Réformer notre système d’assurance maladie : gare aux idées simplistes

18 octobre 2021

Préoccupation majeure des Français, la santé devrait se trouver, une fois n’est pas coutume, au cœur de la campagne présidentielle, en raison de la pandémie de Covid-19. D’ores et déjà, plusieurs voix s’élèvent notamment pour pointer la nécessité de transformer notre système d’assurance maladie.

Si l’on analyse objectivement la situation en s’appuyant sur des données chiffrées incontestables, on observe qu’aujourd’hui plus de 95 % de la population française bénéficie de l’assurance maladie obligatoire et complémentaire, et que le reste à charge moyen dans notre pays est ainsi le plus faible des 38 états qui composent l’OCDE.

Il nous faut donc éviter de dégrader ce haut niveau de protection avec de fausses bonnes idées qui généraliseraient une médecine à deux vitesses. Notre système d’assurance maladie, qui associe couverture obligatoire et couverture complémentaire, est le fruit d’une longue maturation depuis 1945 ; il répond aux caractéristiques plus générales de notre système de santé, composé d’un secteur hospitalier et d’un secteur libéral.

En revanche, nous devons nous attacher à corriger les imperfections de cette couverture : protéger ceux qui échappent encore aux dispositifs de solidarité dont ils pourraient bénéficier, et travailler sur la soutenabilité à moyen terme de son coût pour toutes les générations. Ceci suppose de renforcer la mutualisation entre malades et bien portants ─ ce qui est au cœur de la vocation de La Mutuelle Générale, acteur de l’économie sociale et solidaire.

Au-delà, il faudra surtout avoir le courage de s’attaquer aux difficultés profondes et aux enjeux auxquels fait face notre système de santé, mis en lumière de façon accrue par la crise sanitaire : démographie médicale et déserts médicaux, conditions de travail dégradées et épuisement de nos soignants, prévention et perte d’autonomie, conditions de vie et accompagnement de nos grands seniors. À défaut, ce seront les effets de manche qui l’auront emporté sur le débat démocratique.