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Les voies de recherche se multiplient

Parce qu’elle est encore incurable, la maladie d’Alzheimer inquiète. Des programmes de recherche existent pourtant et autorisent des espoirs. Encore faut-il que les malades rejoignent les protocoles. C’est pourquoi un dépistage précoce est indispensable. Le point avec le Pr Bruno Vellas, responsable du Gérontopôle au CHU de Toulouse.

Fréquente, inquiétante et mystérieuse. La maladie d’Alzheimer touche entre 800 000 et 900 000 personnes en France, et 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Cette pathologie neurodégénérative, qui rime dans l’esprit de chacun avec démence irréversible, suscite les craintes chez 85 % des Français. Redoutée, la maladie reste pourtant mal connue du grand public, tant en ce qui concerne ses causes que les avancées thérapeutiques.

17 % des plus de 75 ans

« Si l’on sait tous qu’au stade avancé, la maladie d’Alzheimer se caractérise par une perte totale d’autonomie physique et cognitive et s’accompagne de gros troubles du comportement, on ignore souvent qu’elle commence à se développer très tôt, parfois plusieurs décennies avant l’apparition des premiers signes », indique le Pr Bruno Vellas, responsable du Gérontopôle au CHU de Toulouse – Inserm UMR 1027.
Dans le cerveau des personnes malades se forment des plaques entre les neurones, qui font suite à une accumulation anormale d’une protéine appelée bêta-amyloïde. Dans le même temps, une autre protéine, la protéine Tau, s’accumule à l’intérieur des neurones pour former un amoncellement de filaments. « En se conjuguant, les deux actions entraînent une dégénérescence neuronale. Autrement dit, une partie du cerveau finit par être détruite », reprend le Pr Vellas. Il s’agit, pour l’essentiel, de la partie située dans l’hippocampe, une région cérébrale indispensable au bon fonctionnement de la mémoire. Les plaques amyloïdes sont présentes dans le cerveau d’environ 5 % des personnes entre 50 et 60 ans, 10 % des 60-70 ans et 30 % des personnes de plus de 70 ans. Toutes ne développeront pas la maladie, mais le risque que cela se produise est majoré.
On l’aura compris, l’âge constitue le premier facteur de risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer. Il n’est toutefois pas le seul : ainsi, la génétique intervient dans certaines formes dites héréditaires de la maladie. Les risques sont également accrus en présence de problèmes d’hypertension artérielle, d’hypercholestérolémie (excès de cholestérol sanguin), d’obésité ou de diabète, d’une alimentation déséquilibrée qui fait la part belle aux graisses saturées, ou d’un manque d’activité physique ou sportive. Bonne nouvelle, relève le Pr Vellas, « l’incidence, c’est-à-dire le nombre de malades pour 100 sujets, a tendance à reculer en France et en Europe, du fait de l’amélioration de la prise en charge des pathologies cardiovasculaires, de la qualité de l’alimentation et du niveau d’éducation des nouvelles générations ». On estime aujourd’hui à environ 17 % la part des plus de 75 ans touchés par Alzheimer.

Des traitements encore peu efficaces

Depuis une dizaine d’années, la qualité du diagnostic a grandement profité de l’apparition des biomarqueurs qui permettent, à l’imagerie, de voir les plaques amyloïdes. En association avec des tests neuropsychologiques, une exploration cérébrale réalisée grâce à une IRM, voire une analyse du liquide céphalo-rachidien, le diagnostic peut être posé de plus en plus précocement et précisément. Une rapidité d’autant plus importante qu’elle permet de démarrer au plus tôt la prise en charge. Car même si la maladie d’Alzheimer reste incurable, on peut agir pour limiter ses conséquences.
Des médicaments (inhibiteurs de l’acétylcholinestérase et antiglutamates) sont parfois proposés. « Ces traitements sont symptomatiques, précise le Pr Vellas. Ils n’empêchent pas l’évolution de la maladie, mais améliorent un peu la mémoire. S’ils sont efficaces chez certains sujets, ils ne profitent malheureusement pas à la plupart des personnes malades. » En parallèle, il convient donc d’envisager une prise en charge non médicamenteuse. Elle consiste en des soutiens psychologiques, des thérapies visant à stimuler la cognition et la motricité, etc. « Les données scientifiques sont bonnes, elles plaident pour ce type de prise en charge, assure le Pr Vellas. Mais ces formes de thérapies restent difficiles à mettre en pratique en raison de leur coût et de l’absence de remboursement. »

Des protocoles de recherche prometteurs

Autre élément en faveur d’un diagnostic précoce, la possibilité d’entrer dans un protocole de recherche. « On entend trop fréquemment qu’on ne peut rien faire contre la maladie d’Alzheimer. Or il existe de nombreux programmes de recherche. Aujourd’hui, 250 patients par an rejoignent un protocole, souligne le Pr Vellas. Avec 2 500 patients enrôlés, la recherche avancerait dix fois plus rapidement. » Les travaux portent notamment sur le recours à des médicaments (les anticorps monoclonaux) destinées à détruire les plaques amyloïdes. « Les premiers résultats sont encourageants sans être positifs pour autant, sans doute car les doses administrées n’étaient pas assez fortes. Grâce aux biomarqueurs, on peut ajuster le tir. Nous aurons les résultats d’études importantes sur ce terrain d’ici deux à trois ans. »
D’autres programmes d’études s’attachent à agir sur la protéine Tau, via des molécules neuroprotectrices (qui protègent le cerveau), des facteurs de croissance qui pourraient stimuler la production de neurones, ou des cellules souches. « Il est probable que nous parvenions, dans un temps relativement proche, à diagnostiquer encore plus tôt la maladie, à en ralentir notablement l’évolution et à en retarder de plus en plus les symptômes. On peut donc avoir des espoirs. C’est d’ailleurs essentiel : sans espoir, personne ne se ferait dépister ni n’entrerait dans un protocole de recherche », assure le Pr Vellas.

Parole d’expert

Pr Bruno Vellas
« Le cerveau est comme un muscle : plus on le sollicite, mieux il fonctionne. De fait, le niveau d’éducation et l’entretien d’une vie sociale protègent contre la maladie d’Alzheimer, en participant à la constitution d’une réserve cognitive. Celle-ci n’empêche pas le développement de la dégénérescence, mais elle en ralentit l’évolution et retarde l’apparition des symptômes. Autrement dit, elle prolonge la durée de vie en bonne santé. »

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