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Gastro-entérite : faut-il vacciner les nourrissons contre le rotavirus ?

Gastro-entérite : faut-il vacciner les nourrissons contre le rotavirus ?

Coup de théâtre : la recommandation en France de vacciner contre le rotavirus - l'un des principaux virus responsables de diarrhée - est suspendue, un an après sa publication. Alors, faut-il choisir la vaccination pour son nourrisson afin de le protéger des gastro-entérites aigües sévères ?

Gastro-entérites du nourrisson, rebondissement dans la vaccination contre le rotavirus

Le 14 février 2014, le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) tranchait après des années de débat et publiait son avis en faveur de la vaccination contre le rotavirus chez l'ensemble des nourrissons de moins de six mois. Il fait machine arrière un peu plus d'un an après. Alors que les vaccins antirotavirus étaient en passe d'être remboursés par l'Assurance Maladie et inscrits au prochain calendrier vaccinal, le HCSP est revenu sur sa recommandation de vaccination (1). La raison ? Des effets indésirables exceptionnels, pourtant connus et prévisibles, ont entraîné le décès de deux nourrissons (depuis 2006), probablement liés à une prise en charge tardive (plus de 36 heures après le début des signes cliniques).

Dans les deux cas, la cause est une invagination intestinale aiguë. Il s'agit d'une obstruction intestinale secondaire à la pénétration d'une partie d'intestin dans le segment situé en aval. La période à risque est le mois suivant l'administration de la dose vaccinale, surtout dans les sept jours après la première dose (sur un total de deux ou trois selon le vaccin). A noter, la majorité des cas d'invagination intestinale aiguë survient sans raison précise (20 à 40 cas pour 100 000 nourrissons), sans rapport avec la vaccination.

Vaccination contre le rotavirus, que dit la pharmacovigilance ?

Depuis 2012, les vaccins Rotarix® et RotaTeq® (donnés par voie orale) pour la prévention des infections à rotavirus font l'objet dans l'Hexagone d'un suivi renforcé des effets indésirables par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Il y aura eu 47 cas d'invagination intestinale aiguë depuis mai 2006 (date de disponibilité du premier vaccin) ; 14 ont nécessité une intervention chirurgicale (dont 3 résections digestives) et 2 enfants sont décédés, dont l'un d'une invagination intestinale conséquente au vaccin prouvée.

La prise en charge défaillante pointée dans le décès des deux nourrissons ne remet pas en cause ni la sécurité ni l'intérêt de la vaccination contre le rotavirus selon le HCSP, qui préfère suspendre son avis favorable pour éviter que d'autres évènements identiques ne se produisent.

Pr Patrick Tounian, chef du service de Nutrition et Gastroentérologie Pédiatriques, Hôpital Armand-Trousseau (Paris) : « Les invaginations intestinales aigües sont pourtant un effet secondaire parfaitement connu et très rare de la vaccination antirotavirus. Le risque est de 3,5 à 6 cas pour 100 000 nourrissons vaccinés. C'est une urgence médicale dont les soignants sont prévenus et qui se traite sans difficulté et ne laisse aucune séquelle ».

Vaccination : quel intérêt dans la gastro-entérite ?

En plus d'être fréquentes, les gastro-entérites aiguës sont potentiellement graves chez tous les nourrissons. D'où l'intérêt du vaccin pour prévenir les cas de gastro-entérites aiguës potentiellement sévères. Chaque année, en France, les gastro-entérites aiguës chez les enfants de moins de 3 ans entraînent entre 8 et 17 décès, 30 000 consultations aux urgences et 14 000 hospitalisations ! Les gastroentérites restent la première cause de mortalité infantile (en dehors de la période périnatale) dans le monde. Allemagne, Grande-Bretagne, Norvège... 15 pays européens et une centaine dans le monde recommandent la vaccination contre les rotavirus. Il existe de nombreuses souches de rotavirus (responsables de moitié des gastro-entérites) et bien d'autres virus (norovirus, adénovirus, etc) eux-aussi à l'origine de gastro-entérites.

Les vaccins disponibles ont une efficacité entre 85 et 98% vis-à-vis des gastro-entérites sévères à rotavirus, et de 85 à 95,8 % vis-à-vis des hospitalisations dues aux infections à rotavirus des nourrissons. La vaccination dans les pays industrialisés réduit le taux d'hospitalisation de plus de 80 % et confère une immunité de groupe : les personnes vaccinées protègent celles qui ne le sont pas !

Malgré ce revirement des autorités sanitaires françaises et en dépit de son absence de remboursement, les pédiatres et infectiologues français continuent de conseiller le vaccin chez les nourrissons, sous surveillance attentive. Les sociétés européennes d'infectiologie et de gastro-entérologie pédiatrique (ESPID et ESPGHAN) viennent de renouveler leurs recommandations de vacciner contre les rotavirus l'ensemble des nourrissons européens (2). 

Les experts infectiologues et pédiatres réunis dans InfoVac (3) regrettent que la France fasse figure d'exception et « renonce à protéger ses nourrissons contre les rotavirus au lieu d'améliorer la prise en charge des exceptionnelles invaginations intestinales ».

Pr Tounian : « En un an, la recommandation de vacciner les nourrissons avait eu le temps de porter ses fruits, avec une réduction considérable des hospitalisations chez les moins de trois ans pour gastro-entérite sévère, dans un état de déshydratation avancé etc. L'intérêt de la vaccination antirotavirus reste important, y compris dans notre pays. Le grand enfant et les adultes conserveront probablement le bénéfice de la vaccination antirotavirus. Mais ce qui est très intéressant avec ces vaccins c'est qu'ils ont montré leur capacité à diminuer -pour des raisons encore imprécises- le nombre de gastro-entérites dues à d'autres virus que ceux de la famille des rotavirus ».

Quelle surveillance après une vaccination antirotavirus ?

Concrètement, chez les nourrissons âgés de moins de 6 mois, la vaccination contre le rotavirus se fait selon un schéma vaccinal à 2 doses (2 et 3 mois de vie) ou à 3 doses (2, 3 et 4 mois de vie) selon le vaccin. Même si le risque d'invagination intestinale aiguë est rarissime, tout symptôme inhabituel chez le nourrisson dans les quinze jours qui suivent une dose de vaccin antirotavirus doit faire consulter le médecin. Les parents doivent impérativement l'informer de la récente vaccination antirotavirus de leur enfant.

Les symptômes du nourrisson qui doivent faire consulter immédiatement sont :

  • L'enfant se met à hurler de façon inhabituelle, avec des périodes calmes (il exprime ainsi une douleur atroce avec des spasmes).
  • Un malaise.
  • Des vomissements répétés.
  • Des saignements dans les selles (rectorragies).
  • Un comportement inhabituel.

Source :

 

Hélène Joubert journaliste scientifique

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