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Marie-Hélène Péjoine : « Une nouvelle stratégie RSE pour un modèle de développement toujours plus responsable »

En juillet 2023, La Mutuelle Générale a défini sa stratégie RSE pour les trois prochaines années. L’ambition de Christophe Harrigan, son directeur général : aller encore plus loin dans le développement d’un modèle d’entreprise responsable, où performance opérationnelle et performance durable sont indissociables. 
Pour renforcer encore ses exigences sociales et environnementales, la mutuelle s’est fixé des objectifs concrets et mesurables au travers de 11 engagements placés au cœur de ses activités.
Marie-Hélène Péjoine, responsable RSE de La Mutuelle Générale, détaille les grands axes de cette stratégie.

Publié le 16/01/24
Temps de lecture 4 min

©Xavier Renauld

Quelles sont les grandes lignes de la stratégie RSE de La Mutuelle Générale pour les trois années à venir ?

Pour commencer, il est important de rappeler que la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) est transverse et s’inscrit de fait dans la stratégie globale d’une entreprise. Notre stratégie RSE est donc totalement alignée avec notre activité, ainsi qu’avec notre raison d’être. Précisons également que cette nouvelle stratégie RSE s’appuie sur des convictions fortes : nous pensons notamment que pour une entreprise pérenne, performance opérationnelle et performance durable sont indissociables. La nouveauté pour 2023-2025 réside dans le fait que nous avons décidé d’aller au-delà du principe de l’amélioration continue, qui était notre ligne de conduite depuis 2018. Chacun de nos 11 engagements est concret et assorti d’un objectif de progression ambitieux et mesurable. Le succès de notre stratégie sera mesuré à l’aune de l’atteinte de ces différents engagements.

Pour les trois années à venir, nous avons défini trois grands axes stratégiques. 
Contribuer au bien-être et à la santé de tous : il s’agit de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie, au bien-être et à la santé de tous. Cela se traduit notamment par nos actions en matière de prévention qu’elles soient tout public ou réservées à nos clients et adhérents, réalisées dans nos centres médicaux et dentaires ou via notre plateforme de services Flex. Pour les collaborateurs, cet objectif se concrétise par notre attention constante portée à leurs conditions de travail, avec des engagements concernant l’équilibre entre vie pro et vie perso. Nous nous engageons par ailleurs à favoriser la diversité et l’inclusion et en particulier à faire progresser le nombre de personnes reconnues en situation de handicap.

S’engager pour une durabilité au quotidien : nous avons pleinement conscience d'avoir un rôle à jouer dans la transition vers un monde plus durable et responsable. Nous nous engageons à limiter notre impact sur l’environnement avec la mise en œuvre, à notre échelle, d’actions de lutte contre le dérèglement climatique avec notre stratégie bas carbone qui englobe notamment des sujets liés à la sobriété, aux achats responsables, au numérique responsable et à la finance durable. 

Garantir des offres et des services de qualité : nous faisons référence ici à notre cœur de métier et à notre volonté de toujours améliorer notre performance opérationnelle :  la qualité de service due à nos clients, le développement des compétences de nos collaborateurs et de leur employabilité, l’éthique et la protection des données de nos clients. L’idée est de réaffirmer la performance durable comme un fondement de notre identité. 

Quels sont les chantiers prioritaires ?

Chacun de nos 11 engagements correspond à un enjeu prioritaire pour nos parties prenantes. En dehors des objectifs liés à notre performance ou à ceux plus en lien avec notre raison d’être, on peut évoquer notre stratégie bas carbone et le numérique responsable. Notre trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées au fonctionnement de l’entreprise prévoit une réduction de près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre et concerne donc les achats, l’informatique et les déplacements professionnels !

Nous avons identifié les postes clés et aujourd’hui, nous travaillons sur les actions à mettre en place. Cela implique des achats plus responsables, mais touche aussi à nos matériels informatiques, nos serveurs, l’écoconception de nos services ou de nos sites internet... A noter que le numérique est un sujet important puisque ce secteur représente aujourd’hui 4 % des émissions au niveau mondial, un chiffre qui pourrait évoluer à 14 % en 2040 selon les projections du Shift Project, soit la plus forte augmentation d’émissions des gaz à effet de serre.

Enfin, la finance durable est également un enjeu prioritaire pour nous. Nous avons 2,7 milliards d’euros d’encours en valeur de marché qui sont placés pour la plupart auprès de gestionnaires d’actifs. Nous travaillons étroitement avec ces gestionnaires pour monitorer les émissions de gaz à effet de serre de ces investissements et, à terme, les réduire.

Comment avez-vous conçu cette nouvelle stratégie RSE ?

L’aventure a commencé en 2022. Nous avons sollicité l’ensemble de nos parties prenantes : nos salariés, des représentants de nos clients, nos fournisseurs, nos associations partenaires et la société civile. Nous avons ainsi invité près 3 000 personnes à s’exprimer sur nos enjeux RSE, c’est-à-dire sur les risques et les opportunités liés à notre activité, les priorités et les domaines où La Mutuelle Générale est légitime et attendue pour agir. Les 11 engagements retenus pour notre stratégie RSE répondent aux enjeux identifiés comme prioritaires par nos parties prenantes.

Ce processus rend notre démarche robuste. Robuste parce que nous l’avons coconstruite et parce que nous allons la déployer avec l’ensemble de nos parties prenantes et de notre écosystème. Par la suite, nous continuerons ce dialogue initié avec nos parties prenantes, et nous communiquerons sur l’avancée de nos engagements, notamment via nos rapports RSE.

Quel bilan tirez-vous des années précédentes ?

Notre politique sociétale s’est largement développée en quatre ans : citons les travaux de la Fondation d’entreprise La Mutuelle Générale qui œuvre pour le bien-vieillir, ainsi que ceux de l’Observatoire solidaire des salariés aidants. En interne, sur le plan social, nous avons renforcé nos actions liées à la diversité et à la lutte contre l’exclusion avec par exemple la signature d’un nouvel accord triennal pour le handicap. Et nous avons mis en place, en 2021, une nouvelle organisation du travail très avant-gardiste l’Open travail, jugée aujourd’hui essentielle par nos collaborateurs pour leur équilibre entre vie pro et vie perso. Cela a sensiblement contribué à faire progresser la fierté d’appartenance à l’entreprise également. 

Sur le volet environnemental, nous avons travaillé sur de nombreux sujets comme ceux liés à la finance durable, réalisé nos premiers bilans carbone, défini notre trajectoire de réduction des GES et lancé les premiers plans d’action y contribuant.

En quatre ans, nous avons déjà bien fait progresser ces aspects sociaux, éthiques, sociétaux et environnementaux. Et aujourd’hui, nous accélérons pour aller plus loin encore en nous fixant des objectifs ambitieux et néanmoins réalisables.

En 2024, quels seront vos plus grands défis ?

Réussir à engager nos collaborateurs ! C’est capital pour mener à bien notre stratégie. La formation va être nécessaire, bien sûr, pour embarquer les équipes. Nous devrons les sensibiliser aux différentes causes, les informer et les toucher personnellement. Certains d’entre eux sont déjà très au fait des sujets RSE, en partie grâce à la RSE Academy, notre club RSE des salariés volontaires. Nous animons également des conférences internes consacrées à la RSE et au climat. Et nous avons aussi organisé plusieurs fresques du climat pour certaines de nos directions et fait intervenir la glaciologue Heïdi Sevestre lors de notre convention des managers en juin dernier.

Notons aussi la nouvelle règlementation européenne CSRD - Corporate Sustainability Reporting Directive - qui modifie en profondeur les modalités du reporting RSE. Tous nos métiers sont concernés par la mise en conformité liée à cette nouvelle directive qui s’appliquera dès le 1er janvier 2025 pour La Mutuelle Générale. Une belle opportunité pour nous de progresser encore, puisqu’au-delà des enjeux liés à notre propre stratégie RSE, nous devrons aussi considérer d’autres thématiques et mettre en œuvre de nouveaux plans de progrès.

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur la RSE des entreprises de manière plus globale ?

Pour une entreprise, la RSE consiste à maximiser les impacts positifs liés à son activité et minimiser les impacts négatifs. Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que pour y parvenir, il faut développer le dialogue et travailler avec nos différentes parties prenantes. Concernant notre stratégie bas carbone, par exemple, nous voyons bien que, pour atteindre nos objectifs en matière de diminution de gaz à effet de serre, il faut aussi que nos partenaires s’engagent dans la même direction. Cela veut dire que nous nous efforcerons d’accompagner ceux qui n’auraient pas encore mis en place de plan d’action en ce sens. 

Ce que nous comprenons aussi, c’est que la RSE va toucher tous les métiers. C’est pourquoi notre engagement pour la mobilisation de toutes nos parties prenantes en faveur de la RSE est si important. En effet, notre objectif est que chacun développe un réflexe RSE dans la pratique de son métier. C’est cet effort personnel, accompli dans un cadre collectif, qui va faire que tous ensemble, nous pourrons contribuer plus efficacement à la transition vers une économie durable.