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Longtemps considérée comme un simple effet du vieillissement, la sarcopénie est aujourd’hui reconnue comme une maladie à part entière. Pour mieux comprendre ce phénomène, nous avons soumis un certain nombre d’affirmations courantes – mais pas toujours justes – au Dr France Pietri-Rouxel, directrice de recherche au CNRS et chef d’équipe au Centre de recherches en myologie (Sorbonne Université, Inserm).
La perte de masse musculaire commence tôt dans la vie. « Nous perdons environ 1 % de masse musculaire chaque année à partir de 25-30 ans, et cette perte s’accélère vers 60 ans, à raison de 3 % par an environ », indique le Dr France Pietri-Rouxel.
Cette évolution fait partie du vieillissement normal. En revanche, la sarcopénie se distingue par :
• Une perte excessive de masse musculaire.
• Une diminution marquée de la force.
• Une altération des performances physiques.
Depuis 2016, la sarcopénie est officiellement classée comme maladie par l’Organisation mondiale de la Santé, ce qui souligne sa dimension pathologique et non simplement physiologique.
La sarcopénie augmente significativement les risques pour la santé :
• Diminution de la force et de l’endurance.
• Troubles de l’équilibre et de la coordination.
• Augmentation du risque de chutes.
Chez les plus de 65 ans, « les chutes représentent la première cause de mortalité par accident », observe le Dr Pietri-Rouxel.
La sarcopénie accroît également les durées d’hospitalisation, entraînant une nouvelle perte musculaire et donc une aggravation de la maladie, avec une augmentation du risque de dépendance.
Elle est par ailleurs associée à davantage :
• De complications postopératoires.
• D’infections.
• De retards de cicatrisation.
Enfin, elle est associée à un accroissement du risque de mortalité, y compris à court terme, chez les patients hospitalisés.
« En Europe, la sarcopénie touche environ 15 % des hommes et une proportion similaire de femmes », relève le Dr Pietri-Rouxel, ce qui en fait un véritable enjeu de santé publique.
Avec l’allongement de l’espérance de vie, le nombre de personnes concernées devrait encore augmenter dans les années à venir. On estime ainsi que 30 millions d’Européens pourraient être atteints par la maladie en 2045.
Même si la perte musculaire liée à l’âge est inévitable, il est possible de la ralentir grâce à :
Des exercices de renforcement musculaire
• Musculation douce.
• Exercices au poids du corps.
• Travail avec bandes élastiques, etc.
Un apport suffisant en protéines.
« Il est important de faire travailler ses muscles toute sa vie, mais cela ne suffit pas, insiste le Dr Pietri-Rouxel. Il faut aussi augmenter sa consommation de protéines, car avec l’âge, les mécanismes pour synthétiser et utiliser les protéines sont moins efficaces. »
Chez les personnes âgées, les apports recommandés sont :
• 1 à 1,2 g de protéines par kg et par jour,
• contre 0,8 g par kg et par jour pour les sujets plus jeunes.
À ce jour, aucun médicament ne dispose d’une autorisation de mise sur le marché pour traiter la sarcopénie.
Plusieurs molécules sont en cours d’étude. Les espoirs se concentrent actuellement sur un candidat médicament dérivé de l’épinard ayant montré des résultats prometteurs sur la mobilité des personnes atteintes de sarcopénie. Il devrait être testé cette année sur plus de 900 patients.
En attendant, la prise en charge de la maladie repose principalement sur :
• La reprise d’une activité physique adaptée.
• Une alimentation équilibrée et riche en protéines.
• Un suivi médical personnalisé.
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