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Sexualité : quand les médicaments s'en mêlent

Sexualité : quand les médicaments s'en mêlent

L'apparition de troubles sexuels avec un nouveau traitement prescrit n'est pas si rare. Car, parmi les médicaments courants pouvant interférer avec la sexualité se trouvent les antidépresseurs et certains antihypertenseurs... Pas d'inquiétude pour autant, ces troubles ne sont pas systématiques et sont réversibles ! Il suffit d'en parler à son médecin.

Sexualité perturbée... et si c'était mon médicament ?

Libido affaiblie, érection et éjaculation perturbées, lubrification vaginale insuffisante... chez l'homme comme chez la femme, les effets indésirables de certains médicaments sur la sexualité - appelés " iatrogénie médicamenteuse", en l'occurrence sexuelle ici - sont loin d'être anecdotiques. « Le problème est considérable puisque cela concerne des molécules dont la prescription est massive, telle que les antidépresseurs ou certains antihypertenseurs, avertit le Pr François Giuliano, urologue du Département de Médecine Physique et de Réadaptation à l'hôpital Raymond Poincaré (Garches) et co-auteur du chapitre sur la « iatrogénie sexuelle » du rapport de l'Association Française d'Urologie (1). Mais pas question cependant de stopper net son traitement. C'est pourtant parfois le cas -observé notamment avec les antihypertenseurs- car entre sexualité et respect de l'ordonnance, certains ont déjà choisi, au détriment de thérapeutiques pourtant indispensables. Ils s'exposent alors à de graves conséquences en psychiatrie ou dans le contexte de maladies cardio-vasculaires ». Seul le médecin pourra distinguer si les troubles sont dus à la maladie elle-même ou à la molécule prescrite. Dans ce dernier cas, il pourra la plupart du temps substituer un médicament par un autre, tout aussi efficace mais qui n'affectera pas la sexualité. 

Troubles sexuels: le top 5 des médicaments impliqués

  • Les antidépresseurs sont les premiers pourvoyeurs de troubles sexuels. Ceux appelés "inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine" (citalopram, fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, sertraline...) ou "inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline" (venlafaxine...) peuvent causer une dysfonction érectile (jusqu'à 25% des hommes selon certaines études), des troubles de l'éjaculation et, dans les deux sexes des troubles de l'orgasme et du désir. Une étude espagnole chez 1022 participants traités par ces deux types d'antidépresseurs a retrouvé des troubles sexuels chez 59,1% d'entre eux (2).

  • Les antihypertenseurs sont des fauteurs de troubles de l'érection, mais pas tous. Seuls les diurétiques thiazidiques (dihydrochlorothiazide, bendrofluméthiazide, hydrofluméthiazide, indapamide) doublent le risque de dysfonction érectile (17% au lieu de 8% sous placebo). « L'hypertension artérielle (HTA) est un facteur de risque en soi de dysfonction érectile, souligne le Pr Giuliano. Si on ajoute en plus un médicament qui produit cet effet secondaire, on s'expose alors à accroître le trouble sexuel. La dysfonction érectile concernerait entre 0 et 25% des hommes traités par antihypertenseurs ». Les antihypertenseurs bêtabloquants augmenteraient le risque de troubles du désir chez la femme. Difficile néanmoins d'imputer le trouble sexuel à la seule molécule ou à l'hypertension artérielle...  

  • Les neuroleptiques, utilisés en psychiatrie (schizophrénie, troubles bipolaires, insomnie, anxiété etc), ne sont pas en reste : dysfonction érectile chez l'homme, troubles du désir ou de la lubrification chez la femme sont signalés. Les neuroleptiques qui élèvent le taux de prolactine (olanzapine, risperidone, haloperidol, clozapine, thioridazine) entraînent plus d'effets secondaires sexuels (dans 40-60% des cas). A noter, là aussi le piège est d'attribuer ces symptômes à la maladie psychotique traitée, qui peut elle aussi perturber la sexualité
  • Les antalgiques de niveau 3 - analgésiques opiacés ou opioïdes comme la morphine- sont également potentiellement délétères à des degrés divers sur les fonctions sexuelles, à l'origine principalement d'une libido en baisse dans les deux sexes. Antalgique de niveau 2, le tramadol, présent dans de nombreuses spécialités antalgiques, retarde l'éjaculation.
  • Les traitements de l'hypertrophie bénigne de la prostate contrarient fortement la sexualité. Parmi les alphabloquants, la tamsulosine (le plus prescrit en France dans cette indication) et la silodosine peuvent être responsables d'une absence d'éjaculation (jusqu'à 28 % pour la silodosine) et altèrent la qualité de vie sexuelle. Les inhibiteurs de 5alpha-réductase (finastéride, dutastéride) peuvent, quant à eux, être responsables de dysfonction érectile, de troubles de l'éjaculation et du désir.

La sexualité perturbée par un effet anti-hormonal

Dans la pharmacopée anticancéreuse, le désir sexuel est considérablement affaibli par l'hormonothérapie. Il s'agit des agonistes de la LH-RH (chez la femme non ménopausée ils stoppent la fabrication des oestrogènes par les ovaires) et les antiandrogènes chez l'homme ayant un cancer de la prostate. « La diminution du désir est importante chez ces hommes, c'est une castration pharmacologique, précise l'urologue, l'un de ces traitements est d'ailleurs indiqué dans le traitement des délinquants sexuels. De plus, leur risque de dysfonction érectile est élevé ». Effet similaire pour le tamoxifène utilisé dans le cancer du sein. Il diminue souvent le désir (dans 44% des cas) et provoque dans près de 50% des cas des douleurs lors de la pénétration (dyspareunies) associées ou non à une sécheresse vaginale (45% des cas).

Cet effet anti-hormonal négatif sur la fonction érectile et le désir se retrouve aussi avec d'autres molécules comme la spironolactone prescrite dans l'hypertension artérielle, avec l'antifongique kétoconazole, avec les oestrogènes ainsi que la progestérone et les corticostéroïdes (dans les maladies pulmonaires et rhumatologiques)[.

A l'inverse, certaines croyances ont la vie dure ! Les bétabloquants, utilisés dans les affections cardiaques, ont mauvaise presse. A tort car leurs effets sur la fonction sexuelle sont minimes.
Source :

Hélène Joubert

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