Médicaments et chaleur : prudence !
Déshydratation, baisse de tension, surdosage : certains médicaments nécessitent une vigilance particulière en cas de fortes chaleurs.
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Chevilles enflées, jambes lourdes, sensation de « gonfler » en fin de journée… La rétention d’eau est fréquente, surtout en période de chaleur. Mais derrière ce terme courant se cache une réalité médicale plus précise : l’œdème. Le point sur les idées reçues avec le Dr Caroline Fourgeaud, médecin vasculaire et membre de la Société française de médecine vasculaire (SFMV).
VRAI. « Il existe en permanence des échanges de liquides entre les petits vaisseaux sanguins et le système lymphatique. » Ce dernier agit comme un système de drainage. Lorsqu’il fonctionne moins bien ou que trop de liquide est produit, l’excédent peut rester dans les tissus et provoquer un gonflement. On parle alors d’œdème, terme médical pour la rétention d’eau.
FAUX. Ces deux phénomènes sont souvent confondus, mais n’ont pas la même origine. « La cellulite, c’est graisseux », alors que l’œdème est lié à un excès de liquide. Une astuce permet de faire la différence : le « signe du godet ». Si, lorsqu’on appuie sur la zone gonflée, l’empreinte du doigt reste visible quelques secondes, « cela indique qu’il y a de l’eau dans la jambe. »
FAUX. Le plus souvent, le gonflement des jambes et des chevilles résulte d’une insuffisance veineuse. Il est alors favorisé par la chaleur ou la station debout prolongée. Les variations hormonales, une alimentation très salée ou des médicaments peuvent également accentuer la rétention d’eau. Mais un œdème peut aussi révéler un problème de santé plus grave. « Les causes d’œdèmes sont très hétérogènes », souligne le Dr Fourgeaud. Parmi celles-ci, l’hypothyroïdie, ainsi que certaines maladies rénales, cardiaques, hépatiques ou lymphatiques.
FAUX. Si les pieds, les chevilles et les jambes sont les zones les plus souvent touchées, notamment à cause de la gravité, « l’œdème peut concerner différentes régions du corps. » Dans le cadre de certaines maladies (pathologie rénale, insuffisance cardiaque, cirrhose du foie, maladies lymphatiques), le gonflement peut s’étendre aux cuisses, à l’abdomen, au bas du dos, voire aux membres supérieurs ou au visage.
VRAI. Un œdème qui disparaît au réveil, après une nuit passée les jambes allongées ou surélevées, est « plutôt rassurant », indique la spécialiste. « Cela montre que la capacité de drainage du système lymphatique ne fonctionne pas si mal. » En revanche, certains signes doivent alerter. « Les œdèmes qui s’accompagnent d’une prise de poids rapide, qui ne disparaissent pas, s’aggravent progressivement ou s’accompagnent d’une modification de la peau qui devient plus ferme » doivent conduire à consulter rapidement.
FAUX. Il est rarement recommandé de limiter sa consommation d’eau, sauf sur avis médical dans certaines situations particulières (pathologie rénale chronique, par exemple). « Boire moins n’est pas une stratégie contre la rétention d’eau. Ce qu’il faut, c’est agir sur la cause sous-jacente. »
VRAI. Bouger aide à mieux drainer les liquides. « Le système lymphatique et le système veineux sont des systèmes à circulation lente », explique le Dr Fourgeaud. Pour fonctionner efficacement, ils ont besoin de l’action des muscles, qui agissent un peu comme une pompe naturelle. Marcher régulièrement et éviter la sédentarité favorisent ainsi la circulation du sang et de la lymphe, et facilitent la réabsorption des liquides dans les tissus.
FAUX. Qu’ils soient présentés sous forme de compléments alimentaires ou de tisanes drainantes, leur efficacité reste mal démontrée scientifiquement. « Dans les recommandations actuelles, les compléments nutritionnels ne sont pas cités dans la prise en charge » de la rétention d’eau d’origine veineuse ou lymphatique. Certaines plantes peuvent néanmoins donner une impression de soulagement sur les jambes lourdes ou les œdèmes. « Si cela apporte un mieux-être et qu’il n’y a pas de risque d’interactions médicamenteuses, il n’y a pas de raison de les interdire, précise la spécialiste, mais elles devront toujours être associées aux mesures principales : marche, compression, contrôle du poids… »
VRAI. « Dès qu’il y a de l’œdème et du liquide dans les tissus, la recommandation reste la compression élastique. » Les bas ou chaussettes de compression exercent une pression sur les membres inférieurs, ce qui favorise le retour du sang et de la lymphe vers le cœur et limite l’accumulation de liquide dans les tissus. Si ces dispositifs peuvent sembler contraignants, « il existe aujourd’hui différents modèles et systèmes d’aide à l’enfilage pour mieux s’adapter aux patients. »
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