La Mutuelle Générale

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Handicap : Kerpape au service de l’excellence

4 février 2020

 

Interview d’Oliver Bonaventure, le directeur du centre mutualiste de Kerpape


Situé près de Lorient, en Bretagne, le centre mutualiste de rééducation et de réadaptation fonctionnelles de Kerpape est une référence en matière de prise en charge et de réinsertion des personnes handicapées. Géré par la Mutualité Française Finistère-Morbihan, son expertise est reconnue dans tout l’Hexagone et même au-delà. Deux mots-clés : l’accompagnement et l’innovation. C’est pour renforcer ces deux missions que Kerpape a lancé un fonds de dotation en 2016.La Mutuelle Générale figure parmi ses soutiens au nom des valeurs de solidarité et d’entraide qu’elle a toujours défendues. Reportage dans un centre entièrement dédié à ses patients.

Une piscine, un gymnase, des appartements-tremplins, une auto-école intégrée, un club de loisirs, des couloirs longs comme des avenues parcourus par des soignants à vélo : Olivier Bonaventur, le directeur du centre mutualiste de rééducation et de réadaptation fonctionnelles de Kerpape, compare cet établissement à un « village ». Un village qui compte environ 400 patients par jour, dont plus de 200 en hospitalisation de longue durée, et plus de 70 métiers, dont des médecins, des ergothérapeutes, des kinésithérapeutes, des psychologues, des sexologues, des assistantes sociales et même des ingénieurs. « On trouve toujours quelqu’un pour répondre à nos besoins », observe Alexandre, 21 ans, arrivé à Kerpape en mai 2019 à la suite d’un accident de moto qui l’a rendu paraplégique. C’est effectivement dans l’ADN de Kerpape : quel que soit le handicap, l’objectif est de tout mettre en œuvre pour favoriser l’autonomie des résidents.

Jamais sans le patient


Justement, ce matin-là, Alexandre a rendez-vous avec un ingénieur du Rehab-Lab, situé au sein du laboratoire d’électronique du centre. Cet espace, récemment créé, fait du patient un acteur à part entière. « Le projet du Rehab-Lab est né au moment de l’apparition de l’impression 3D, explique Jean-Paul Departe, ingénieur depuis 1983 au laboratoire de Kerpape et président du comité scientifique de la Fondation de La Mutuelle Générale. Grâce à cet outil, le patient peut participer au développement, en impression 3D, de ses propres aides techniques, en collaboration avec les ergothérapeutes et un ingénieur référent. »

L’ingénieur en question s’appelle Thomas. Cet étudiant de Polytechnique Paris, en stage à Kerpape, travaille de concert avec Alexandre sur l’amélioration de ses porte-sondes, porte-lingettes et porte-gel. « Un jour, j’ai dit à mon ergothérapeute que l’organisation de mes affaires n’était pas très fonctionnelle, raconte Alexandre. Il m’a envoyé au Rehab-Lab et, depuis, c’est mon magasin. » Il a même appris à se servir du logiciel de dessin 3D.

C’est au centre mutualiste breton que le premier Rehab-Lab français a vu le jour en 2016. Une initiative emblématique de l’esprit du lieu, basé sur l’échange. « Comme mes trois collègues et moi-même sommes sur le terrain, nous voyons tout de suite si l’appareillage proposé est adapté, reprend Jean-Paul Departe. C’est ce lien direct avec les patients qui fait tout l’intérêt de notre métier. » Qu’il s’agisse d’ajuster une commande de fauteuil électrique pour un patient tétraplégique, d’automatiser à distance le fonctionnement de l’habitat dans une perspective de retour au domicile, de former des artisans à la domotique ou encore de participer à des projets de recherche, rien ne se fait sans le patient.
« Notre rôle est de connaître les techniques qui existent et de les configurer pour proposer des solutions personnalisées et innovantes », souligne Jean-Paul Departe. Ce qui n’exclut pas des partenariats avec les industriels, soit pour leur proposer de diversifier leur offre, soit pour expérimenter des dispositifs qu’ils souhaitent commercialiser. Exemple avec l’exosquelette des membres inférieurs.

Alexandre, paraplégique à la suite d‘un accident, en pleine séance de travail avec Thomas, ingénieur du Rehab-Lab, un espace de collaboration avec les patients.

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Paul Departe, ingénieur au sein du laboratoire d‘électronique de Kerpape depuis 1983.

 

 

 

 

 

 

 

« NOTRE RÔLE EST DE CONNAÎTRE LES TECHNIQUES QUI EXISTENT ET DE LES CONFIGURER POUR PROPOSER DES SOLUTIONS PERSONNALISÉES ET INNOVANTES. »

Jean-Paul Departe, président du Comité scientifique de La Fondation de La Mutuelle Générale.

Soutenir la créativité


Là encore, Kerpape a été pionnier en testant, dès 2012, le premier exosquelette Rewalk. Il permet à des patients paraplégiques de marcher à nouveau, grâce à des cannes et une montre-télécommande (impulsion, vitesse...).

Yorki, 32 ans, arrive pour sa quatrième séance. Victime d’un accident de moto il y a neuf ans, il est « hyper-content » de pouvoir enfin expérimenter cette machine de 28 kg. « Ça fait trop plaisir », lance-t-il, tout sourire, alors qu’il vient de quitter l’unité médullaire, sanglé des pieds à la taille, pour une balade d’environ quatre-vingt-dix minutes. « On commence à avoir les bons réglages », se réjouit-il à l’adresse d’Emmanuelle Robo, kinésithérapeute et référente exosquelette. Placée derrière lui, elle le tient au niveau de la ceinture pour prévenir tout risque de déséquilibre. « L’objectif de ces séances est de s’approprier la machine, de comprendre comment elle bouge et d’être en symbiose avec elle », précise-t-elle. Consolider son image d’expert en robotique, mais aussi dans les domaines du soin médical et paramédical ainsi que de l’inclusion sociale, exige des investissements : un exosquelette dernière génération coûte plus de 100 000 euros. C’est pourquoi les administrateurs du centre de Kerpape ont lancé, en 2016, un fonds de dotation. « La culture de la créativité a toujours existé à Kerpape, souligne Olivier Bonaventur, directeur général du fonds. Il fallait juste l’accompagner. »

La responsabilité du fonds a été confiée à Pascale Stephan : « L’idée est de développer des mécénats pour soutenir les projets de nos équipes, que ce soit avec des entreprises ou avec nos partenaires mutualistes ». Au nombre desquels on compte La Mutuelle Générale, qui a signé une convention sur trois ans destinée à financer la mise en place d’un département recherche et innovation dans les centres spécialisés de soins de suite et de réadaptation, en vue d’une modélisation. « Le centre de Kerpape est porté par la Mutualité Française, il était donc normal que La Mutuelle Générale s’engage pour soutenir une telle réalisation et ce, pour l’ensemble de la population », indique Pierrette Saigre, Trésorière de La Mutuelle Générale, également en charge de l’action sociale et de la prévention.

Yorki, paraplégique, tout à son bonheur de marcher à nouveau grâce à l‘exosquelette.

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Claude Yquel, administrateur de La Mutuelle Générale et membre du collège des fondateurs du Fonds de dotation de Kerpape (à gauche), aux côtés d‘Olivier Bonaventure.

 

 

 

 

 

 

 

Dedans et dehors


Jean-Claude Yquel est administrateur de La Mutuelle Générale et de la Mutualité Française Finistère-Morbihan. Il fait partie du collège des fondateurs du fonds de dotation. Il y a dix ans, il a été hospitalisé durant trois semaines à Kerpape à la suite d’une opération au genou.
« J’ai découvert une école de vie, axée sur la solidarité et l’entraide, qui sont des valeurs chères à La Mutuelle Générale, témoigne-t-il. Quand le moment s’est présenté, j’ai tout naturellement soumis aux instances dirigeantes de La Mutuelle Générale l’idée de participer au fonds de dotation. »

À ce jour, 18 projets ont été validés. « C’est une bouffée d’oxygène précieuse », estime Pascale Stéphan. Et qui concerne tous les aspects de la vie des patients, de la réparation des corps à l’aide au retour à une vie « normale ». La sortie est un moment crucial, difficile souvent, qui se prépare dès l’hospitalisation. C’est là qu’intervient le service de réadaptation et d’insertion sociale et professionnelle, fort d’une trentaine de personnes qui accompagnent les patients jusqu’à un an après leur départ. Yannick Audréno en est le responsable : « Le travail que nous menons est transversal. Il va de l’accompagnement psychologique à l’adaptation du domicile, en passant par le contact avec les artisans ou encore la formation en vue d’une éventuelle reconversion professionnelle, sans oublier le test grandeur nature dans l’un des deux appartements-tremplins que possède le centre ».

Et grâce au fonds de dotation, des entretiens familiaux ont été mis en place pour les patients atteints de lésions cérébrales. « Souvent l’aidant a du mal à reconnaître son conjoint, détaille Yannick Audréno. Ces entretiens visent à apprendre à l’aidant à faire la différence entre ce qui relève du caractère de la personne et ce qui est la conséquence des lésions cérébrales. »

Prochaine étape ? « Une maison des familles pour rapprocher les aidants des aidés », répond Olivier Bonaventur. Kerpape, un village, disait le directeur du centre. Une communauté exemplaire, en tout cas, si l’on en juge par ses qualités d’accueil, d’écoute et d’expertise.


KERPAPE en quelques chiffres clés


600 C’EST LE NOMBRE DE PROFESSIONNELS DE SANTE QUE COMPTE LE CENTRE

18 MOIS C’EST LA DURÉE MOYENNE DE SÉJOUR DES PATIENTS

4 C’EST LE NOMBRE DE PLATEAUX TECHNIQUES SPÉCIALISÉS POUR LES ADULTES : un pour la traumatologie et l’orthopédie, un autre pour la neurologie centrale, un troisième pour les blessés médullaires et un dernier pour les grands brûlés. Il existe également un pôle pédiatrie doté d’une école qui va du primaire à la terminale.


POUR EN SAVOIR PLUS
http://www.kerpape.mutualite56.fr/fr
http://www.fonds-kerpape.bzh

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