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Addictions : peut-on être addict à tout ?

Addictions : peut-on être addict à tout ?

Quand on pense "addiction", on pense à l'alcool, aux drogues mais aussi de plus en plus souvent au sucre, aux jeux d'argent et vidéo, au sexe, au sport, au travail ou au bronzage... Pensez-vous être addict ? En cas de doute, visitez en ligne le nouveau "village des addictions". Il compile les principaux tests validés et vous met sur la voie.

 

Amoureux ou toxicomanes... tous addicts

L'addiction est un plaisir qui a mal tourné : le bien-être ou le soulagement d'un malaise du début se transforme en obsession et s'accompagne d'une perte de contrôle, peu importe les conséquences. Pour poser le terme d'addiction, il faut qu'il y ait des conséquences néfastes, une perte de contrôle, une souffrance et l'impossibilité de stopper l'addiction alors même que la personne le souhaite.

Toutes les addictions font appel aux mêmes mécanismes cérébraux. Il s'agit de ceux impliqués dans la gestion du plaisir et des émotions (les voies dopaminergiques du circuit de la motivation dans la zone du cerveau préfrontale et limbique): alcool, cocaïne etc. opèrent un véritable hold-up des voies de la motivation et nous poussent à assouvir notre plaisir avant tout le reste.

Mais sommes-nous tous des addicts en puissance ?

Pr Michel Reynaud, Département de psychiatrie et d'addictologie de l'hôpital Paul Brousse (Villejuif) : « Nous ne sommes pas égaux vis-à-vis du risque d'addiction. Il existe d'un côté des personnalités à risque, que l'on retrouve dans à peu près toutes les addictions. Ce sont les chercheurs de sensations fortes, ceux qui ont besoin de prendre des risques et qui vont essayer toutes sortes de substances. De l'autre côté, il y a des personnes qui vivent une souffrance personnelle, un malaise, des difficultés dans les relations avec autrui, avec une mauvaise image d'eux-mêmes qui se trouve améliorée par des produits. Ceux-ci les apaisent, leurs permettent de se sentir à l'aise et de répondre aux sollicitations sexuelles et sociales ». 

Addiction au travail ou aux drogues, quelles différences ?

Dans les années 2000 sont apparues les addictions alors qu'auparavant on parlait juste d'alcoolisme et de toxicomanie. Or, de nombreux comportements addictifs ont des mécanismes et des moyens d'intervention communs. C'est pourquoi, dans les années 2010, les addictions "sans produits" (comportementales) ont été mieux connues. Très récemment, en plus des addictions aux drogues, au tabac et à l'alcool, la classification internationale des troubles mentaux (DSM V) a intégré officiellement les addictions aux jeux de hasard et d'argent. Mais bien d'autres conduites addictives potentielles existent. Passion amoureuse, pornographie, achats compulsifs, plaisir sexuel... sont aussi des addictions potentielles.

Pr Reynaud : « Il y a addiction "basique" et "conduite addictive" au mécanisme plus complexe. Par exemple, l'addiction au sexe peut se comprendre comme un mécanisme addictif basique (le plaisir devient un besoin) alors que la passion amoureuse fait appel à un contexte, au partenaire, à l'histoire de chacun etc. Malgré tout, le mécanisme profond de l'addiction est similaire. Plus le mécanisme de l'addiction est complexe, plus il faut, pour perdre le contrôle et devenir dépendant, des traits de personnalité particuliers. C'est notamment le cas de ceux qui sont addicts aux jeux vidéo ou à Internet : ce sont souvent des personnes qui ont des difficultés sociales ou relationnelles, pour lesquelles il est plus facile de passer son temps sur des écrans plutôt que dans la vraie vie ».

Bronzage ou cannabis, la liste de nos addictions

  • Les addictions aux produits licites ou non (alcool, tabac, drogues dures) obéissent à des mécanismes addictifs basiques.
  • Addictions alimentaires : les nourritures grasses et sucrées, parfois décrites comme potentiellement addictives, nous font rarement perdre le contrôle, en dehors de comportements d'hyperphagie (prise importante et compulsive de nourriture). Les produits qui sont nécessaires à la survie ont été inscrits dans notre cerveau comme très nécessaires et hautement récompensant. C'est le cas du sucre et des graisses. Or, pour certaines personnes le sucre et les graisses peuvent se convertir en substances addictives. La boulimie est de type addictif : calmer une souffrance en ingérant des quantités déraisonnables de nourriture devient petit à petit un mode d'apaisement et de gestion du stress. Chez les personnes anorexiques, au contraire c'est le jeûne qui procure du plaisir. Les troubles du comportement alimentaire sont très intriqués avec une souffrance psychique, que l'on retrouve chez les personnes addictives.
  • La passion amoureuse se transforme en un comportement addictif complexe lorsqu'elle devient la préoccupation permanente. Notre intelligence, notre motivation, notre sensibilité sont tournées vers l'objet d'amour et le plaisir sexuel qu'il nous apporte. Ce phénomène s'autorégule en quelques mois car on ne peut fonctionner "en surrégime" très longtemps.
  • L'addiction au sexe et à la pornographie existe lorsque la décharge sexuelle devient un moteur permanent et lorsque l'on continue malgré toutes les conséquences (maladies sexuellement transmissibles, séparation d'avec le conjoint, perte de contrôle). L'addiction au sexe est temporaire au début de la passion amoureuse.
  • L'addiction aux jeux de hasard et d'argent découle d'une simple pratique sociale ou récréative au départ. Les jeux de hasard et d'argent font appel à un mécanisme de récompense simple.
  • Les addictions aux jeux vidéo, à internet, aux écrans font intervenir des déterminants individuels beaucoup plus complexes que dans une addiction basique.
  • L'addiction au travail fait appel à une vulnérabilité individuelle. Pour certaines personnes, il est plus valorisant, plus excitant, plus gratifiant de passer ses journées, ses week-ends à travailler plutôt que de se consacrer à une vie familiale ou sociale.
  • Les achats compulsifs, comme dans le cas des addictions au travail ou aux jeux, sont au début un plaisir et une récompense que l'on s'accorde mais cela s'accompagne d'une souffrance psychologique. On bascule dans la conduite addictive dès lors que l'on répète et l'on achète des produits dont on n'a pas envie, des achats que l'on ne parvient pas à contrôler et que l'on regrette.
  • Le sport/exercice physique peut se rapprocher d'un comportement addictif dans le sens où il peut devenir une préoccupation au-delà des conséquences sociales, familiales et de santé. Il maintient la personne dans une sensation de manque et s'associe souvent à la prise de produits dopants qui aggravent l'addiction.
  • La recherche excessive du bronzage peut conduire à une conduite addictive complexe : être bronzé fait du bien (augmente les taux d'hormones endorphines) et ce besoin s'auto-entretient ("toujours plus et 365 jours par an"). Mais il est difficile de faire la part de ce qui est culturel (modes) et, comme souvent dans les comportements addictifs, le contexte socio-économique joue beaucoup.
  • La politique, la religion, peuvent potentiellement se rapprocher d'un comportement addictif lorsqu'elles prennent le pas sur tout le reste, la vie sociale, familiale, les ressources économiques de la personne et du foyer etc.


« A quoi êtes-vous accro ? » Testez-vous !

Le portail internet www.addictaide.fr, conçu par l'ensemble des associations impliquées dans le domaine des addictions et coordonné par le Pr Reynaud, rassemble pour la première fois au sein du "Village des addictions" les ressources médicales et associatives, destinées aux patients, aux familles, aux chercheurs, aux pouvoirs publics, aux entreprises. On y trouve quantité d'informations et les bonnes orientations de soins et d'accompagnement mais aussi de quoi tester une éventuelle dépendance.

Que ce soit vis-à-vis des drogues, du tabac, de l'alcool, aux jeux d'argent ou du travail... tous les tests proposés sur Addictaide.fr sont validés au niveau international. Alors que certains sont focalisés sur le produit (par exemple le test AUDIT Alcohol Use Disorders Identification Test pour évaluer une dépendance à l'alcool) ou le comportement (notamment le test Wart work addiction risk test pour l'addiction au travail), d'autres évaluent l'intensité de l'addiction.

Dès lors que l'on ressent une souffrance pour soi-même ou celle d'un proche ou que l'on se pose la question, réaliser le test est une première étape.

 

Source :

Hélène Joubert, journaliste scientifique

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