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Syndrome de l'intestin irritable : limiter les FODMAPs, le régime de la dernière chance

Syndrome de l'intestin irritable : limiter les FODMAPs, le régime de la dernière chance

Dans le syndrome de l'intestin irritable, lorsqu'après des années de souffrance, de vie gâchée par des symptômes intestinaux tabous et trop peu souvent pris au sérieux, un régime alimentaire peut être proposé, sous contrôle médical et nutritionnel. Il s'agit de réduire au maximum les sucres qui fermentent dans l'intestin : les FODMAPs. La moitié des personnes sont soulagées. On vous dit tout.

Que sont les FODMAPs ?

Les FODMAPs sont des sucres dits fermentescibles (glucides ou hydrates de carbone) peu absorbés au niveau de l'intestin où ils vont donc fermenter sous l'action des bactéries. C'est cette fermentation qui entraîne les symptômes digestifs ressentis (avec une augmentation de production de gaz et d'acides gras volatils). L'acronyme anglais FODMAPs signifie "Fermentable Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides and Polyols". Malheureusement, ces sucres sont de plus en plus utilisés par l'industrie agro-alimentaire.

Le régime pauvre en FODMAPs est proposé en général sur prescription d'un médecin gastro-entérologue qui aura posé au préalable le diagnostic de syndrome de l'intestin irritable. La personne devra ensuite être suivie par un diététicien nutritionniste formé à ce type de régime.

Anne-Sophie Dimier, diététicienne à l'hôpital St-André, CHU de Bordeaux : « Le régime pauvre en FODMAPs consiste à réduire la quantité globale d'aliments riches en FODMAPs sans les exclure totalement, en s'appuyant sur les habitudes alimentaires de la personne et sur sa tolérance (réduction de la fréquence et/ou de la quantité). L'objectif est, tout en suivant ce régime, d'assurer une couverture des besoins nutritionnels des patients et de maintenir une alimentation équilibrée en réalisant des équivalences entre les aliments autorisés et ceux à limiter. Ce type d'alimentation peut s'avérer contraignant pour les personnes ayant pour habitude alimentaire une forte consommation d'aliments riches en FODMAPs ».

Limiter les FODMAPs, efficace chez une personne sur deux

Ballonnements, douleurs abdominales, problèmes de transit avec constipation ou diarrhée, le syndrome de l'intestin irritable est très fréquent (5% de la population) et sa prédisposition féminine reste inexpliquée. Pour autant, rares sont les soignants qui prennent le problème à bras le corps. Les patients le vivent encore comme un tabou et n'osent pas forcement s'en plaindre. La seule association française de patients a vu le jour tardivement, en 2011 (1).

Deux tiers des personnes qui en souffrent font un lien entre l'alimentation et leurs symptômes, excluant d'eux-mêmes certains aliments (2). Les preuves du rôle plutôt négatif des FODMAPs existent, en majorité issues d'études australiennes et anglaises. Globalement, le régime pauvre en FODMAPs semble pouvoir améliorer les symptômes du syndrome de l'intestin irritable chez au moins la moitié des patients, quel que soit le type de trouble du transit, avec un effet surtout sur les douleurs abdominales, les ballonnements et les flatulences.

Dr Pauline Jouët, gastro-entérologue, service d'hépato-gastro-entérologie Hôpital Ambroise Paré, Boulogne-Billancourt et INSERM U987 : « Dans l'une des études australiennes, 70% des participants ont vu leurs symptômes améliorés avec le régime pauvre en FODMAPs et le score global de symptômes, les douleurs abdominales, les ballonnements et les flatulences étaient diminués de façon plus importante avec le régime pauvre en FODMAPs par rapport à un régime standard. De plus, quel que soit leur trouble du transit, les patients étaient plus souvent satisfaits de la consistance de leurs selles (3). Cependant, d'autres études n'ont pas trouvé de bénéfice supplémentaire au régime pauvre en FODMAPs par rapport à des conseils diététiques standards. Des études doivent encore être menées en France où les habitudes gastronomiques ne sont pas les mêmes, avec possiblement des contenus en FODMAPs différents.

Aujourd'hui, ce régime n'est pas le premier traitement du syndrome de l'intestin irritable à proposer, le traitement de première intention reposant sur des recommandations hygiéno-diététiques, des médicaments antispasmodiques (pour traiter les spasmes digestifs) et les régulateurs du transit. Mais il peut être testé pour les personnes dont les symptômes sont sévères et qui sont en échec des traitements classiques ».

Le régime pauvre en FODMAPs en pratique

Le régime pauvre en FODMAPs est tout d'abord appliqué de façon stricte pour une période de quatre à six semaines puis, en cas d'amélioration des symptômes, progressivement, les hydrates de carbone sont réintroduits un à un.

Voici, selon les différents groupes d'aliments, les principaux repères élaborés par le service d'Hépato-Gastroentérologie et oncologie digestive l'hôpital St-André (Bordeaux) sous le contrôle du Pr Frank Zerbib.

-Produits céréaliers :

Les types de sucres à éviter sont les Oligosaccharides (fructo et galacto-oligosaccharides) : « O » de l'acronyme FODMAPs.

Aliments à limiter : le blé et ses dérivés (pains, biscottes, pâtes, semoule, boulgour, biscuits sucrés et salés, farines, viennoiseries), l'orge, le seigle ainsi que tous les pains avec du sucre ajouté (fructose ou sorbitol) sont à limiter. « Contrairement au régime sans gluten prescrit dans le cadre de la maladie coeliaque, précise Anne-Sophie Dimier, l'élément incriminé n'est pas la protéine du blé (gluten) mais le sucre du blé. Deux régimes très distincts pour deux maladies différentes ». Attention, il peut être contre-productif d'utiliser des produits sans gluten car ils peuvent contenir d'autres FODMAPs (lactose du lait, polyols des édulcorants etc.). Il est important de vérifier les étiquettes.

On peut les remplacer par le sarrasin, l'épeautre, le riz, la polenta, le millet, le tapioca, le quinoa, l'avoine (sous forme de pain, biscottes, farine, semoule), les pommes de terre et la patate douce.

-Légumes verts

Comme pour les produits céréaliers, les types de sucres à éviter sont les Oligosaccharides (fructo et galacto-oligosaccharides) : « O » de l'acronyme FODMAPs

Aliments à limiter : oignon, échalote, ail, champignon, chou-fleur, chou de Bruxelles, brocoli, topinambour, artichaut, poireau, fenouil, asperge, betterave, avocat, poivron vert, aubergine et les légumes secs (pois chiche, haricot rouge, haricot blanc, fève, lentille, petit-pois, pois mange-tout).

Il est important de les remplacer par d'autres légumes tels que les carottes, le céleri, les endives, les coeurs de palmier, les haricots verts, la laitue, le panais, la courge, la courgette, la tomate, l'igname, le navet, le poivron rouge et jaune, la blette, les épinards, le potiron, les radis, le concombre, la salade verte, le gingembre.

- Lait et produits laitiers

Le type de sucre mis en cause est le lactose qui est un Disaccharide (le « D » de l'acronyme FODMAPs).

Aliments à limiter : le lait, ses dérivés (en poudre, concentré, sauce béchamel, flan ...) et les laitages (fromage blanc, petit-suisse, yaourt, faisselle, crème dessert).

On peut les remplacer par du lait et des yaourts sans ou pauvre en lactose (disponibles au supermarché). Les fromages affinés à pâte cuite et pâte molle sont à privilégier car très pauvres en lactose (gouda, emmental, gruyère, comté, camembert, brie, bleu d'Auvergne, roquefort).

-Fruits

Les types de sucres à éviter sont les Monosaccharides (fructose) et les Polyols (le « M » et le « P » de l'acronyme FODMAPs)

« Deux notions entrent en ligne de compte, détaille Anne-Sophie Dimier : la quantité totale de FODMAPs dans le fruit mais aussi le rapport entre la teneur en fructose et celle en glucose. Une molécule de glucose ayant besoin d'une molécule de fructose pour être absorbée par l'intestin, si un fruit est plus riche en fructose qu'en glucose, la partie excédentaire de fructose correspond à la part non absorbée et fermentée ».

Aliments à limiter : pomme, poire, abricot, cerise, nectarine, pêche, prune, mûre, pastèque, litchi, mangue, datte, figue, goyave, kaki, pruneau et tout produit en contenant (frais ou sec / jus, compotes, glaces ...) et les fruits oléagineux (pistaches et noix de cajou).

Il est important de les remplacer par les fruits suivants : fraise, banane, kiwi, pamplemousse, citron, ananas, cassis, coing, framboise, groseille, orange, mandarine, raisin, fruit de la passion, papaye, rhubarbe, melon.

-Préparations industrielles et produits contenant des Polyols

Les types de sucre à éviter sont les polyols correspondant au « P » dans l'acronyme FODMAPS (=sorbitol, mannitol, maltitol et xylitol).

Aliments à limiter : les plats cuisinés contenant du fructose, les sauces du commerce (type barbecue, tomate concentrée, aigre douce), le miel, le sirop de glucose-fructose, le sirop d'érable et maïs, les vins cuits (Porto, Martini ...), la chicorée et tous les édulcorants de synthèse (boisson light, bonbon, chewing-gum s/sucre). Les aliments diététiques édulcorés sont à éviter car très riches en polyols. « Il est important de regarder les étiquettes et de favoriser les produits frais ou surgelés non préparés », conseille Anne-Sophie Dimier.

Les herbes aromatiques (basilic, coriandre, citronnelle, marjolaine, menthe, origan, persil, romarin, thym) peuvent-être utilisées sans modération.

Exemple de journée-type en limitant les FODMAPs

Voici un modèle alimentaire de structure de repas sur une journée (exemple à adapter en fonction de ses propres habitudes alimentaires). Les aliments riches en FODMAPs à diminuer en quantité et /ou en fréquence ou à remplacer par les aliments pauvres en FODMAPs figurent en gras.

  • Au petit-déjeuner : une boisson (thé ou tisane ou café), un produit laitier, un produit céréalier, un peu de matière grasse (beurre ou margarine) et un fruit.
  • Au déjeuner et au dîner : des crudités + huile de votre choix + vinaigre ou charcuterie (saucisson, pâté, rillettes...), une portion de viande ou poisson ou oeufs + matière grasse d'ajout (huile/beurre/margarine), une portion de légumes verts et/ou féculents, 30 g de fromage ou un laitage, un fruit, du pain.


Consommer systématiquement des féculents ou du pain à chaque repas ou les deux.
Source :

 

Hélène Joubert, journaliste scientifique

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