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Janvier, le mois sans alcool

14 février 2020

Que ce soit pour promouvoir l’activité physique ou la réduction du tabagisme, la dynamique collective s’avère payante. La consommation d’alcool, responsable de 41 000 décès annuels dans l’Hexagone (chiffres 2015), a aussi son challenge : le « Dry January » ou le Défi de janvier, le nouveau nom du Mois sans alcool. Que l’on adhère ou non à l’initiative, c’est l’occasion de questionner sa consommation d’alcool.


Du « Mois sans alcool » à « Janvier sec »


Le « Dry January » (« Janvier sec »), expression en provenance du Royaume-Uni, est un mouvement collectif pour arrêter ou limiter sa consommation d’alcool au sortir des fêtes de fin d’année. Son émanation française, le « Mois sans alcool », baptisé ainsi par Santé Publique France, a finalement pris le nom de Défi de janvier après avoir perdu cet automne le soutien des pouvoirs publics sur décision de l’Elysée, dans un pays où la culture du vin et le lobby alcoolier sont bien présents. Quel que soit son nom, Janvier sec a l’ambition de faire aussi bien qu’au Royaume-Uni et aux Etats-Unis où respectivement 8 % et 23 % de la population adulte ont donné l’exemple en s’abstenant de boire de l’alcool (1).

Comme avec le Mois sans tabac, les bénéfices sanitaires ont été évalués, mais les données restent parcellaires. Une étude anglaise a néanmoins constaté que la consommation d’alcool a diminué chez les participants, et ceci est confirmé jusqu’à six mois après l’événement (2), sans effet « rebond ».

Il serait intéressant d’évaluer l’efficacité préventive de ce type de mesures sur les risques d’intoxications aiguës à l’alcool qui concernent sur les jeunes et désormais les très jeunes adolescents, et sur les risques d’addiction.

Ne pas confondre consommation « excessive » et « addiction »


Contrairement à la consommation excessive ou le mésusage sévère d’alcool dans le jargon des spécialistes, qui constitue la véritable cible de « Janvier sec », l’alcoolodépendance relève pour sa part de la prise en charge médicale. Pour rappel, les recommandations françaises en vigueur (2017), au slogan « Maximum deux verres par jour, et pas tous les jours » popularisé en 2019, incitent à de ne pas dépasser dix verres standard par semaine (moins de 100 g d’alcool pur), pour les hommes comme pour les femmes, avec des jours sans consommation. En 2017, près d’un quart des 18-75 ans buvait au-delà de ces repères, en majorité des hommes.

En ce qui concerne la dépendance à l’alcool, 1,5 à 2 millions de personnes sont alcoolo-dépendantes en France et les femmes comptent pour un quart environ. Or, repérer la dépendance à l’alcool n’est parfois pas si évident car, par exemple, la dépendance n’est pas liée à un rythme de consommation. L’addiction à l’alcool commence lorsque la personne est incapable de s’abstenir d’en consommer.

La dépendance à l’alcool est d’ordre neuropsychologique et comportemental


La dépendance n’est pas liée à la toxicité de l’éthanol sur l’organisme mais « elle est d’ordre neurocomportemental, assure le Dr Camile Barrault (Equipe de Liaison et de Soins en Addictologie. Service d'hépato-gastroentérologie, CHI de Créteil). Plusieurs facteurs accroissent le risque de dépendance : lorsque l’organisme est exposé tôt dans la vie, en cas d’exposition régulière et importante du fait de la modification de l’équilibre des transmetteurs chimiques du cerveau (dopamine) au niveau du « système de récompense/renforcement », mais également s’il y a facilité à « tenir l’alcool », ce qui encourage à boire plus. »

Comment repérer une addiction à l’alcool ?


Les indices sont là, à la condition de savoir les repérer, chez soi ou chez un proche : être dans l’attente du moment du premier verre, sentir l’irritabilité monter si l’on n’a pas bu, ne pas pouvoir s’arrêter au nombre de verres prévu, faire passer l’alcool devant les choses importantes de sa vie, forcer progressivement sur la dose d’alcool pour atteindre un même état de bien-être et, signe le plus connu, ressentir un mal-être à cause du manque d’alcool.
Un test en 10 questions développé par l’Organisation mondiale de la santé permet de déterminer son risque d’addiction à l’alcool : AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test) (https://www.addictaide.fr/parcours/audit/).

Une prise en charge médico-psycho-sociale de l’alcoolisation chronique


L’on peut s’ouvrir de son addiction à l’alcool à son médecin généraliste. Sinon, les consultations d’addictologie sont accessibles dès l’âge de 25 ans (http://www.alcool-info-service.fr/Adresses-utiles). Les conséquences de l’alcoolisation chronique étant à la fois médicales, psychologiques et sociales, la prise en charge sera pluridisciplinaire, avec notamment un médecin addictologue, un psychologue, un travailleur social…

L’hospitalisation peut être une solution avec soit des sevrages courts (5 à 10 jours) ou prolongés en Soins de suite et de réadaptation en addictologie, selon la situation de la personne. Pour les personnes bien insérées et qui ne peuvent interrompre leurs activités très longtemps, les addictologues peuvent prescrire une aide médicamenteuse, toujours et impérativement associée à une prise en charge psychologique.

Hélène Joubert. Merci au Dr Camile Barrault (Equipe de Liaison et de Soins en Addictologie. Service d'hépato-gastroentérologie, CHI de Créteil)


(1) https://alcoholchange.org.uk/blog/2018/news-release-4-2-million-people-in-the-uk-to-go-alcohol-free-for-dry-january-2019-for-healthier-drinking-year-round
(2) De Visser, R. O., Robinson, E., & Bond, R. (2016). Voluntary temporary abstinence from alcohol during “Dry January” and subsequent alcohol use. Health Psychology, 35(3), 281–289. https://doi.org/10.1037/hea0000297


Pour en savoir plus : L’argument de l’effet cardioprotecteur du vin, du whisky… ne tient plus depuis cette publication internationale dans The Lancet le 23 août 2018 : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31310-2/fulltext


Alcool info-service : http://www.alcool-info-service.fr

La fédération Alcool Assistance : https://www.alcoolassistance.net/

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies : https://www.ofdt.fr/

BEH de Santé publique France (février 2019, N° 10-11) : http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2019/10-11/index.html

Société Française d’Alcoologie : https://www.sfalcoologie.asso.fr/

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