin qu’ils puissent faire de la prévention, de coordonner les politiques européennes sur ce sujet, etc. Mais le chemin reste long avant l’élimination totale des perturbateurs endocriniens. La dangerosité de chacun n’est pas encore avérée. En juillet dernier, des chercheurs de l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, en collaboration avec le laboratoire Toxalim et les universités de Montréal et de Londres, ont publié une étude sur le bisphénol S. Selon eux, cette molécule notamment utilisée pour produire du plastique pourrait être aussi toxique que le bisphénol A.

Léa Casian