femme senior mere fille vieillir domicile

Bien vieillir chez soi, ça se prépare !

8 min / 31 mai 2022

C’est le souhait de chacun, pouvoir vieillir chez soi dans les meilleures conditions. Mais l’avancée en âge appelle des défis, humains comme financiers, que les jeunes seniors appréhendent déjà en aidant leurs parents. Le point sur ces défis et leurs solutions avec Titouan Levard, responsable expertise & innovation de Silver Valley – pôle d’innovation européen pour la longévité –, et Emmanuelle Guthmann, fondatrice de Previo, fonds éthique qui propose une alternative au viager.

 

Que peuvent retenir les jeunes seniors de leur expérience d’aidant ?

Titouan Levard : Souvent, ils ne s’identifient pas eux-mêmes comme aidants, le processus d’aide est presque inconscient. Alors qu’en réalité, un senior sur deux est aidant en 2021* ! Cette expérience va fortement influencer leurs choix personnels plus tard : ils se sont attelés aux démarches administratives pour leurs proches, ont étudié l’offre de services médicaux et d’aide à la personne, etc., ce qui fait qu’ils ont une meilleure connaissance du coût du bien-vieillir et une plus grande capacité d’anticipation. Désormais, de plus en plus de seniors n’attendent plus le dernier moment pour adapter leur domicile.

Emmanuelle Guthmann : Passé 60 ans, la préoccupation majeure est de s’assurer de bien vieillir, et notamment de pouvoir le faire à domicile. Il y a aussi une forte volonté de transmettre une partie de son patrimoine, que ce soit à ses enfants, à ses proches ou à des associations caritatives. C’est là qu’il faut trouver l’équilibre : disposer des fonds suffisants pour assurer son bien-vieillir tout en préservant son patrimoine et ses souhaits de transmission.

femme senior projet immobilier ordinateur

Comment assurer le financement de vos travaux d’amélioration d’habitat ?

L’offre assurance emprunteur de La Mutuelle Générale vous permet d’assurer le financement de vos prêts travaux jusqu’à 75 000 €, pour des projets d’adaptation de votre logement ou d’économie d’énergie notamment.

 

Quel est le coût du bien-vieillir ?

Titouan Levard : Il y a justement une étude menée par retraite.com et Silver Alliance qui évalue « combien ça coûte aujourd’hui d’être vieux en France ? ». L’étude passe au crible 25 dépenses types : l’appareil auditif, l’aide à domicile, l’adaptation du logement… Elle établit qu’il faut prévoir en moyenne 1 043 € par mois sur 30 ans pour vieillir dignement à domicile à partir de 65 ans.

Emmanuelle Guthmann : On sait également que les trois quarts des seniors ont une retraite inférieure à 2 100 € bruts par mois. Vers 75 ans, un grand nombre d’entre eux ont déjà consommé toutes les économies qu’ils avaient à leur départ en retraite. C’est à cet âge charnière qu’apparaissent des besoins de financement, qui dépendent bien sûr du niveau de retraite et de l’état de santé des personnes.

Pour les seniors qui touchent une petite retraite, le besoin de liquidités se fait souvent ressentir pour réaliser des projets de vie, lorsqu’ils sont en bonne santé – des voyages ou l’achat d’une résidence secondaire –, ou pour financer le coût du maintien à domicile, dès lors que l’un des conjoints entre dans la dépendance. Pour ceux qui bénéficient d’une retraite plus importante, c’est la question de la transmission qui se pose vers 70 ans.

Il existe certes des dispositifs publics pour financer la dépendance, comme l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), mais ils ne couvrent pas la totalité du besoin ; dès qu’on y ajoute des coûts supplémentaires comme une présence de nuit, le reste à charge devient prohibitif. Une réponse pertinente à ce besoin de financement est la monétisation du logement, puisqu’en France, 74 % des plus de 60 ans sont propriétaires de leur habitation**.

Le saviez-vous ?

Via sa Fondation d’entreprise, La Mutuelle Générale est partenaire de Silver Valley, réseau européen qui regroupe près de 300 entreprises et start-up de la silver économie et qui soutient le déploiement de solutions innovantes en faveur des personnes âgées et de leurs aidants. Silver Valley fédère également une communauté de plus de 9 000 seniors qui donnent leur avis sur ces innovations. Objectif : identifier les solutions les plus adaptées à leurs besoins avant de les industrialiser à grande échelle.

 

Quelles sont les différentes solutions pour tirer des liquidités de sa propriété ?

Emmanuelle Guthmann : On peut distinguer trois types de solutions.

  • La première, c’est de vendre son logement et d’emménager dans une surface plus petite ou à l’étranger, ou bien de choisir un nouveau mode de logement comme une résidence senior, du coliving, etc. Mais la vente de sa propriété et le changement de lieu d’habitation sont souvent vécus comme un déchirement. La plupart des seniors souhaitent pouvoir rester vivre chez eux.
  • Le viager est une deuxième solution. À la vente, le propriétaire perçoit un bouquet de 20 à 30 % de la valeur de son bien ainsi qu’une rente à vie payée par l’acheteur, en général une personne physique. Il peut rester chez lui aussi longtemps qu’il le souhaite en percevant cette rente, mais s’il décède prématurément, il aura perçu une valeur très inférieure à la valeur du marché pour son bien. À cause de cet aléa, ce sont souvent des personnes sans enfants qui y ont recours, et cela reste très minoritaire : le viager représente moins de 1 % des transactions en France.
  • La troisième solution que l’on voit se développer aujourd’hui, dans laquelle Previo s’inscrit, c’est le démembrement de propriété. Dans ce schéma, les seniors de plus de 70 ans choisissent de vendre la nue-propriété et de conserver l’usufruit de leur actif immobilier. Ils vont récupérer en une seule fois 50 à 70 % de sa valeur, en fonction de leur âge et de l’emplacement du bien. Comme dans le viager, ils vont pouvoir rester vivre chez eux aussi longtemps qu’ils le souhaitent. L’aléa sur la valeur perçue est bien moindre que dans le cas du viager.

Justement, qu’apporte Previo par rapport à la nue-propriété classique ?

Emmanuelle Guthmann : Notre proposition est de prendre en compte les héritiers en supprimant totalement l’aléa sur la valeur perçue. En cas de libération anticipée du logement ou de décès prématuré, le vendeur ou ses ayants droit recevront un complément de prix en plus de la somme initialement versée. Nous adoptons cette démarche pour permettre aux seniors de vivre mieux en monétisant leur actif immobilier, sans léser leurs héritiers. De leur côté, les investisseurs institutionnels de notre fonds réalisent un investissement à impact, pour une rentabilité équivalente à celle de l’immobilier résidentiel français.

Nous travaillons par ailleurs avec des partenaires pour développer une offre de services aux seniors, pour les aider par exemple à réaliser des travaux d’adaptation ou de rénovation énergétique de leur logement, leur donner accès à des services à domicile, etc.

femme-senior-formation-ordinateur

Un quotidien serein avec Flex

Santé, loisirs, bien-être… Le pack Sérénité de Flex offre un panel de services pour bien vivre sa retraite : portail de stimulation cérébrale, services à la personne, soutien des aidants, etc. 

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes retraités qui souhaitent dès aujourd’hui s’assurer de bien vieillir chez eux ?

Emmanuelle Guthmann : J’aimerais d’abord porter un message rassurant en disant que bien vieillir chez soi est tout à fait possible et que cela devrait même concerner la très grande majorité d’entre nous ! En réalité, la dépendance lourde exigeant une hospitalisation ne concerne qu’une petite minorité de seniors. Cela dit, notre devise, chez Previo, c’est de « prévoir aujourd’hui en toute sérénité pour profiter demain en toute liberté » ! Nous pensons qu’il est important de commencer à se renseigner lorsqu’on est encore en bonne santé pour bien comprendre les problématiques du bien-vieillir à domicile, et de réfléchir aux différentes options de financement possibles afin d’être prêt le moment venu.

Titouan Levard : Je dirais qu’il est important d’anticiper et de s’impliquer. N’hésitez pas à profiter des ressources de votre caisse de retraite (CNAV, MSA), des points « info habitat » de votre commune ou à solliciter les aides municipales pour être accompagné dans vos démarches administratives ; prenez rendez-vous avec votre banquier ou votre assureur pour obtenir conseil sur les solutions de prévoyance ou de service à domicile, cela vous donnera une meilleure vision de l’offre résidentielle à votre disposition et vous permettra de mieux vous projeter.

 

* Source : DREES, 2022
** Source : INSEE, 2016

 

En ce moment sur Le Mag