Sarcopénie : quand la fonte musculaire devient une maladie
Perte de masse musculaire après 60 ans ? Comprendre la sarcopénie pour prévenir les chutes et protéger votre autonomie.
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Polypathologies, augmentation des maladies chroniques… Les seniors sont les premiers consommateurs de médicaments. Si la plupart de ces prescriptions sont nécessaires, certains traitements peuvent entraîner une dépendance physique, voire une réelle addiction. Quelles sont les substances concernées ? Comment prévenir les risques ? Le Pr Benjamin Rolland, psychiatre et addictologue au centre hospitalier Le Vinatier (Hospices Civils de Lyon), nous aide à y voir plus clair.
Seuls les médicaments qui agissent sur le système nerveux central – appelés psychotropes – peuvent créer une dépendance. Mais tous ne sont pas concernés : « Certains psychotropes n’entraînent aucune dépendance », précise le Pr Benjamin Rolland.
Les principales classes à risque sont :
• Les opioïdes antalgiques (tramadol, codéine, morphine).
• Les benzodiazépines, utilisées comme anxiolytiques ou somnifères.
S’y ajoutent, dans une moindre mesure, certains psychostimulants et molécules apparentées aux benzodiazépines.
Encore faut-il que le praticien respecte les recommandations de bonne pratique (RBP), qui fixent les doses maximales et les durées limites.
Pour les benzodiazépines, par exemple, la durée du traitement « est de douze semaines au maximum » pour les troubles anxieux, et de quelques jours à trois semaines pour les troubles du sommeil.
Dans les faits, ces limites sont souvent dépassées. La dernière grande étude de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) menée il y a une dizaine d’années, montrait une médiane d’usage de neuf mois pour les troubles anxieux, soit trois fois plus que la durée recommandée.
Mais les pratiques évoluent et « les jeunes médecins généralistes sont beaucoup plus attentifs à ce problème qu’auparavant », souligne le Pr Rolland.
L’organisme finit par s’adapter à une exposition répétée. Lorsqu’une substance psychoactive est prise quotidiennement, le cerveau met en place des « contre-mesures neurobiologiques » pour neutraliser ses effets et se protéger.
Ce mécanisme de tolérance a pour conséquence qu’à doses égales, le médicament agit moins, obligeant à augmenter les quantités pour retrouver l’effet initial. Cette adaptation est d’autant plus marquée que la prise est longue et fréquente, et que les doses sont importantes.
Son revers, c’est le syndrome de sevrage. Si le traitement est arrêté trop rapidement, les mécanismes de tolérance restent actifs alors que le produit disparaît de l’organisme, provoquant un déséquilibre.
D’où des « symptômes en miroir », explique le Pr Rolland :
• Agitation, insomnie ou confusion pour les sédatifs (benzodiazépines, opioïdes).
• Repli sur soi, léthargie et humeur dépressive pour les psychostimulants.
Dans ce cas, un accompagnement médical est nécessaire : il faut en parler à son médecin traitant.
Outre la nécessité de limiter le traitement à la dose minimale efficace et de le prescrire pour la durée la plus courte possible, il ne faut jamais l’arrêter brutalement sans avis médical.
« Plus la dose initiale est élevée, plus la diminution doit être lente » afin d’éviter « un atterrissage brutal » pouvant provoquer des symptômes de sevrage, une dégradation de la qualité de vie ou un risque médical.
Dans certains cas, le sevrage peut s’étaler sur plusieurs mois afin de garantir un arrêt sûr et bien toléré.
La majorité des antidépresseurs, à l’instar des ISRS (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine) – les antidépresseurs les plus prescrits –, ne provoquent pas de phénomènes de dépendance.
Il peut toutefois « y avoir quelques symptômes de sevrage, limités dans le temps », comme des vertiges, des troubles digestifs ou des sensations électriques, «qui nécessitent un arrêt progressif».
Il s’agit d’une adaptation du cerveau aux changements des taux de sérotonine et non d’une dépendance au sens strict.
Avec l’âge, le foie et les reins fonctionnent moins bien, ce qui ralentit l’élimination des médicaments. « Ils restent plus longtemps dans l’organisme et atteignent des concentrations plus élevées dans le sang », explique le Pr Rolland.
Les personnes âgées sont également « plus sensibles aux effets sédatifs des traitements et à leurs conséquences », avec notamment un risque accru de chute.
De plus, « l’isolement, l’ennui ou une santé psychologique fragile peuvent favoriser une consommation excessive. »
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