Bien préparer sa retraite : à quel âge partir à la retraite ?

7 juin 2021
seniors

 

 

Si l’âge légal – 62 ans – est l’âge à partir duquel toute personne peut faire valoir ses droits à la retraite, il est néanmoins possible pour des raisons personnelles de se retirer plus tôt de la vie active. Une décision qui pèse de manière définitive sur le montant de la pension. La Mutuelle Générale vous aide à tout comprendre !

 

 

 

A quel âge partir à la retraite ?

La loi française autorise tout individu à liquider sa retraite, c’est-à-dire à transformer ses droits à la retraite en pension de retraite, à un âge qui dépend la situation de chacun et de la durée de cotisation tout au long de sa vie active. Cela n’empêche pas de décider de prendre sa retraite avant.

L’âge minimal (ou légal) pour partir à la retraite est fixé à 62 ans pour toute personne née à partir de 1955. Pour celles nées avant cette date, ce peut être entre 60 et 62 ans, en fonction de l’année de naissance. Des départs avant cet âge (« anticipés ») sont toutefois possibles, sous certaines conditions (retraite anticipée pour carrière longue, lorsque la personne a commencé à travailler entre 14 et 20 ans, par exemple).

Il existe quatre catégories d’âge de départ à la retraite : le départ à la retraite à l’âge légal, le départ à la retraite entre l’âge légal et l’âge du taux plein automatique, le départ à la retraite à l’âge du taux plein automatique, le départ à la retraite avec une surcote.

 

1. Le départ à la retraite à l’âge légal (à partir de 62 ans)

L’âge minimum pour obtenir la retraite de base est appelé âge « légal » de départ à la retraite. Cela ne signifie pas forcément que la personne bénéficiera d’une retraite à taux plein, c’est-à-dire d’une retraite calculée au taux le plus favorable. Pour cela, il faut avoir acquis un certain nombre de trimestres (tous régimes de retraite confondus).

Si la personne n’obtient pas le nombre de trimestres nécessaire au moment de son départ à la retraite dès l’âge légal, le montant de sa retraite est réduit proportionnellement au nombre de trimestres manquants, et ce de manière définitive.

Pour connaître l’âge légal du départ en fonction de son cas personnel (âge civil) et le nombre de trimestres nécessaires, rendez-vous sur Info Retraite

Il existe quelques exceptions pour partir plus tôt que l’âge légal : avoir commencé à travailler avant l’âge de 20 ans, être reconnu comme travailleur handicapé, avoir été victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, ou être exposé à des facteurs de pénibilité.

 

2. Le départ à la retraite entre l’âge légal et l’âge du taux plein automatique

Entre 65 et 67 ans (selon l’année de naissance), la retraite est calculée au taux maximum, quel que soit le nombre de trimestres acquis : c’est l’âge du taux plein automatique, parfois appelé « âge d’annulation de la décote ».

Cependant si, à l’âge légal, des trimestres de cotisation manquent pour obtenir le taux plein au moment du départ à la retraite, une réduction définitive et proportionnelle au nombre de trimestres manquants est appliquée au montant de la pension. Pour éviter toute réduction de montant, l’activité professionnelle doit être poursuivie pour acquérir le nombre de trimestres nécessaires ou jusqu’à avoir atteint l’âge du taux plein automatique.

Certains individus bénéficient d’une retraite à taux plein à partir de l’âge légal même sans avoir le nombre de trimestres nécessaires (il faut pour cela être reconnu travailleur handicapé, avoir élevé un enfant handicapé, avoir été ou être un aidant familial d’un adulte handicapé).

 

3. Le départ à la retraite à l’âge du taux plein automatique

Il existe un âge à partir duquel la retraite est calculée au taux plein quel que soit le nombre de trimestres acquis.

Attention : même si vous avez accès au taux le plus favorable, le montant de votre retraite sera calculé au prorata du nombre de trimestres acquis dans chacun de vos régimes de retraite. Autrement dit, même si votre retraite est calculée sans décote, son montant sera moins élevé que si vous avez enregistré tous les trimestres requis. Vous pouvez poursuivre votre activité au-delà de l’âge du "taux plein automatique" pour obtenir le nombre de trimestres requis et augmenter ainsi le montant de votre retraite de base.

 

4. Le départ à la retraite avec une surcote

Continuer à travailler après l’âge légal est autorisé, même pour ceux qui possèdent les trimestres nécessaires tous régimes de retraite confondus. Dans ce cas, le montant de la pension de base augmente avec chaque trimestre civil supplémentaire : c’est la surcote (majoration du montant).

 

Bon à savoir :

  • Le trimestre est l’unité de décompte de la durée d’assurance, utilisée dans la plupart des régimes de retraite de base : 4 trimestres (maximum) validés = une année civile validée pour la retraite. Or, pour valider un trimestre, il faut avoir perçu un certain revenu. En 2021, ce revenu minimal est de 1 537,50 €. Le calcul est différent dans la fonction publique et les régimes spéciaux où un trimestre équivaut à une période de 90 jours d’activité. Le trimestre civil désigne les périodes de 3 mois consécutifs débutant les 1er janvier, 1er avril, 1er juillet, 1er octobre. Il est possible de racheter des trimestres (jusqu’à 12), sous conditions, en payant les cotisations correspondantes (années d’études supérieures, années incomplètes, activité à l’étranger, etc.)
  • Le taux plein est le taux de calcul maximum de la retraite. Le nombre de trimestres pour obtenir le taux plein dépend de l’année de naissance : il va de 162 trimestres pour les personnes nées avant 1951 à 172 trimestres pour celles nées à partir de 1973.
  • Deuxième niveau de retraite obligatoire, la retraite complémentaire complète la retraite de base. Il s’agit par exemple de la retraite complémentaire des salariés (Agirc-Arrco).
  • Les points de retraite : dans la plupart des régimes de retraite complémentaire et les régimes des professionnels libéraux, les droits à la retraite sont exprimés en points et non plus en trimestres. Chaque cotisation versée apporte des points. Le total des points obtenus en fin de carrière est multiplié par la valeur du point à la date du départ en retraite.
  • La fusion des caisses Agirc et Arrco au 1er janvier 2019 a donné naissance à un régime unifié de retraite complémentaire obligatoire pour les salariés du secteur privé. De nouvelles règles de bonus/malus sont entrées en vigueur pour toutes les personnes nées à compter du 1er janvier 1957 (et qui ont demandés la liquidation de leur retraite complémentaire depuis le 1er janvier 2019). Si le salarié demande sa retraite complémentaire à la date à laquelle il bénéficie du taux plein dans le régime de base, il écope d’un malus (pension minorée de 10 % pendant 3 ans jusqu’à ce qu’il atteigne les 67 ans). En revanche, s’il patiente 2, 3 ou 4 ans, un bonus s’applique à sa pension, respectivement + 10, + 20 et + 30 %.

 

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Hélène Joubert, Journaliste